DE LA DIFFICVLTÉ DE RESPIRER
Ce n'est pas de la dispnœe ou difficulté de respirer que nous parlerons , qui est excitée ou par vne humeur crasse et visqueuse qui occupe la trachée artère et le poulmon , ou qui vient de l'inflammation des parties qui seruent à la respiration : mais de celle qui arriue ordinairement de quelque matière qui pétille à l'entour du foye et de la ratte, e^ qui par ce moyen presse le diaphragme et les poulmons : ou bien de celle qui vient de la chaleur du cœur, que les poulmons ne peuuent suffisamment esuenter ny rafraîchir, tant il y a de fumées enfermées et reserrées à l'entour de luy.
En ceste première , il faut recourir aux clysteres emoUiens , refrigerans , et vnpeu laxatifs, afin de rafraîchir les humeurs qui boiiillent , et en vuider tousiours quelque partie , l'attirant vers les parties basses : il se faut aussi seruir d'epithemcs et linimens refrigeralifs sur les deux Lypochoudres. On se seruira pareillement de iuleps et apozemes refrigerans et humectans, afin par toutes sortes de moyens d'osier la ferueur de ces humeurs, et brider leur furie.
A la dispnœe qui vient de la cha-
leur du cœur des parties thorachiques, il faut mettre des epithemes sur le cœur auec eaux de morelle, de roses, d'endiue , de charbon benist , de scabieuse, d'ozeille, deplantin, et pareilles autres. On fera des lînimens sur toute la poitrine auec huile de nénuphar, violât, de pauot : ou de peur que ces huiles ne s'enflamment si on les mettoit toutes seules, on pourra les mesler auec les sucs dépurés de pourpié, de laie tue, d'ombilic de Venus , et vn peu de camphre. Il est besoin que le malade respire vn air froid : pourquoy s'il n'est tel , on le préparera auec aspersion d'eau froide, ou de roses , d'herbes et fleurs réfrigérantes et de bonne odeur : nourrissant cependant le malade de viandes légères, et luy donnant à boire frais.
Au reste , c'est tousiours vn tresmauuais accident des Heures , quand la respiration est empeschée et que le febricitant se sent estouffer, surtout quand ce symptôme vient de l'imbécillité des forces ; car c'est signe que la vertu animale ne peutmouuoir et esleuer les muscles du thorax, à cause de la pénurie et paucilé de la chaleur naturelle et des esprits: aussi nesuruient-il qu'à ceux qui sont proches de la mort. ^