‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 140 sur 482 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

i)Êâ riEMOIÎRHOÏDES.

Les hemorrhoïdes , selon que le mot est pris vulgairement , sont tumeurs aux extrémités des veines qui sont autour du siège, faites par vue fluxion d'humeurs melancholiques pour la plus part, et sont, selon les anciens , espèces de varices 2.

m Les vnes sont oùùertes , et par succession de temps l'ouuertùre deùient calleuse : les autres fermées, estans seulement enflées sans rien ietter :

autres sont grandes , petites .j grosses : autres apparentes, autres cachées, ieltans pour la plus part sang auec vne sérosité iaunastre , qui est celle qui de sa ténuité a fait courir le sang éti tel lieti , et de son acrimonie a ouucrt lesdites veinés. D'icélles lors qu'elles SDht fermées, aucunes sont semblables à vne ampoulle faite de brusleure , à raison dequoi les patiens les nomment Vésicules, et sont engendrées par affluxion d'humeur pi-

' Ce dernier paragraphe a été ajouté en 1,S79.

L'édition de 1575 porte : espèces d'âneurkmes; la rédaction actuelle date de 1579.

tuiteUx et sei-eux : autres à un grain de raisin, qu'ils homment Vmles, qui sont engendrées par aifluxidn de sang louable en qualité, redondant eh qiiarllité. Aucunës fetibt seihblàbiès à une riieUré, et sont diîéS Morales, causées par afflùxion de sang:

melancholique : autres sont diteè Vcrnicales, iJour là similitude d'vne verl-ue , et sont erigéiidréés dé pareiliè cduse.

Cette disposition est cause dé plusieurs accidens aux hommes j par ce qu'elle oste la naturelle beauté , à raison que pour la grande euacuation de sang la couleur de tout le corps est changée et corrompue , et les conduit à vne misérable vie, et pour Ja foiblesse de tout le corps , elles mettent souuent le malade en danger de mort : à cause que l'euacuation immodérée qui s'en ensuit fait hydropisie. Elles fluent volontiers de mois en mois, ou de trois mois en trois mois : ce quinè se fait souuent qu'auec grande douleur, qui excite quelquefois inflammation , abcès et fistules, si promptement on n'y remédie.

Or si elles jettent modérément, et le malade soustienne bien l'euacuation sans ennuy, on ne les doit arrestér du tout , parce qu'elles preseruent de melancholie , manie , lèpre , strangurie , et autres affections , comme pleurésie , peripneumonie et malins vlceres, selon la sentence 37, de la 3.

sect. du 6. des Epidémies : et ores qu'on les voulust curer, il est bon selon l'Aphorisme 12. du liure6., en' laisser vne » : mais si le flux de sang est démesuré , on l'arrestera : car autrement il cause hydropisie , pour la réfrigération dufoye, auec vne con-

' Ces citations ne datent que de l'édition de 1571).

276 LE ONZiiMÈ LIV., DRS VLCERES, FISTVLES ET HEMORRHOIDES.

somption et exténuation de tout le corps. Pareillement estant indeuëment retenu, il regorge aux poulmons, rompant quelque \aisseau qui cause la mort du malade : ou au foye causant la même hydropisie , réfrigérant ledit foye par suffocation de sa chaleur naturelle.

Pour la curation, lors qu'elles fluent trop, on y appliquera vne tente faite de poil de liéure , couuerte d'vn tel médicament.

•2(.. Pul. thuris, balaust. sang. drac. ana § . 6 .

Incorp. omnia cura alb. oui, fiât raedicam. ad vsum.

Autre 1 .

Prenez du drappeau bruslé comme si on le vouloit mettre en vn fusil, elle mettez dessus.

Et lors qu'elles sont fort tuméfiées sans estre ouuertes, on doit faire cuire vn oignon sous la cendre, et piler ensemble vn fiel de bœuf, et de tout ce en faire médicament qui sera appliqué et renouuellé de cinq en cinq heures. Tel remède est propre lors qu'elles sont internes et cachées : et lors qu'elles sont apparentes on y appliquera des sangsues, ou bien on fera apertion auec la lancette. Le suc et marc de l'herbe nommée galiopsis , autrement vrtica labeonis, posé sur les hemorrhoïdes les ouure et fait saigner, aussi cure les fungus et thymus qui sont autour du siège.

1 Cette formule manque encore en 1585; elle se rericonlre pour la première fois dans l'édition posttiume de 1598.

S'il y a grande ardeur, cuisson et douleur, on fera asseoir le malade en vn demy bain : et s'il y a quelques vlceres , on y appliquera tel médicament.

uij.

:}f. Olei ros.

Cerus. g, Litharg. o.

CeriE nouae 3. vj.

Opij

Fiat vnguent. secund, artem.

Autre pour seder les grandes douleurs et espraintes.

jf. Thur. myrrh. croci ana 3. J.

Opij 9. j.

Fiat vnguent. cura oleo rosa. et mucag. sem. psillij, addend. \itel. vnius oui.

Autre *.

Prenez feuilles de saulge, de consolida média , de millefolium, et de lierre terrestre , de chacun demie poignée, pilée en vn mortier auec vn iaune d'œuf : et de tel remède en appliquer sur le mal.

Autre 2.

■2f. Vnguenti populeonis § . ij.

Vitel. ouor. numéro duo.

Agitent, simul in mortario plumbeo.

Ou prenez de la moelle de bœuf auec beurre frais : du tout laué en eau rose soit fait onguent.

Le reste de la cure se paracheuera ainsi qu'il sera nécessaire.

» Cette formule manque dans les éditions de 1575 et 1579 ; on la lit déjà en 1585.

2 Les deux formules qui suivent n'ont été ajoutées à ce chapitre qu'à partir de l'édition de 1598.

LE DOVZIÉME LIVRE

TRAITANT

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