ET PREMIEREMENT DE LA. DOVLEVU
Enlie tous les symptômes des fléuies, il n'y a point de si' fréquent et de plus importun que la douleur :
c'est pourqiioy nous la mettons icy au premier rang. Or ladouleur qu apporte la fleure est principalement, ou à la teste, ou à Testomach , ou au ventre , ou aux lombes , ou aux cuisses et aux iambes.
Pour la douleur de teste, peu de febricilaus en sont exempts, et s'attache particulièrement aux temples, au front , et au deuant de la teste: celle qui vient au sommet et derrière de la teste ou à l'entour des oreilles venant plutost d'autre cause que non pas de la fiéure. Au reste, la fleure donne la douleur de teste , par le moyen des fumées et vapeurs qui sortans du foyer delà fleure contenu dans la première ou deuxième 'région du corps , sont portées au cerueau par les veines et artères et autres conduits.
Quand ceste douleur est légère, elle ne rrierite pas que l'on fasse autres re medes que ceux que l'on donne pour la fiéure : mais si elle est importune et violente , après les clysteres et les saignées, on pourra faire quelques remèdes topiques, frottant les tempes et le front d'oxyrhodinum préparé auec huile rosat, et la 7. ou 8. partie de vinaigre: ou bien on prendra quatre onces d'eau rose, vne once de fueilles de saule ou de fl(!urs de vlolles et de nénuphar, six drachmes de vinaigre rosat, le blanc d'vn œuf, qu'on agitera et meslera ensemble, pour faire vn frontal à mettre sur lesdites parties.
Que si ces choses ne suffisent à appaiser la douleur, on peut raser la teste et la frotter souuent dndit oxyrhodinum, ou mettre dessus vn linge trempé en eau de rose, de plantain, de betoine , de morelle, et autres de pareilles vertus. Quelques vns aiment mieux se seruir de cest onguenl, préparé auec deux onces d'huile violât et de nénuphar, vne once et demie d'huile tirée de la semence de courge, vne once de suc de laictue et de morelle, auec vn peu de cire pour luy donner corps. Que si le malade ne peut endurer les choses liquides ny mouillées , on luy fera ce frontal sec , prenant :
If.. Fleurs de nenuptiar et violles, de chacune deux draclimes :
Vne dractime et demie de fleurs de cha-
momille et de melilot :
Vne draclime et demie de graine d'ozellle,
de pourpié et de laictues :
Deux scrupules de graine de pauot blanc
et de ps\llium :
Fleurs de roses deProuins 3. drachmes.
Qu'on mesle le tout en poudre pour enfermer en vn sachet de tafetas de iuste grandeur bien piqué , à mettre sur le front et sur les temples, après qu'on l'aura arrousé du costé qu'il doit toucher la chair d'eaux de pourpié , de laictues , d'ozeille , de violles, de nénuphar , de morelles et autres semblables, le liant fermement , à fin d'empescher d'autant plus les fumées démonter au cerueau.
D'autres prennent :
Fueilles seichées de marjolaine , de sauge, de mcl isse, et de betoine, de chacune 2. ou 3. drachmes.
Du calamus aromatique, souchet et galanga menu, de chacun vne drachme.
Noix muscade, macis, schœnanthe, graine d'alkermes, et roses rouges, de chacune demie drachme.
DES FIEVRES
Ils réduisent le tout en poudre, dont ils font vn frontal: quisert à digérer et résoudre les fumées qui ne viennent pas d'humeurs si boïiillantes et eschauffées.
La douleur est quelquesfois si opiiiiaslre qu'il faut venir aux veiitouses scarifiées et sans scarification, qu'on applique sur les espaules , et qu'on réitère plusieurs fois: ou bien aux vesicaloires , qui par l'attraction qu'ils font, donnent air aux fumées enfermées dans le cerueau , et en tirent en outre bonne quantité de sérosités. Si cela n'y fait rien, les iuleps somnifères sont excellens , veu que par le sommeil qu'ils apportent ils rafraîchissent puissamment le cerueau , et hebetent la chaleur et furie des vapeurs les plus boitillantes : de ces iuleps icy nous en parlerons cy après, au chapitre des veilles immodérées.
le viens à la douleur d'estomach , que les Grecs appellent Cardialgiam ^ qui est excitée de quelque humeur acre et piquante , laquelle blesse et offense l'orifice supperieur de l'eslomach, que les Médecins appellent xo(pd\av. Cette douleur est grandement sensible , et apporte quelquesfois auec elle la nausée , le sanglot , le vomissement, à cause que la partie affligée est grandement nerueuse: c'est pourquoy les febricitans se plaignent sonnent au médecin de ceste douleur. Il faut à cest accident icy les choses qui peuuent hebeterTacrimonie de l'humeur, et qui peuuent la rafraîchir, tels que sont les syrops violât, de limons , de grenades, de berberis, de agresta , qu'on prendra seuls ou délayés en eau ou décoction d'endiuc , de scariole , d'ozeille , de cichorée sauuage, de pourpié, de lairtue : ou bien dans l'eau de décoction d'orge , des quatre semences froides , grandes ou
petites, de fleurs de vioUes, de bu ' glosse , de bourrache , de nénuphar.
On peut aussi ordonner les conserues de nénuphar, de vielles, de roses, de buglosse : comme pareillement quelques poudres qui puissent boue les sérosités bilieuses qui sont dans le ventricule, sans toutesfois eschauffer, comme sont la poudre des coraux, de perles préparées, de racleure de corne de cerf et d'juoire, de coriandre, de spodium , et autres de pareilles vertus, desquelles on pourra mesme préparer des tablettes quec sucre dissout en eau de buglosse et de laictue , ou des opiates stomacbales. Nous en dirons d'auantage aux chapitres du vomissement et de la syncope.
Souueut il suruient aux febricitans des douleurs de coliques, qui sont excitées ou par humeurs acres et eschaufTées, ou bien de quelques vents et fiatuosités qui errent et vaguent par les intestins. A ces premiers, il faut toutes choses réfrigérantes , comme clysteres, iuleps, apozemes , epithemes , linimens. On prépare les clysteres auec le lait clair , fueilles de vignes, de laictue, de pourpié, de fleurs de nénuphar, de concombre coupé par tranches, de semence, froides : on délaye dedans le miel violât, l'huile violât, casse mondée:
quelquesfois quand les douleurs sont violentes , syrop de pauot , pilules de cynoglosse, theriaque récente, camphre, et autres. Les iuleps et apozemes sont faits d'herbes , de fleurs et de semences rafraîchissantes: on délaye dedans les syrops de limons , de vielles , de nénuphar , de pauot appelle diacodion. On donne aussi par fois le petit laict en grande quantité cuit et clarifié , ou bien quelques eniulsions rafraîchissantes. Les epithemes doiuent continuellement estre appliqués
si^^' iQyentrçî, faits d'ea^îf morelles, (l'oze,u(e , de liuglosse , de plantain , de rosés , i;ncslécs aiiec vinaigre rosal et quelques poydres astringentes, pour conser.uer les foi'ces du Ibye et delà ralte. Les ^iipjix^çns se fon^ çl'liuiles de nenuphay, rosat, violât., omphacin, cerat santalin , onguent ros.^t de Mesué , avtçc vn peu de "Vinaigrai rosat. Que si cela ne protide , pn donne le demy-bain malin et soir, qv,i os|. vn excellent refqede contre ces cp^q^^s ^'^.um^uys bilieuses,.
Que si ces ç|pule\irs so^t excitées p^r des. ventosités , on fera des clysiejiç^ defcirsifs. çit resqlulifs prépayés ayi^c luaiilues , aigy^nioine , çprî , prge, betoine, flpiirs ^le chamomille et (1^ n^eijlot , semeiyce de lin , de fcenugrec , de fenoyiit, d'anis, de (i.gues grasses : 4€!layayi[ dedans Oiiel niercurial pii d'anthos, electuaire lenitif , diaplioenic , sucve rouge , auec huiles de ciiarnomille, de noix, dp rue el au- Ire,?. 0[n applique aussi sur le ventre fpinentaljpiis faites de décoction des qiiatre emp^ipn tes. de l^etoine, de marjolaine, ^9 caiament, de fleurs de chamomille et melilot , de semence d'aneth et de fenouil , qu'on fait cuire dans moitié eau et moitié vin blanc.
On fait aussi des sachets de millet , d'aupme fricassée, de son, de paritoire aussi fricassée aueç beurre frais. Les huiles çle r uë , (le iasmin , de champ mille, de lin , de noix muscade seruent à faire les linimens. On fï^it aussi des poqdres à prendre par la bouche aueç coriandre, fenoiiil , perles j»re-
parées , canelle , poudres de l'electyjaire de gemmis et dicirhodon abbaiîs, que le malade prend à certaines heiirês du iour.
' Les douleurs, des loi^bes et de ]a région rienale prouiennent de la, grande chalpur qui est contenue dans
LE VINGTIEME LIVRE
la gyande artère, et la veine çau^ descendante, à cause dii sang qu.i bout dedans: à ces donleurs on ordonne l'oxyrhodinum pour frotter les lombes, l'oxycrat appliqué aueç des linges, les linimens de suc dp laiçlue et de blanc ^'œuf , de populeum , et do ceyat de Galien, auec les. sucs de. morelle, (Le ioubf^rbe, et peu de camphre. On fait fomentations auec eaux de laictue, plantaiq, morelle, roses , ppurpié, vinaigre rosat , cl camphre! On met sous le rnalade vne pièce ou de mayroquin,ou de camelot, pu de bougran, estoffes qui ne retiennent qiie bien pel^ la çhaleur. Autres font mettre sur les lombes,, ou fueilles de. vigne , ou Irapçhes de. me^ns et de, cpncpmbi es. Qn donne des ivileps ou eniulsions rafraichissanles, et des orges mondés. Yn grand yemede, ce sont les clystpres eniolliens et rafraichissans et doucement purgatifs, à fin d'oster d'alentour des reins, vne quantité d'ordures qui croupissent ordinairenient dans le ventre, et qui estant vne fois eschauffées apportent ces importunes douleurs de reins.
La (Ipuleur de cuisses et de ïambes est souiient bien importune aux febriçitans , qni se sentent auoir le^ ps cpmme brisés : à peinp peyiuent-i\^ se rernuer , et mesme endurer que Iq çpuuerture du lit les louché : aptres; fois ils ont des iaçta^ions el agitaiipps fascheuses , pour ne pouubiy Irouper aucune bonne place. Or ces douleur^ viennent quelquesfois de rardeur dp la fiéurc , qui enflamm.e les espyi^s e| les humeurs qui sont esparses parçoy les pallies cutanées et musculeuses ':
autresfois elles arriuenl par l'effusjpn d'vnehumeur serçuse, apreet l)ilie|ise,, qiii se ieû'e pu dans les espaces vuides des muscles , ou sur le périoste, qui est ifmembrape qui enudop^ç j^f
os. Pour les agitations, lactations et alysme , elles pi-ouicnnent ou t\es esprits enflammés gui se iellept et selon qu'ils sonî poussés et chassés par l'ardeur de la fiéure, ou bien d'vflc quantité d'humeurs bilieuses , clu\u{les et acres , qui pour estre dans les veipes ou à l'en tour (les entrailles toutes bouiliqutes et furieuses, cherchent Yn plus grand lieu que ccluy où elles sont enfernciées et trop serrées , d'où y^e^it qu'elles pressent le diapl^^-agmfi, le coeur et Ips poulmous , ce qi^i (ait que le malade estouCTe et ne peqt trpuuer (le place î\ spn aise.
\ ce§ ^acmipnç , ne troque point rapilleurs remèdes que ce^:^ qui sont ordpp^^és à la fiéure , les saignées ft eqiientes, les clysteres réitérés, les fomentations, les iuleps: et quand le mal le permet , les pm-gatiqns , vomitifs et autres.
Aux douleurs de ineuibres, principalement des cuisses et des ïambes, on fait des frictions douces , çles Uniraens auec hui|e d'aman^le^ douçes , de nénuphar , rosat , violât, y ailioiistant tant soit peu de celle de lis et de chamomille, pour résoudre et ouurir.
On fait des décoctions parlie réfrigérantes, partie resoIutiUes, pour fomenter auec bons linges les parties dolentes. On fait des lauemens de pieds et de iambes auec eau tiède simplement, ou auec decoctio"ns de chamomille, de melilot et nénuphar, de fueilles de vignes, de laictue, et autres semblables. On descharge aussi les iambes par l'application d'vne quantité de sangsues ; bref on fait sachets, linimens, bains, ongueus, fomentations, lesquels n'ont pas quclquesfois tant de force qu'aura quelque iulép somnifère , qui par le sommeil qu'il apportera, appaiscra tout d'vu coup telles dQu^eu^s.