CHAPITRE III
DES VEILLES IMMODEREÎîS.
S'il y a chose qui après la çloi^l^ur abbatte les forces d'vn febricitant , ce sont les longues veilles et immode:
rées , qui quëlquesfois viennent (|e la violence des douleurs ^ quëlquesfois d'vne grande seiçheresse du cerueau, qui est causée par des huçneurs o^i vapeurs chaudes' et seicheç.
Les veilles (juè la (îoule^i^ gppprtç sont ostéés par les mesmes remèdes qui assoupissent la douleur : celles, qui viennent de seiicheressp du cerueau dbiùent estre empesehées par remèdes contraires, c'est |i dire par.
ceux qui rafraîchissent et h^ndectent.
On fera donc des frontaux auec huile rosat , eau i"ose, vinaigre rosat , et yn blanc d'oeuf meslés ensemble : Qu bien auec conserue de betoine , de nenuphar , de violes , de ro^es , et 1 onguent populeum. Il faudra rafraichii' la chambre du inalade auec herbes rafraich'issanles et l'arroser d^éau froide : il faudra faire tomber de l'eaiu de haut en vu bassin, à fin que le petit bruit et murmure qu'éile fera induise le malade à dormir. Que les iuleps et apozemes soient rafraichissans et humectans , et pour ce on les prepçirerà auec décoction de laictue, Rourpié , ozeille,buglosse, bourrache, semences froides grandeset peti'tes, fleurs de villes et de nénuphar, délayant dedc^nsïes syrops de nympHea , de pauot , pourpié , de courge': dans trois ou quatre onces de décoction on pourra mettre vue once, dix drachmes, ou vue once et demie (i'e diacodion, pour chaque dose qu'on donnera sur les dix heures du sqjr.
tE VINGTI^MÈ LiVRB
Lors qu'on donnera des iuleps hypnotiques , on ne mettra pas des topiques à l'entour de la teste : il se faut contenter des vns ou des autres, de peur de trop assoupir le malade.
Les topiques plus doux sont huile vioial, de nénuphar, de courge, les sucs de laictue, decichorée, d'ombilic de Venus , de morelle. L'huile de pauot, le suc deiusquiame ou de mandragore, l'opium, sont plus dangereux.
On prépare des boiiillons somnifères auec force laiclues qu'on fait bouillir dedans, et quatre, cinq, six, huit testes de pauot blanc , plus ou moins selon les forces du malade et la continuité des veilles : et tels boiiillons sont excellenset de grand profit. Galien confesse que l'usage des laictues luy ostoit les douleurs de teste et luy apportoit le sommeil.
Quelques vns préparent vne esponge hypnotique , comme remède tres-aisé et souuerain : ils font boiiillir des fueilles de laictues, de pourpié, de morelle, de lentille aquatique, d'ombilic de Venus, de chacune deux poignées: fueilles de saule et de vigne, de iusquiame, de mandragore, et de pauot blanc , vne poignée de chacune. Ils prennent vne liure de ladite décoction, etyadioustent dix onces de suc de laictue , et vne drachme d'opium. Cela fait, ils font tremper et macérer deux ou trois fois vne espouge qu'ils font .seicher à l'ombre. Quantils s'en veulent seruir, ils la trempent dans ladite décoction, et la font sentir toute tiède au febricitant, ou bien luy appliquent aux temples et sur le douant de la teste.
Ils font aussi grand estât d'vne emplastre hypnotique, qu'ils font auec :
Vne once et demie de racine de mandragore ;
Vne demie once de graine de psyllium el de coriandre préparée :
Deux drachmes de testes de pauot blanc : Demie drachme d'opium :
Et meslen t et amollissent le tout auec huile de nénuphar, et de pauot, et en font vne emplastre. Mais pour dire la vérité, ie ne trouue pas beaucoup de seuretéà ces remèdes extérieurs, et ne les voudrois ordonner qu'à ceux qui abhorrent les iuleps, lesquels ie préfère aux autres remèdes pour contrarier non seulement aux veilles , mais aussi à la fleure qui excite les veilles. Mais d'autant qu'il n'est pas à propos de donner tousiours des hypnotiques , il faut recourir souuent aux bains des pieds et des iambes, qu'on peut faire ou auec l'eau tiède seulement , ou auec la décoction de fueilles de saule , laictue , nénuphar, maulues, violes, testes de pauot blanc, pourpié, morelle, chair et semence de courge, dans laquelle quelquesfois on peut adiouster vn peu de
vinaigre blanc.