CHAPITRE XL
DE LA TOVX.
Il y a vne sorte de toux qui arriue vn peu deuant les accès des fiéures intermittentes, qui prouient des vapeurs de la matière morbifiquc qui commence à s'esmouuoir, mais qui se passe à mesure que par l'ardeur de l'accès lesdites vapeurs sont consom-
mées : c'est poiirquoy il ne faut point s'arrester à cesle toux là , mais seulement à celle qui dure après les accès , et qui trauaille ceux qui ont dés fleures continues. Or ceste toux icy est fort fasclieuse et incommode, pource qu'elle apporte la douleur de teste telle qu'il semble qu'on la fende, qu'elle empesche le sommeil, qu'elle trauaille le poulmon et apporte oppression et difficulté de respirer, et
d'auantage qu'elle fait redoubler la fiéure, aiguisant la chaleur des poulmons par l'ellort continuel qu'elle apporte.
La cause de ceste toux icy, ou c'est l'intempérie chaude et seiche des organes qui seruent à la respiration, ou quelque refroidissement qu'a ressenti le malade, soit à la teste, soit à la poitrine, qu'il decouure quelquesfois mal à propos. C'est pourquoy ceste toux icy est aride et fascheuse , sur tout quand elle est fréquente : car si elle ne vient que par interualle , et qu'elle ne soit pas si aigre , elle peut seruir à quelque chose , comme dit Hippocrates à l'aphorisme 5i. du quatrième liure : c'est à sçauoir, à la soif des malades qu'elle adoucit : car comme dit Galien, par l'effort et le niouuement qu'elle apporte, elle attire l'humidité des parties voisines, qui sert à arrouser et la bouche et les parties qui sont à l'entour de la trachée artère.
Mais si la toux est aigre, il faut y pouruoir par quelques remèdes, c'est à sçauoir par ceux qui humectent et rafraîchissent, soit qu'on les tienne à la bouche , soit qu'on les aualle doucement et lentement , soit qu'on les prenne en forme de breuuage. On se peut donc seruir dessyrops violât, de pauot, nénuphar, de pommes simples, de reglisse, de iuiubes, ou pris à part,
LE VINGTIEME LIVRE
ou meslés ensemble, ou délayés dans quelque décoction de violes, de laictue , de pourpié , semences froides grandes et petites , reglisse , orge et autres. On fait aussi des tablettes de sucre rosat, de Iragacanthe, de racines de guyraauues. On donne des conserues de roses, de violettes, de nénuphar, de pas d'asne, de pauot rouge , et semblables. Il y a quantité d'autres remèdes à la toux, mais c'est à celle qui est excitée de la pituite du cerueau qui distille dans la poitrine : de laquelle nous ne faisons point icy mention.