DE L:V CVRE GENERALE DE GANGRENE
En la curation de Gangrené, faut prendre les indications d'icelle. Car il faut diuersifier la cure selon l'essence ou grandeur du mal : parce qu'aucunes gangrenés et mortifications occupent toute vne partie, les autres seulement une portion : les vnes sont profondes , les autres superficielles. Les causes aussi diuerses font diuersifier la cure. A toutes causes ne conuient appliquer un mesme remède. Semblablement faut auoir esgard au tempérament du corps et de la partie. Car aucuns (comme auons par cy douant dit) sont de température molle et délicate, comme femmes , ieunes enfans, gens oisifs et vluans délicatement, chastrés et autres : lesquels demandent remèdes plus doux et moins violents, que ceux quisontd'habitude ou substance dure et robuste, comme laboureurs,
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mariniers, bateliers, chasseurs, portefaix , et autres gens de Irauail.
Non seulement faut auoir ceste considération du corps, mais aussi des parties blessées. Car il y a différence des parties musculeuses et charneuses, comme bras ou iambe : ou parties nerueuses , dures et solides , comme spondyles, iointures, et autres : aussi des parties chaudes et humides , comme sont les parties honteuses, la bouche, la matrice, l'anus, esquelles plus promptement aduient corruption et pourriture , par cause interne et fluxion d'humeurs , qu'aux autres parties de nostre corps. Parquoy selon l'essence, température et disposition naturelle de ces parties et du corps , faut administrer remèdes , et procéder à la cure.
Et entre les autres remèdes faut ordonner bon régime et manière de viure, sur les six choses non naturelles, pour obuier et contrarier ( tant qu'il nous sera possible) à la maladie , et à sa cause, si elle est encores présente. Si l'habitude du corps est pléthorique ou cacochyme, faut saigner ou purger, selon le conseil du Médecin. Et pour autant que les vapeurs qui s'esleuent de la partie gangrenée , sont communiquées par les artères au cœur, et conseculiuementaux aiitres parties nobles : faut roborer le cœur, à fin qu'il ne soit infecté de ces vapeurs malignes , en donnant à boire theriaque dissoute en eau de petite ozeille, ou chardon bénit : mithridat à manger, et conserue de roses ou buglose, opiates, et autres choses cordiales , qui ont esté déclarées cy dessus.
■ On pourra aussi appliquer cet epithemc par dehors , sur la région du cœur, pour tousiours roborer.
X Aq. ros. nenuph. ana 5 . iiij.
Accli scyllUici 5 . j.
Corail, et santal, albo. et rubr. ros. rubr. pulucr. et spodij ana 5 . j.
Milhridatij, Iheriac. ana 3. ij. ù.
Trocliis. de camph. 3. ij.
Flor. cordial, pulu. p. ij.
Croci ô. j.
Uissoluanttir omnia simul, fiât epithema , qiiod supcrponatiir cordi cum panno coccineo aut spongia.
Voyla briefuement le sommaire des choses viiiuerselles : il nous faut venir maintenant à la curation propre et particulière desdiles Gangrenés.