‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 88 sur 515 · DE LA DIVISION DES SYMPTOMES, ET SVITE DE CE DISCOVRS · texte numérisé non relu

DE LA DIVISION DES SYMPTOMES, ET SVITE DE CE DISCOVRS

Il n'y a point de maladies qui ne soient suiuies et accompagnées de quelques symptômes, tout ainsi que le corps est suiui de son ombre. Mais entre toutes les maladies, il n'y en a point qui en ayent de plus frequens, de plusviolens et de moins supportables que les fiéurcs, d'autant qu'eslant maladies vniuerselles et communes à tout le corps, elles peuuent en tous endroits d'iceluy produire de mauuais accidens. C'est pourquoy ce n'a pas eslé sans raison que nous auons diuisé le traité des fiéures en deux parties, la seconde desquelles nous auons destinée à l'explication de leurs symptômes. Car encore bien qu'iceux n'ayent aucune propre indication, et qu'ils se dissipent et s'esuanoiiissent à mesure que les fiéuies cessent et finissent, ce qui semble nous persuader qu'il ne leur faut autres remèdes que ceux qui sont ordonnés aux fié-

1 Toute celte deuxième partie est neuve, c'est-à-dire qu'il n'eu avait rien paru daus les œuvres pul)liées par l'auteur lui-même. Nous n'aurons donc qu'à suivre scrupuleusement le texte de l'édition posthume de 1028.

ures:si est-ce toutesfois qu'ils sont quelquesfois si violens , si fascheux et insupportables aux febricitans, qu'ils obligent les malades à demander quelque soulagement, et forcent le médecin de leur trouuer et appliquer des remèdes. Outre qu'il est Ires-constant et asseuré que les symptômes quelquesfois sont causes de nouueiles maladies, bien qu'ils ne soient que les effets d'icelles : mais ils sont effets des premières maladies, et sont causes de quelques maladies secondes qu'ils excitent: par exemple , le délire n'est qu'vn effet de l'intempérie cbaude et seiche de tout le corps:

mais si ce délire perseuere, il apporte la phrenesie , et est cause d'une inflammation qui se fait au cerueau , qui est vne nouuelle maladie. D'autant doncques que les febricitans se plaignent pluslost des symptômes que de la maladie, et aussi à fin d'empescher leurs mauuais effets, i'ay trouué à propos de donner quelques remèdes pour leur soulagement, que toutesfois ie modereray tellement, qu'ayant esgard aux symptômes, ie ne laisseray pas tousiours de buter premièrement et principalement à la cure et guerison des fiéures dont ils sont accidens et effest.

Or à fin de garder quelque ordre en ce discours, nous prendrons celuy des

PîlS FlliVRES.

symptômes, , que les mçdecins appoitent en la pathologie, qui és^ qu'ils diiiisent les symptômes en trois chefs, scauoir :

' i. En ceu^ qui appartiennent à l'action lésée: ■

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