‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 151 sur 482 · CES BAND&.GES · texte numérisé non relu

CES BAND&.GES

ne tombent én bas, et qu'elles ne | on applique pour tenir les membres î 1 A !•.! „i 5 ,i„ „„ — <„i i„ i„,i,. In-

solent trop liées et serrées , de peur que les humeurs ne courent à la partie blessée, et qu'il n'ysuruienne douleur, inflammation, aposteme, gangrené et morlificat on. On peut appeler, selon Hippocrates, les cassoles, torches, et tous autres instrumens qu'on accommode aux fractures pour tenir le membre en figure droite et indouloure.use, Glossocomes, c'està-dire engins ou machines , lesquels

disparu parmi nous de la pratique générale. J'ajouterai cependant quelques mots sur leur valeur réelle, qui me paraît avoir été trop méconnue, surtout par les partisans des grandes attelles.

Desault surtouta fait une rude guerre aux fanons ; il leur reprochait de glisser en avant ou en arrière, et de laisser ainsi la jambe sans soutien et le pied libre de s'incliner en dehors. A cet égard il convient de remarquer que les véritables fanons n'ont jamais servi d'attelles latérales ; que tous les chirurgiens, ou bien ont commencé par placer des attelles sur la jambe ou la cuisse, ou bien, comme Pierre d'Argelata et M. Larrey, ont entouré le nlembre d'Un appareil solidifiable; et que les fanons ne servaient qu'à former sous le membre une sorte de canal élastique mais résistant, dont la plus nette expression se trouve dans l'appareil de J.-L. Petit. Les fanons posant sur le lit ou sur un coussin, enveloppés dans leur linge, ne pouvaient donc glisser en avant ni en arrière; et Desault, qui, en adoptant les grandes attelles de Duverney et d'Avicenne , a oublié les petites attelles admises en même temps par CCS chirurgiens, n'avait certainement pas assez fait pour la solidité de son appareil. I^s grandes attelles, trop minces pour poser solidement sur le lit ou sur le coussin, écartées d'ailleurs de la jambe par les sachets de balles d'avoine, glissent facilement dés que les liens se relâchent, et sont plus aptes à se déranger que les fanons. D'ailleurs elles laissent sans soutien la face postérieure du membre, et sous ce rapjiorl l'appareil de Desault pèche au plus haut degré. Aujourd'hui

en vn estai sans que le malade les puisse remuer aucunement à dextre ou à senestre , haut ou bas , soit en veillant ou en dormant : et pour le dire en vn mot , Glossocomes signifie tous instrumens qui seruent à réduire les fractures ou luxations.

Hippocrates appelle les plumaceàux les linges de quoi on fait les compresses , et ce qu'il appelle fulcimefts , c'est-à-dire appuis qui affer-

elles semblent partager la défavetir qui s'attache aux fanons, et elles cèdent le pas aux appareils solidifîables. Je n'ai pas ici à discuter la question de ces appareils; souvenons-nous seulement qu'ils étaient déjà employés par les arabistes, et qu'ils avaient été remplacés au xvr siècle parles fanons, comme ceux-ci le furent vers la flii du xviii» siècle par les attelles, qui elles-mêmes n'étaient pas plus nouvelles; et puisque tour à toiir ces appareils ont eu la vogue, puisque certainement tous ont des avantages qui leur sont propres, faisons en sorte, en adoptant ceux qui nous paraissent préférables, de ne pas rejeter les autres dans un si complet oubli, afin que l'expérience des temps passés ne soit point perdue, et que la science ne soit pas condamnée à marcher toujours dans le même cercle où elle s'agite depuis plus de deux mille ans.

Voyez Leclerc, Chirurgie complète, édit. de 1739, p. 349 et 351; — J.-L. Petit, Mal. des os. édit. de 1768, t. II, p. 204 et 209; — Duverney, Mal. des os, t. I, p. 143 et 146; — Hcister, Inst. de chir., trad. franç. in-80, 1. 1, p. 350; — Bertrandi, Mcdaliic délie ossa, p. 124 ; — B. Bell, Cours de chir., trad. française, t. "VI, p. 28C et suiv.; — Encycl. méihod., chirurgie, art. Fanons; — Desault, OEuvres posihume.s, t. I, p. 275; — Monteggla, Isiiluzioni chir., édit. de 1830, in-12, t. IV, p. 46; — Boyer, Mal. chir.; — Sanson , art. Fraciures du Dicl. de méd. et chir. prat.; — A. Bérard, art. Fractures du Dicl. de méd. en 25 vol.;— et enfin Hipp. LarrCy, Trai" ment des fractures des membres par l'appareil inamovible , thèse iuaug., p. 8.

missent , comme font les bandes , compresses , canaux , astelles, et autres choses qui appuient

Ceux qui ne sont encore exercés en la pratique de Chirurgie ne peuuent bonnement entendre ces choses : car il est très difficile de mettre par escrit la diuersité des bandes, compresses, astelles, férules, et autres choses qu'on fait par la main. Mais il faut imaginer ce qui en est icy escrit, et aussi auoir veu besongner les bons maistres auparauant que d'y pouuoir bien mettre la main. Et m'asseure que ceux qui auront pratiqué et veu pratiquer prendront grand plaisir en ceste lecture, parce que ce qu'on voit par les sens est plus croyable que ce qu'on comprend par raison.

Toutesfois i'ay mis peine , non seulement en cest endroit mais par tous mes escrits, d'enseigner et exposer aux jeunes Chirurgiens le plus clairement qu'il m'a esté possible , leur mettant quasi l'image des choses douant les yeux.

Llî DOVZfEMli LIVRE,

femmes lors qu'on les deliure de leurs cnfans : autres à lier la production du péritoine , en l'amputation des hargnes et testicules : autres à lier les veines et artères : autres à lier les bras et iambes pour faire les saignées : autres à lier l'vrabilic de l'enfant nouuellement né : autres à lier les bras , cuisses et iambes, pour faire reuulsion à ceux qui saignent trop :

autres à lier les excroissances des parties honteuses des femmes : autres aux polypus ou verrues , aux louppes, et autres excroissances de chair : autres à lier les fistules du fondement, ou lesfongus qui naissent entre les dents et en autres parties.

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