I.E TRElZIIiME LIVRE
bras et ïambes , principalement aux ieunes qui ont les os encore mois et tendres. Aucunesfois aussi les os se cauent et bossellent, comme l'on voit aux pots d'estain et de cuiure , on voit souuent aduenir au crâne par contusion de ceux qui ont les os tendres, le dis d'auantag:e, que quelquesfois les esquilles des os ne bougent de leur place : alors le mal est difDcile estre conneu . parce que rien ne picque ne recroche contre-mont, au toucher tout est égal et uni , la partie garde sa forme entière. Toutesfois on peut prendre coniecture de ce que la partie se deult quand l'on presse dessus, et qu'elle ne peut faire son ofûce, et qu'elle s'enfle et deuient chaude et enflammée : ioint qu'il y a eu cause
celte épithèle que j'avais appliquée à certaines fractures, soit des côtes chez les adultes, soit des os longs même chez les enfants, et dans lesquelles les aspérités des fragmens engrenées les unes dans les autres ne leur permettent point de s'abandonner. Il est probable que d'abord Paré n'entendait sous ce nom que les fractures inégales , esqnilleuses et à pièces de Guy de Chauliac; mais plus tard, comme on le verra dans le paragraphe suivant, il noie aussi d'une façon spéciale les fractures dont les fragmens demeurent juxla-posés. Ce n'est pas encore là toul-à-fait ce que j'entends par frucuire dcuielée, car les fragmens, quoique non dentelés , peuvent être retenus en place par le périoste ; mais déjà cela indique une observation très sagace et très avancée pour ce temps.
Cette note ne sera peut-êlrepas sans utilité pour l'histoire de l'art; elle fait voir que Félix Wurtz, auquel plusieurs écrivains ont rapporté les premières notions des fissures longitudinales, n'a fait en réalité que développer dans un chapitre d'ailleurs fort remarquable des idées qui avaient cours dans la science, et qui rcmontaicnl à une fort haute antiquité.
manifeste qui aura précédé , comme cheute ou coup orbe'.
Aucunes sont simples , c'est à dire , sans estre accompagnées d'aucune disposition ni accident : comme playe, flux de sang, inflammation, gangrené, et autres complications. Toutes lesquelles différences demandent indications propres à chacun genre d'icelles. Pareillement faut considérer la partie en laquelle la fracture est faite , pource que bien souuent elle adulent à la teste, aux costes, aux bras, aux iambes, aux ioinlures, et autres parties du corps. Aussi aux corps vieux, ieunes, et bien tempérés, et aussi aux intemperés et malhabitués, et selon icelles difl"erences faut diuersifier la cure.
Or les causes des fractures sont toutes choses externes, qui peuuent couper , froisser , briser et casser les os : et aussi pour tomber de haut en bas, voire en tant de façons, qu'il seroit difficile de tenir le nombre desdites causes 2.
' Ce paragraphe, qui manque dans toutes les éditions antérieures à celle de 1586 , est curieux à plus d'un titre. Nous y trouvons d'abord les premières notions des fractures qui ne se révèlent ni par la crépitation ni par un déplacement quelconque. Pour la courbure des os du crâne et des côtes, c'est une doctrine fort ancienne,que l'on retrouve dans la plupart des arabistes et même plus haut (voyez ci -devant, page 12, pour l'enfoncement des os du crâne); pour la courbure des os des membres sans fracture, il faut encore en faire remonter les premières notions à Lanfranc, qui a un chapitre spécial De plicalnra ossiiim in pueris. Mais l'esprit du temps, entraîné vers les anciens, avait fait perdre de vue ces courbures osseuses, et l'on sait que même iiprès A. Paré elles étaient retombées dans l'oubli, dont une observation plus exacte les a enfin rclirées de nos jours.
^ Les deux derniers paragraphes de ce