‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 95 sur 515 · DE LA PARALYSIE · texte numérisé non relu

DE LA PARALYSIE

Cest accident icy est rare , mais qui arriue loutesfois comme i'ay ouy dire en quelques prouinces de la France et de l'Allemagne , où il est pssez familier. Il ne suruient pas aux fiéures violentes et aiguës , mais aux longues et chroniques : et si il ne yient pas directement de la fiéure , mais de la colique qui suruient ausdites fiéures longues. Car yne quantité de bile eschauffée et ardente s'amassanl dans les veines du mésentère, et à l'entour de la vessi^e du flel, si elle n'est euacuée par le benetiçe de la nature ou des medicamens , et qu'elle ne puisse estre consommée par la longueur de la fiéure, elle croupit dans les petites veines, où peu à peu s'eschauffant et se bruslant, elle tasche à trouuer quelque issue , ce que ne pouùant faire par les veines du mésentère, à cause des grandes obstructions qui y sont , elle se iette de furie sur les membranes de l'abdomen, qui sont parties grandement sensibles, là où elle excite des douleurs intolérables qui respondeiil au bas ventre , et qui apporleiit par intcruailcs tanlosl des vomissemcns bilieux , tanlost des Uescharges de venlrc poiracées et

er ugineuses. En fin par trait de temps, après plusieurs remèdes alteralifs et purgatifs ces douleurs s'àppaisent:

mais il arriue qu'vne portion de l'humeur est portée par la continuité dés membranes iùsques à l'espine du dos, laqxielle doucement et peu à peu se coule et .s'insinue iùsques à là moelle par les petits trous des vertèbres, où elle bouche les nerfs et les estoupe, empeschant que les esprits animaux n'y puissent auoir accès, d'où il s'eusuit vne ^jaralysie, imparfaite toùtesfois, d'autant qu'il n'y a qùe le seul mouuementqui est empesché, le sentiment demeurant en son entier.

A cest accident icy, il ne faût des remèdes qui soient grandement eschauffans : il faut doucement et benigiiement pùrger le corps, et auec clysteres et aoecpur'galiis. On peut faire des linimens le long de l'espine du dos , auec huiles qui raréfient et dissipent sans beaucoup de chaleur, de peur de faire fondre quelque humeur crasse et pituileuse , ou l'a'ttirer èn ces parlies là des lieux plus eslongnés, qui feroit une vràye etparfàile paralysie. En se cootentànt de ces petits remèdes là, on trouue que quelque temps après là natùre trouue moyen de se deffaire de ses mauuaises humeurs, et redonne le mouuement au malade.

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