CHAPITRE XII
DE l'ESPINE LVXÉE.
L'espineest composée de plusieurs os qui sont comme petites roiielles rapportées ensemble par eniointures, qui aident chacun en son endi-oit vn peu à faire son mouuement , pour fléchir le dos sur le deuant, et non en arrière, selon leur rondeur et circonférence de leurs cercles, pour plier et dresser. Car si elle eust esté faite d' vn seul os, l'homme eust esté immobile , estant comme embroché ou empalé. Aussi lesdites rouelles sont creuses , pour donner vn chemin seur à la moelle de l'espine , laquelle comme vn ruisseau coulant du cei ueau, a esté faite pour la génération et distribution des nerfs qui deuoient donner sentiment et mouuement à toutes les parties situées au dessous de la teste : desquels sort par les trous de chaque rouelle une coniugation. A ussi il y a des veines et artères qui y entrent dedans pour les nourrir et vinifier. D'auantage faut entendre que la face postérieure de l'espine dorsale est diuisée en quatre parties, appelées apophyses et epiphyses : dont les vnes montent en haut, les autres descendent en bas, et d'autres qui sont à trauers, et les autres au milieu , comme cresles et espines : à cause de quoy a esté appelée Espine, pour ses forjettures qui sont aiguës comme espines, à l'extrémité desquelles il y a des cartilages. Et no-
uns LVXATIONS.
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teras icy , que la premicre vertèbre n'a point de cresto , pource que les muscles qui meuuent la teste occupent le lieu où elle deuoit naislre.
Or Tvliliié de l'espine auec ses apophyses sert comme de bouleuertetfortification à la moelle spinale , la couurant et enueloppanl de toutepar tcon.
tre les iniures externes. Aussi elle est commelacarineetfondementdu corps et principalement l'os sacrum, lequel est le plus grand de toutes les vertèbres, et au plus bas d'icelles , comme leur fondement: semblablement soustient l'os de la hanche.Toutes les vertèbres vont tousiours en diminuant :
et estoit (comme dit Galien) raisonnable que celles qui sont sur les autres soient moindres que celles qui sont dessous , veu que ce qui est porté et soustenu , doit estre moindre que ce qui porte etsoustient. Voila pourquoy elles sont basties comme vn clocher.
Les apophyses latérales des vertèbres du metaphrenum ont d'abondant vue autre vlilité, qui est d'appuyer et eniointer les os des costes.
Entre les vertèbres y a des cartilages , et vn humeur glaireux qui les abreuue et humecte (semblable à celuy de qui presque toutes les ioîntures de nostre corps sont lubrifiées et glissantes) pour les rendre plus obéissantes à leur mouuement, qui se fait en deuant et non en derrière, comme nous auons dit , à fin que les actions de l'homme se facent mieux : et pareillement pour ce que la grande veine caue et grande artère, qui sont couchées sur icelles, eussent esté trop tendues et se fussent peu rompre, si elles se fussent ployées en arrière. A ceste cause les eniointures des vertèbres sont en la partie postérieure , et non à l'antérieure , et sont liées ensemble par certains ligamens bien
forts l'vne auec l'autre. Or maintenant ielaisseray plusieurs autres discours que fait Galien au liure treizième De l'vsage des parties , parlant de l'espine , et diray auec luy qu'en nostre corps rien n'y est fait témérairement, mais auec grande industrie et artifice, par la sagesse admirable du divin et grand Architecte, qui est le Dieu viuant , sans qu'aucune chose y soit superflue ou manque.