DES VARICES , ET LE MOYEN DE LES COVPER
Varice est une dilatation de veine, quelquesfois d'vn simple rameau ,
' Ce paragraphe et la formule des trochisqiies qui précède sont des additions de 1585. ^ Nous retrouvons ici le Icvlc de l'édition
quelquesfois de plusieurs. Aucunesfois elles sont courbées et repliées en plusieurs circonuolu tiens emmoncelées : et peuuent venir en plusieurs parties de noslre corps, comme aux temples, au dessous du nombril et testicules, à l'amarry et siège, mais le plus souuent aux cuisses et iambes.
La matière pour la plus part est vn sangmelancholique. Les varices s'engendrent aux personnes qui sontmelancholiques , et qui se nourrissent des viandes melancholiques. Les femmes grosses en sont communément esprises , à cause du sangmelancholique qui, retenu pendant leur grossesse , fait que les veines se dilatent et viennent variqueusespourlagrande multitude du sang : aussi elles viennent à cause d'vn grand et véhément mouuement, comme de courir, sauter, et dancer : voyager à pied, et porter g rands fardeaux, tomber de haut en bas, ou estre tiré sus la gesne.
Quant aux signes, ils sont manifestes pour l'amplitude et grosseur des veines.
Il est meilleur de ne toucher aux inueterées, parce qu'elles preseruent de plusieurs maladies, à cause que le sang regorge aux parties nobles , dont s'ensuit vlceres , chancres et suffocations.
Lorsqu'elles sont plusieurs et iointes ensemble aux iambes, quelquesfois dedans icelles on trouue des thrombus de sang desseiché et dur, causant grande douleur au malade lors qu'il chemine, ou quand on presse dessus
de 1675, coupé en deux par une si longue intcrcalation. Ce chapitre des varices faisait le chapitre 5, cl venait immédiatement après le b' chapitre actuel , intitulé /Je la cnralion des vlceres. Voyez la note de la page 240.
' Ces mots : ou quand on presse dessus, manquent dans l'édition de ib^b.
DES vLCEliE9, FISTVLES ET IlEMOU iUIOl DES.
A telles on fera oiiuei tiirc au corps de la \eine , à fin d'euacuer la trop grande abondance contcniieenicelles, ensemble les throrabns , comprimant tant en haut qu'en bas , à fin de les faire sortir : ce que i'ay fait aiiec bonne et heureuse issue, faisant tenir quelque temps le malade en repos, et y appliquant medicamens propres. L'on coupe souuentes fois la varice au dedans de la cuisse, vn peu au dessous du genoiiil , où la pluspart se trouue l'origine et production de la veine variqueuse : car communément plus bas elle se diuise eu plusieurs rameaux, à raison de quoi l'opération est plus mal-aisée. Or la cause pourquoi l'on incise, est à celle fin de couper le chemin, et faire rempart au sang et autres humeurs contenus auec lui, qui abreuueul quelques vlceres estans aux Ïambes : ou pour défendre les humeurs qui fluenl à icelles, qui sont cause que le malade ne peut cheminer : ou pour la crainte qu'on peut auoir, que par quelque accident , la veine ainsi grandement estendue et dilatée ne s'y face ouuerture , laquelle seroit cause d'vn tres-grand Ilux de sang, et causeroit la mort du malade s'il n'estoit promptement secouru. A ceste cause les anciens commandent de les couper K
Et pour ce faire faut situer le malade à la renuerse , ayant les iambes estendues, non du tout , mais vu peu flesclues. Cela fait, on fera une ligature à la cuisse, un peu au dessus de l'ouuerture qu'on y fera , et quatre doigts au dessous une autre, à fin de tuméfier la veine : et dessus le cuir, à l'endroit delà veine, on fera vne merque d'encre , pour ne faillir à faire l'incision, laquelle se fera en ceste
' Paul .Egin, chap. 82. Uu. 6. — A.. V.
manière : C'est que l'on esleuera le cuir en haut des deux coslés , et on fera l'incisiort au cuir sus le corps de la veine sans toucher à icclle, où l'on auoit merqué d'encre. L'iucision faite , la veine sera manifeste à la veuë, et par dessous icelle on passera vne aiguille à selon enfilée à double fil, non ayant pointe aigùe , mais vn peu ronde, de peur d'inciser la veine, et on séparera les membranes de la veine tant en haut qu'en bas : puis on défait les bandages de la cuisse , et après on liera fermement la veine à la partie supérieure : puis le corps de la veine au dessous de la ligature sera incisé, ainsi que si l'on voulait faire vne saignée : et par celte ouuerture sera euacué le sang de la partie inférieure , tant qu'il sera nécessaire : et lors on liera la partie inférieure de la veine, comme on a fait la supérieure : et après on coupera entièrement le corps de la veine entre les deux ligatures, laquelle estant coupée, ses deux extrémités se retirent et cachent tant d'vn costé que d'autre.
Et faut noter, que la ligature de la veine doit estre laissée , iusqu'à ce qu'elle tombe de soy-mesme. Et pour les remèdes particuliers, on appliquera vn restrainlif, tant sus la playe comme és parties voisines, et de trois iours ne sera touché à la playe. Le reste de la cure se fera comme les autres.
Autre manière de couper la varice, c'est d'appliquer vn cautère potentiel, qui ronge et coupe la veine : puis se retire en haut et en bas : et par ce moyen il y demeui'e vne espace vuide , où après s'engendre de la chair : et puis la cicatrice, qui sera dure et espaisse, empeschera la fluxion en bouschant le passage de ladite
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veine. Et par ce moyen la veine variqueuse sera guarie^