‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 122 sur 482 · CHAPITRE Vni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vni

QE l'vlcere COMPLIQVÉE AVEC SVPER- CROISSANCE DE CHAIR.

En l'vlcere, tant pour la négligence du Chirurgien , que pour la l'aute du malade, suruient vue chair superflue plus (lu'il n'est de besoin, estant quelqucsfois enuironnée de bords ou léures dures et calleuses. Si telle chair est mollasse et baueuse , se pourra

niîS VLCEUIÎS , FISTVIJ:

osier par reincdes desiccatifs, commo sont galUt, thuris cortex, alors, luthia, antimonium, pomphohjx, chalcitis, phwibitm vstum, bruslés et laucs s'il en est besoin, (lesquels seront faits poudres et niedicainens, auec vn peu d'iiuile et cire.

Et où tels remèdes ne seront sufflsans, la cbair estant dnre et ferme, faudra d'iceux passer aux caustiques, ou bien la couper. Car comme dit Galien liure 3. VV/ef/iorfe.chap. G., d'ester la cbair surcroissante n'est œuure de nature , comme l'vnion et génération d'icelle : mais c'est l'œuure du médicament fort deseichant, ou la main du Chirurgien. Entre autres remèdes, ie louë fort la poudre de mercure, auec portion d'alun calciné, ou le vitriol seul calciné.

Et quant aux léures de l'vlcere dures et calleuses, seront amollies par remèdes emolliens , comme sont pinguedines viluli^ anseris, gallinœ, anatis, olea liliorum, amygdalarum dulcium , lumbricorum , catcllorum , œsipus, mucagines altheœ, Uni , fœnugrœci, gtimmi ammoniaci , gallani , hdellij :

desquels simples seront faits emplastres, onguent et Uniment, ou bien on vsera de l'emplastre diachyhim , de mucaginibus, ou de Vigocimmercurio.

Apres auoir vsé quelque temps de ces remèdes , sera appliquée vue lamine de plomb , frottée de vif-argent , laquelle a grande vertu d'applanir l'vlcere, et abbaisser les bords d'icelle Et où tels remèdes ne seroient suffisans , faudroit appliquer remèdes caustiques.

* L'addition du mercure à la surface de la lame de plomb n'est d'aucune ulililé. Quant Q l'application de ces lames sur les ulcères pour en hâter la cicatrisation, elle remonte à Guy de Ciiauliac, comme je l'ai dit dans mon Introduction.

lis ET HJîMORIUTOlDES. 253

Que si la callosité estoît si dure, que les re.medes ne peusseiit Caire leur opération , faudroit premièrement les scarifier, ou bien les couper du tout, à fin de donner prise au médicament, et ce iusques au vif, comme ditGalien,liure4. de laMethode, cbap.

2, ayant esgard au précepte d'flippocrates, liure des Vlceres : que si l'vlcere est ronde , lui faudra donner autre figure, à sçauoir oblongue ou triangulaire.

Page 1