‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 96 sur 515 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

DE l'ÈSBLOVISS'EMÉNT DES YÈVÀ.

n y à trois symptômes de la veuë , rosbloiiissenient , que les Grecs appellent àijfMmu; , l'aueuglenient 6\i cécité qu'ils nomment TÛ<()Uaiv : et la tromperie de la veuë, quand elle prend

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vn obiet pour vn autre , qu'ils appellent Tcapôp«<ifv : la première diminue la veuë,la seconde l'ostelout à lait, et la troisième la depraue et rend autre qu'elle ne deuroit. Or rcsblouissementest assez Camilierdurantet après les fleures. Il en suruient quelquefois vn critique durant la fléure, qu'ils appellent axoToiît'via, et est auant-coureur d'vn vomissement ou d'vne hemorrbagie critique. Apres les fiéures, la veuë demeure quelquesfois trouble, particulièrement lors que le febricitant a esté atteint au cerucau ou de resuerie, ou de veilles importunes, ou de grande douleur de teste : souuent aussi cela arriue à cause des grandes euacuations de sang ou d'autres matières.

Quoy que ce soit , le plus souuerain remède en cecy est le bon régime de viure et les bonnes viandes que l'on donne aux febricitans : car c'est le moyen de faire bons esprits, de les augmenter, et de fortifier mesme les yeux ainsi que les autres parties. Le bon vin repare les esprits , et les resueille et clarifie quand ils sont assoupis, paresseux ou obscurcis: il faut donc attendre que le temps , aidé de ces bonnes viandes , fortifie le cerneau et restablisse les esprits animaux. Il ne sera pas cependant hors de propos de faire quelques collyres pour les yeux , aucc décoction ou les eaux disiillées de fenoiiil , de rue, de chelidoine, d'ouphraise, de ver ueine , d'asperges, de beloine, de raues, de pimprenelle, d'ache, de marjolaine , de pariloire , de rosmarin, de canelle , de bois d'aloës , de santaux , y adioustanl vn peu de miel , d'aloës , de tutie, desaffran, et choses semblables.

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