‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 174 sur 482 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

DE LA FEACTVRE FAITE PEES LA lOIN- TVRE DVDIT OS

Quelquesfois il se fait fracture près la iointure de la hanche au col de l'os femoris : ce que ie proteste auoir veu en vue honneste dame, ayant esté appellé pour la penser. Voyant que sa iambe estoit plus courte que l'autre, auec vne eminence que le trochanter faisoit extérieurement au dessus de la loin te de l'ischion, i'estimois de prime face que ce fust la teste de l'os, et y auoir luxation, et non fracture. Alors

' Ce chapitre si important, puisqu'il offre la première observation connue de fracture du col du fémur, et que l'histoire de celte fracture proprement dite ne remonte pas plus haut ; ce chapitre manque dans l'édition de 1564, et se lit dans celle de 1575. Existaitil déjà dans l'édition perdue de 1672.3 Quoi qu'il en soit , c'est au moins à l'une ou l'autre de ces époques si rapprochées, que la fracture du col du fémur a été pour la première fois révélée am Chirurgiens.

Le TitEfZiÉ

ié tîrny et pbussdy l'os, ce më setnblbil , ëh sa boole , attcnQll (Jue les flcti* ianibcs esloieiit égales en longUétlt- el figiire : et la perisîly et àc- •èdliSlray commed'vilelu5cation.i)eux iolU's ajlt'ës ie la fus reiieir, qui se plâigilbit sentir vne extrême douleur, et ttoUUay sa iambe coul'te , et son pied totil-në au dedails. Alors ie deffeis IflUléë leÉ bandes, et Irouuay l*etiflirièïicé totilllle auparaUant. Adonc îë îtt'ëfTôt-fcay de rechef à ï-edulrê l'os en sa BOëtë: Cë faisant i'appërcëu ^iié l'Os drépltôit , et eti ésg-ard qu'il fl'y diidit niillë caûîté eh la ioîrttë, lors ie connëliSijU'il y atitiit fl actUi-e, et non luxation.

(Pareillement l'epiphySe delà teste de cest os quelquesfois se sépare et desioint j dê sorlë yhë le Chirurgien est deceu , estimant qu'il y ait luxatîtm , èt n'dii UigîbiîCtibh dd rëpiphysë dudit os. )

Adonc ie réduis l'os : appliquant des S§tïllëg Stii' lës côiiipressës, ët Mé, la lîgatlh'é âdëûx fchéi"s^ là crdisànt par "dessus là ibîhttil'ëj ët autoùt- du corps m hMi S. AriUrë : ët lë ïëste de la ïUi'âlioii Wè feit àiiisi tih*diibHs dit pat éy dëliatit i et pbsay tih arc de cél'cëaU J)àf flësëli^ lë i^iëÛ, dë peut- <iue la CdUllëHu^ë hë jjrësMaét sUi' les orteils.

D'ftbbtldàiit ffelS âltàehef Viië cdMe fiti plàtichét' àli miliëU dé sbii lit , eblbteé 6ii dbit toUâioUrs fdlië dUx fractures et luxations de la cuisse et

flë ih laitibb , a làciiiëiie ië§ maiddes

m ët^iistiëiiilëht des btag pouf se souslëtiéi' Idi'S qli'ils vont à lëiirs affaires, %t àusM pour qiielquësfbis vn bien peu se lournër et esleuer le dos et le croupion , à fin de donner vne transpiration aux parties pressées , qui par liop long temps leur estant déniée ^ cause vne douleiu' et chaleur es- Irange : dont S'éiisuit VÎOëfé lë plus

rE LIVEE,

i^duUent au droiipîon, laquelle induit douleur, (îéure , et rné si grande inquiétude , que Ja mort s'ensuit , si on n'y donne bon ordre. Aussi que d'autant qUe la fracture est faite près des iointures , d'autant est plus difficile à traiter , et phis malaisément guérie ; pource qu'à cause des jierfs, tendons et ligàmens communs, elle apporte de plus grands accidens, et que ce lieu est exangue. Celle qui est faite au milieu de l'os est plus aisée à traiter et plustost cUrée.

Que diray-ie plus ? c'est qu'il faut que le Chirurgien prenne soUuenl garde que l'ds tië se démette comme on l'aura i-eduît. Ce qu'il fait disémeUt, parce qu'il est seul , et (jue par la moindre faute du malade se sousieuatit ëh allant à ses affaires dii autrement ^ l'os dë la ctiisse së déplace, ët les extrémités cheuauchent l'vne sut- l'autrë : et partant fàtit à tdutés lés fois qu'on l'habille, auoîr esgard à la figtiî'e de l'os , et conférer là longueur de la iambe saine à là malade ; et aUparauaUt qtiële callds âbitfait, là tirer et réduire , eU Sorte que le malade rie demeure boiteux : et qu'il àé remue aussi le moins qu'il pourra.

AUiceritlé a dit que peu souuent bti gUerit si heureusement la fracturé dë la cuisse , que le malade ne demeure boiteux 1. Autres anciens aussi ttdlis but laissé pat ëscrit que Tbs de la cuisse est cdhsolidëéh cînqiiatile lours : mais en cclà il n'y a point de reigle certaine, cbiîlme i'ày dît cy dessus. D'auahtage , Sdil que lë càlhis soit fait ën cinquante bU Sdixanfë iours,si est-ce pourtant (jUe le malade ne se pourra pas encdi'es dë

long temps SbUâteUll' ët cheminer

' Liurc 1 fcn. G. Irallt5 1. cbdtJ. 14.— A. P.

1>E3 FRACTVnES BES OS.

dessus, à cause que la partie demeure bien long temps dobile : et partant les malades chemiiuînl quelque temps sur fies crosses. Aiusi laut-il entendre en toutes les autres parties IVacturées et luxées, du temps prefix qu ils leur ont baillé pour estre le callus fait , et les ioinles atTermies K

Icy le ieune Chirurgien notera, que les epipliyses des os souuenl se desioignent et séparent : qui est une espèce de luxation, laquelle Colombus, au cbapilre second de son Anatomie , dit que mal aisément se reunissent , à raison que telle conionction et alliance d'os ne se fait pas par vue seule teste entrant en vne seule cauité, mais par le moyen de plusieurs tubercules l eceuës dedans plusieurs sinuosités, laquelle rencontre est malaisée à réduire. Qui se fait de cause interne ou externe : Externe , queiquesfois par la lauledu Cbii urgien, qui manie trop rudement les os tendres des petits enfans, ou par cbeutes, ou autres causes qu'auons dit cy dessus : Interne, à cause de certains humeurs qui ont coulé et croupi en quelque iointure , ainsi que nous voyons souuent arriuer en la petite et grosse verolle , ou d'autre humeur non verollique : ainsi que de récente mémoire est aduenu à defunct monsieur Marchant, Aduocat au Chaslellet de Paris , homme d'honneur et de bonne doctrine et expérience, lequel eust une dcfluxion à la iointure du genouil qui le tourmenta par l'espace de huit mois , et appela plusieurs gens doctes , tant

' Le chapitre se termine ici dans les éditions de 1575 cl 1579. Ce qui suit date seulement de 1585. Il faut ol)Scrver cependant que la disjonction des épipliyscs était déjà signalée dès 1575, dans la parenthèse qui coupe si désagréablement le récit de l'observation qu'on vient de lire plus haut.

Médecins que Chirurgiens, pour cuidei" le soulager : ce qu'on ne peust faiie par aucun moyen , à cause que sou mal commença à l'os. Vn iour se tournant en son lit , 1 os de la cuisse se rompit près le genoiiil , dont il mourut tost après. La cuisse fut ouuerte, et luy fut trouué fracture et séparation de l'apophyse dudit os, lequel pareillement estoit tout carieux et pourri , neantmoing sans iamais auoii- eu la verolle.

A bonne cause a esté dit par nos anciens , que les os peuuent s<:)uirrir les trois genres de maladies, à sçauoir solution de continuité , incommoderation ou mauuaise composition , et intempérie.

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