‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 107 sur 482 · CHAPITRE XXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXn

DES MPYEXS POVR AURESTF-U LE FLVX DE ■■ SKm QVAND LE MEMBRE EST COVl'È K

Lors que l'amputation du membre est faite , il est nécessaire que quelque quantité de sang s'escoule, à fin qu'à la partie deschargée y suruiennent moins d'accidens, et selon la plénitude et force du malade 2. Le sang escoulé en quantité suffisante (prenant tousiours indication des forces du malade) il .faut promptement lier les grosses veines et artères si ferme qu'elles ne fluent plus. Ce qui se fera

1 Nous voici arrivé à l'une des découvertes qui ont fait le plus d'honneur à A. Paré, l'application de la ligature aux vaisseaux ouverts dans les amputations. Il est facile d'en flxer la date , au moins d'une manière approximative, entre l'édition de 1552, dans laquelle il n'est encore fait mention que des cautères, et celle de 1564, où les cinq chapitres qui suivent se lisent presque avec la même rédaction qu'aujourd'hui. Le chapitre 22= a subi quelques modilications dans les éditions postérieures ; nous les indiquerons d'abord, et après la description complète des procédés nouveaux, nous reproduirons le texte et les tigures de l'édition de 1552.

^ Dans les éditions de 15G4 et de 1575 on lisait en cet endroit :

«Cequ'Hippocrates nous enseigne, disant qu'il est besoin aux vlceres récents délaisser fluer quelque quantité de sang, hors mis au ventre, à cause que la partie sera moins molestée d'inllammation, et par conséquent l'vlcere s'en guérira plustost. 11 dit semblablement qu'il est bon faire saigner souuent les vieux vlceres, à fin que par ce moyen la partie qui ne peut assimiler le sang qui luy est enuoyé pour sa nourriture, à raison de sa débilité, soit deschargée et rendue plus forte, ylu liu. des vlceres. »

Tout ce passage a été retranché à partir de l'édition de 1570.

E LIVRE

en prenant lesdits vaisseaux auec tels instrumens, nommés Becs de Corbin '.

Bec de corbiti propre à tirer les vaisseaux pour les lier.

Cestuy est le plus propre, parce que l'on s'en peut seruir par ses deux extrémités, selon que le vaisseau sera grand et délié. A, monstre vn petit

1 II est étonnant de voir à quels instruments A. Paré avait recours pour pratiquer ses ligatures ; d'abord un hec-de-corbiii sans ressort, et dont nos pinces à pansement donnent une idée assez exacte; plus tard, et seuement en 1585, un bec-de-corbin armé d'un ressort qui tenait ses branches écartées, mais toujours avec une charnière qui compliquait l'instrument ; et enfin les aiguilles. Paré possédait cependant la pince à dissection que les modernes ont justement préférée et qu'on voit figurée page 16 de ce volume; et plus d'un siècle auparavant, Butapaglia avait recommandé pour le même usage un crochet que figure très bien le lenaculum actuel. Quant aux aiguilles, Vigo et Marianus Sanctus les avaient aussi mises en usage.Voycz mon Introduction, et la note de la page 44 1 du T. I.

DES CONTVSIONS, COMBVSTrONS ÎLT GANGRrvNIÎS.

ressort , qui le tient aucunement ouuert,iusques à ce que l'on le comprime 1.

De ces instrumens faut pinser lesdits vaisseaux ( qui n'est mal-aisé à faire, parce qu'on voit le sang faillir par iceux ^ ) les tirant et amen an l hors de la chair, dans laquelle se sont retirés et cachés soudain après l'extirpation du membre, ainsi que font toutes autres parties coupées , tousiours vers leur origine. Ce faisant, il ne te faut estre trop curieux de ne pinser seulement que lesdits vaisseaux : pource qu'il n'y a danger de prendre avec eux quelque portion de la chair des muscles , ou autres par-

' Cet instrument ne date que de l'édition de t585.

^ Cette parenthèse a également été ajoutée en 1685.

lies : car de ce ne peut aduenir aucun accident : ains auec ce l'vnion des vaisseaux se fera mieux et pl us seu rement, que s'il n'y auoit seulement que le corps desdits vaisseaux compris en la ligature. Ainsi tirés, on les doit bien lier auec bon fil qui soit en double.

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