CHAPITRE XL
DES VLCERES VIIIVLENTES, CORBODAN- ÏES, CACOEÏHES ET CUIRONIENS , OV PUAGEDENIQVES.
Les vlceres virulentes et corrodantes ne son t différentes les vues des autres, sinon de plus ou moins. Car l'vlcere virulente est celle de laquelle sort vn excrément , dit vulgairement virus :
lequel lors qu'il est rendu plus malin et corrodant , mine et ronge les parties subiacentes et voisines de l'vlcere, dont elle est dite pour lors corrosiue. Elles viennent d'vn humeur melancohc , erugineux et malin , et suit les chancres de bien près. Telles vlceres sont nommées de Galien, liure quatrième De la composition des medicamens , discpulotiques , c'est-à-dire , de difficile cicati'isation. « l'appelle » telles vlceres cacoelhes (dit-il) quand » la partie souffrante est tant cachec- " tique et intemperée qu'elle altère et » corrompt le sang qui afflue pour la » nourrir, ores que de soi fust bon et » aisé à digérer : disepulotiques, quand )' le sang est si mauuais et si caco- » chyme, qu'il ronge la partie qui de » soy estoit tempérée » : puis il dit vlcere chironien , c'est à dire,.vlcere qui est bien fort cacoëthe.
Pour la guerison, considéré qu'entre icelles il y a grande latitude et différence , entant que les vues sont plus d ysepuloliques et plus cacoëthes, les autres moins, il estnecessaire qu'il y ait autant de nombre de medicamens qui les guériront, que de différences d'vlceres. Parquoy n'est de merueille , si ceux sont souuent deceus de leur intention, lesquels n'ont qu'vn médicament pour cicatriser
DliS VLCERKS , FISTVLliS ET HEMORRIIOIDES. 20']
tousvlceres cacoëlhes. Galien, liure Albucasis commande brusler lel-
i. De la composition des medicamcns , les vlceres qui rongent et cheminent,
chap. 4. recommande ce médicament à fin de les arresler. d'Asclepiades.
'2f. .Bris sqiiamas , serug. ras. ana § . j. Cera; ib . fi .
ResiiiiB caricis ' 5 . j. 0.
Ea qua; liquari possunt, aridis affundanlur.
Telle emplastre sera appliquée seulement sur i'vlcere et à l'enuiron pour eng-arder l'inflammation , ou autre médicament froid.
Pareillement Galien au liure sus allégué, loué fort ce remède : Epulotique (dit-il) de Primion aux désespérés , c'est à dire , aux vlceres , que maints Médecins se sont efforcés de guérir, mais ils n'en sont venus au bout, et les ont délaissées comme incurables. Il conuient auoir fiance en ce médicament , tant pour autres choses, quepource qu'il est approuué par expérience'^: la composition duquel est telle :
"if. Sorcos § . iij.
Aluminis scissilis, calcis viuae ana § . ij.
Tliuris, gallarurn ana 5 . iiij.
Cerœ lib. j. et g . iiij.
Sessi vitulini lib. j. et g.vij.
Olei veteris quantum sulTicit.
Fiat eraplastrum.
' Carex, tierbe appellée gladiolus ou glaieu. — A. P.
^ Le chapitre se termine ici dans la première édition poslliume , à la date de 169K, et dans les suivantes; chose d'autant plus remarquable que dans celle de 1579, où ce chapitre a paru pour la première fois, A. Paré avait donné la formule qui suit et qui est essentielle a l'intelligence du texte , et qu'en 1585 il avait ajouté en outre la citalion d'Albucasis, Je ne puis me rendre compte de cette suppression dans les éditions posthumes, elj'ai cru devoir donner le texte le plus complet, qui est pour cet endroit celui de la quatrième édition.