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CHAPITRE XVIII

DES VLCERES DE LA TUACHÉiE ÂItTEEE , OESOPIIAGVE, ESTOM.\CH ET INTES- TINS.

A telles parties peuuent venir viceres de cause externe , cbmme poxit quelque médicament 4u'on aura prié, lequel sera corrosif, ou pour quélque poison : aussi de cause interne, comme pour quelque humeur acre et poignant, qui aura vkeré telles parties.

Les signes sont douleur eh la partie, et pt-incipalement lors t^u'on aualle quoique chose aigre , chaletir à Tendroit. Si Tvlcere est à l'oriQce tle l'estomach , les accidens sont plus grands, conmie défaillance do cœur , douleur

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presqueintoIerable,el refroidissement i des exlrornités. Si l'vlccre est aux intestins, le malade iolle souuentesfois de la bouë par le siège, ensemble du sang:, ayant de grandes douleurs et esprointes, A raison que tel humeur croupissant aiguillonne Nature à chasser si peu d'excremens qu il y a. Si F vlcero est à la trachée artère, le malade tousse souuentesfois, et la plus part du temps a difficulté de respirer.

Pour la cure, telles vlceres doiuent estre guéris , comme escrit Gallien liu. 4. et 5. de laMcthode, par ce qu'on mange et boit , se donnant de garde d'vser de toutes choses acres et corrosiues.ny detuthie,litharge, ceruse, verdegris, et semblables , ainsi qu'on fait aux vlceres externes : mais au contraire douces et gracieuses, ayant esgard à la partie. Comme si elles sont à l'œsophage, et hachée artère, et poulmons, seront baillées à plusieurs fois : autrement ils serulroienl peu , parce qu'ils ne font que passer. Pareillement tels remèdes ne doiuent estre fort liquides , mais visqueux et glutineux : car estans les voyes du boire et manger, et de l'air, ont besoin de remèdes qui puissent adhérer et ghitiner, et non qui coulent promptement. Et s'il les conuient modifier, on vsera de miel cru , lequel sur toutes choses est vtile à telles vlceres : et lors qu'on les voudra agglutiner, on y meslera de la gomme diatragacantb, dissoulte auec décoction aucunement astringente.

Les remèdes propres aux vlceres de restomach doiuent estre médicamenteux et alimenteux, non acres, de peur d'induire douleur , inflammation .et vomissement : aussi ils engarderoient de digérer les alimens. Partant on usera d'orge mondé bien sucré , de gelée en laquelle on aura dissoult

lî LIVRE,

de la gomme diatragacanth , bol armene vray, décoction de pruneaux , dattes, figues, raisin de damas, miel:

le lait de vache bouilli auec moyeux d'œufs et vn peu de miel commun est singulier. Et si on veut agglutiner telles vlceies, on vsera de remèdes austères, astringens et glutineux, lesquels n'ayent aucune érosion ni mauuais gousl , comme hypocistis, fleurs de grenadier , escorce de grenade , terre scellée , sumac , acacia , roses rouges, et autres semblables, lesquels ne font nulle érosion aux parties intérieures. On vsera aussi de décoctions astringentes , comme de coings , de lentisque, ou de l'extrémité de vigne, de rubus, de myrte auec vin austère, s'il n'y auoit crainte d'inflammation.

Lors qu'on vse de tels ou autres remèdes, l'vlcere estant à la trachée artère et poulmons, Galien veut que le malade soit couché à Tenuers, et qu'il tienne le médicament ( dit lohot ) eu la bouche, en relaschant les muscles du larynx : car en ce faisant le médicament coulera peu-à-peu ie long des parois de la trachée artère, comme l'eaufaitle long d'vn mur, se gardant que le médicament n'entre tout à vn coup, de peur d'induire la toux , laquelle est du tout contraire à telles vlceres, à cause qu'elle fait dilater l'vlcere.

Le semblable est pour les vlceres de l'œsophage. Leur breuuage sera hydromel, hydrosaccharum,syrop de violes, et (ieiuiubes. En toutes vlceres inlerieuresle miel est fort recommande pour estre meslé auec les medicamens :

car vsant seulement de choses astringentes, elles demeureroient souuenl en l'estomach , sans estre digérées ni distribuées : mais le miel outre qu'il aide à la digestion et distribution , il est aussi fort propre à telles vlceres.

DES VLCiillES , FISTVL

Pareillomeiil le lait d'anosse est fort reooniniar.tlé, et en li(ui d'icelni , de chéiire ou de vache. La potion v ulnéraire est fort vtile, pourueu qu'elle soit composée do simples qui ayent csg^ard aux parties vlcerées.

La guerison des vlceres qui sont aux intestins, diffère en ce des susdites parties : comme si elles sont aux gros, on y remédie par iniections et clysteres , vsant mesme de remèdes acres , afln de corriger la pourriture, comme /Egyptiac dissoult en décoction d'orge ou de vin : mais si l'vlcere est aux gresles qui sont près l'estomach, les remèdes seront pris par le boire et manger. Pource, comme dit Galien liure cinquième de la Melhode , ce qui est ietté par le siège ne peut paruenir iusqu'aux intestins gresles : et ce qu'on prend par la bouche, quand il paruient aux intestins gros, ne peul auoir sa vertu entière.

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