‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 184 sur 482 · aneth. et liliorum ana 5 . j · texte numérisé non relu

aneth. et liliorum ana 5 . j

Liquéfiant omnia simul , fiât emplastrum: extendatur super alutam ad vsum dictum.

Le callus estant assez amolli, faut le rompre, et redresser les os en leur figure naturelle , et pratiquer toutes

de pigeons , graines de laurier, iris, et aultres semblables deuemcnt dispensés : puis après le redresser en sa naturelle forme.

» Si le callus est par trop mol , sera endurci et affermi par médicaments astringents, qui ont esté par cy deuant escriptz.

» S'il est trop gros, le conuiendra amoindrir, en muant et diminuant les aliments : puis fault par longue espace de temps frotter la partie auecque huile, sel et salpêtre. Pareillement sera la partie fomentée d'eaue salée assés chaulde, et pardessus y applicquer remèdes resolulifz et astringents, lantost d'vn, tanlost d'autre, puis la bander assés estroictement. Et conuiendra faire frictions es parties opposites , affin de destourner et attirer vne partie du nourrissement.

» Aulcunes fois le callus demeure trop petit, ou est retardé à faire, quand la partie est par trop estuuée et fomentée , ou trop souuent remuée : ou à raison que les bendes sont trop estroictement serrées, ou qu'elles sont ostées deuant le temps : pareillement à cause que le patient a faict quelque desordre en sa manière de viure. Pour lesquelles causes fault contrarier à telles choses, luy ordonnant les aliments, et adoptant les remèdes propres pour faire et augmenter ledict callus. »

L'édition de 1552 a reproduit tout ce pas-

LE TREIZIEME LIVRE

les choses de nouueau nécessaires pour parfaire la ciiration.

Si le callus csloit trop endurci et vieil , il vaut mionx ne s'efTorccr à le rompre , ains le laisser , de peur de faire pis au malade. Car il peut aduenir, le voulant rompre, que l'os se rompra plustosl en vn autre endroit qu'au lieu du callus. Parquoy le malade sera plus sage de se contenter de viure estant boiteux , que de se mettre en liazard de mourir K

Si le callus estoit trop gros, on le diminuera (au moins s'il est récent) par medicamens mollificatifs et resolulifs, et fort astringens , qui ont vertu de liqueflor, consommer, et desseicher. Pareillement sera bon le fi-otter souuentesfois longuement auec huile laiirin, auquel on dissoudra du salpêtre, ou d'autre sel. Et la tumeur sera bandée, y appliquant vne lame de plomb assez eslroilement serrée, qui empeschera que le nourrissement ne pourra pénétrer à la partie, et par ainsi le callus sera diminué.

Si le callus est quelquesfois trop petit et retardé à faire , à cause que les bandes ont esté trop serrées, et aussi parce que la partie a esté longuement çn repos sans aucun exercice (qui est

sage, mais auparavant elle ajoute quelques idées qui ont trouvé place dans le texte actuel , touchant le cal retardé par atrophie.

« Et si d'aduenturc ledict callus estoit retardé à faire par faute d'aliment, comme en atrophie, lors fauldroit commencer la ligature à la racine des vaisseaux. Exemple : si c'estoitla iambe, fauldroit commencer la ligature à l'heyne : car par ce moyen Ion exprime le sang et matière du callus, et le faicton couler à la partie affectée. «Tolio 31, verso.

* Edition de 15G4 : que de se remettre entre les mains de telz rabilleiirs pour se faire mourir misérablement.

une des occasions principales qui la rendent emaciée , considéré que le mouuement eschauffe 1 : partie, dont elle est mieux nourrie , et par conséquent plus forte) ou si ladite retardation vient par faute des alimens pechans en qualité, ou en quantité, ou en tous les deux ensemble : aussi pour auoir trop souuent deslié la partie , ou s'estre trop hasté de la mouuoir :

on obuiera à ces vices, administrant au malade le boire et manger par cy deuant escrit , parlant de la génération du callus. Si c'est pour auoir trop serré la partie, il la faudra desserrer, et oster du tout la bande de dessus la fracture : au lieu de laquelle sera faite vne autre manière de ligature , qui commencera à la racine des vaisseaux , à sçauoir , près l'aine , et au bras près l'aisselle, la conduisant iusques près la fracture. Carpar ce moyen on exprime le sang, et le fait-on couler à la partie offensée, ainsi que par cy deuant en auons escrit. Au contraire pour chasser le sang de la partie. Pareillement on peut vser de frictions molles , et fomentations avec eau chaude temperément , qu'il faudra délaisser lors qu'on verra quelque chaleur et tumeur en la partie.

Car si on poursuiuoit d'auantage, on resoudroit ce qu'on y auroit attiré'.

Partant tu noteras que les frictions et fomentations ont contraire effet , selon qu'elles seront longues ou briefues.

D'auantage pour faire attraction de l'aliment , on appliquera emplastres de poix , et fomentations nécessaires aux atrophies.

* Le reste du chapitre manque dans l'édition de 156't j en revanche on y trouve la fin de l'histoire de la fracture de jambe de rauteur.Voyez les notes 1 et 4 de la page 342.

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