‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 223 sur 482 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

DE LA LVîtATIOiS DES DOIGTS.

Les doigts se luxent en quatre manières, à sçauoir, en la partie intérieure , extérieure , et aux costés.

Pqur les réduire, il faut tirer et pousser de jigpre droite , et par ce rpoye^ on les reniettra eii leyr lieu. Jlssoiijt réduits facilement , parce que leurs iointures sont peu caues , et aussi qu'elles sont superficielles , et leurs Hgamens lasches et foibles.

cette luxation est communément

* Paré ajoute ici en marge ; La reàuçiion des ((oirjts luxôs es^facilc. Cette ffsserfionlrcs hasardeuse, surtout pour ce qui regarde

Des Lf/

affermie eq douzQ iours, ainsi qw celles du carpe et métacarpe.

CHAPITRJÎ XL,

(ya haRCtQ s§ delpqp m quaire faç.qjas, 4 sfiqqflip en jj^^fli^ps, Uel^.QVS, ep d.Q^î^nt pt pp dprrjfire : ïpajs plu? sqjjueut, e^ dejiurs et pn ded^iî? » ^^ (jpuaiit pt en derriprp j-arpaieRf;.

Eft ce§le ipiptjirp rp sp pput faire lifXijtipn iqcpmpjpïte, principajprnent (Jps cansps pîLtpf ieiues , qinsf qp"il se fî|it sjiu ppudp, Jîf tti3i.p , au gpnpiii], pf à Ifi ciipyille dp? pieds, à Cs^jise que Iq ^pslp dp l'os (ie \;\. cuisse pst rQpdp, ei qijp cauilp qj4 il se loge ^ dps l^pr.ds to|it autp^f : ipint qj^e |ps n]i}gples pp ppstp parp^ §9"^^ forfs : et paj-tqjit il pp se ppu|; fgjrp qji'ynp pjir- Ije pu perj-ior^ de la tesfp spjt çi^d^ns S(i paqiïp , et l'^Rfre jiebors , ppqrçe qj^'cn fpurp^pt pt fppujaapt, pUe retpHrppfoit dans 3a{)peUe par la [Pfce dps p)p§cles K Mais ps luxa (ipns faites dp paf^sp intprpe, e]Ip pe^ijt estrp incomplptte , parpe qup Jes muscles et liç-:jiftpns sont rpiasçhps , et n'ont la

les Ijixijtions du pouce, prouve seulement qu'il n'avait pas sur cette question autant d'expérience que sur le reste de la chirurgie.

i Galien sur la senl. 47. de la 4. sect. du lin. des articles. — A. P. — Cette note est Inexacte -• ce n'est pas Galien, piais Hippoçrate qyi a nié les luxations ipcomplètes, .en vcifu de raisonnements assez spécieux pour qu'on les ait reproduits de nos jours. Jp professe, pour ma part, que les luxations ipomplètes sont au contraire les plus fréqueptes , et en m'appuyant sur quelque chojc de piieux que des raisonnements.

Mais ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans une pareille discussion.

fprpe dti ramener ledit os pn sa ipjptp ou cauilé,

J.B signe qu'ellp est dcsboëltée e|i dedans, est que la iambe majade cpniparûe à la saipe se ippnstfp plus Iqpgue , et le gpnpiiil plus abaissé et tourné en debors, et le malade peppqt plier la jambe : et aussi qu'à l'endroit de l'aine on troupe n^anifeslenient }a teste dp l'ps fenioris, qui y est arrestép et retepiie. We se pipnstfp plus Iorgpe, poprce que la teste dudit og n'est plus en sa boptte, et est descepdpp plus bas, parlant la iftpabe s'aljopge | aussi le gpnoiijl sp tpnrpe en debqr§, parce qpe de nppessilp le bout inférieur dp l'os femf>ï is se Ipurne ap pop: traire de sa bpëlte: qui est ype ç]içif>Si cbmmpne h tous les ps luî^és , qup quand il y a lu^^aiipn d'vn cpsté, l'^q: tre extrémité du mesme ps pst tpusiours tournée vers }a parljp QppQsitp à celle qui pst luxée. ParqijQy qq^n^t la leste de l'os de la çpisse est de-r loiiée en la partie intérieure , l'autre extrémité, qui est au genpiiil, est nécessairement tournée yprs le dehors, et ainsi des autres parties. Pareillement op ne peut plier la cuis§p yef§ l'aine , à cause que l'os déplacé lient les muscles qui font son extpnsion §i tendps, qu'ils neppuupnt obeïr à ceux qui la doiuent plier : car Ja flpxipn doit précéder l'extensiop, et l'e^tpriision la flexion

PEOGNOSTIG DE T.A LVXATION PB l\ HANCUE,

Aux luxations de la cuisse il y a dangpf , pu que l'os soit réduit malai-

• Galicq auliu. dumouuem^iU des muscles,

LE QVATORZIEME LIVRE,

sèment, ou qu'estant réduit ne tombe | faire son action : et aussi que les vei

de rechef. Car si les muscles, tendoVis et ligamens de ceste partie sont forts et durs, à peine laissent-ils réduire l'os en saplace. Pareillement s'ils sont trop foibles , taxes et mois , ils ne le peuuent tenir quand il est réduit:

semblablement quand le ligament court et rond , qui ioint estroitement la teste dudit os au fond de sa cauité, est rompu ou relasché. Or ledit ligament se rompt par quelque violente force, et se relasche par vue humidité glaireuse et superflue , amassée és parties voisines de ceste iointure, qui î'abreuue et mollifie. Et si cedit ligament est rompu , encores que l'os soit réduit, ne tient iamais et retombe tousiours, quelque diligence qu'on''^ puisse faire : ce que i'ay veu plusieurs fois. S'il est seulement humecté et relasché , après l'auoir réduit , si on peut consommer et seicher l'humeur par medicamens et par cautères potentiels ou actuels appliqués autour de la iointure, l'os y demeure ferme et ne retombe plus.

Donc, pour le dire en vn mot, quand ce ligament est rompu ou trop relasché, l'os ne peut tenir ferme en sa boette lors qu'il y est remis, principalement en ceux qui sont maigres, pource qu'icelle iointure n'est liée de ligaments par dehors, comme est. la iointure du genouil, et qu'il n'y a point d'aponeurose , c'est-à-dire tendons larges, comme nous auons dit.

D'auantage les parties qui sont près d'vne luxation qui n'a esté réduite, deuiennent en atrophie , c'est à dire qu'ils amaigrissent , en sorte que la chair des muscles est exten uée et consommée, à raison que l'os n'est en son lieu ^, et parlant ladite partie ne peut

» Voyez Galicn sur la sent. 'iS. de la sec. 4. du lia. des Aniclcs. — A. P.

nés, arleres et nerfs ne sont pareillement en leur situation naturelle, qui garde que la nourriture et les esprits n'y peuuent sufflsamment reluire : et estant imbecille , ne peut attirer , retenir, cuire, n'assimiler le nutriment.

Exemple : ceux qui ont l'os femoris luxé, et n'a esté réduit, ledit os ne croist plus comme les autres os du corps, et aussi dénient plus court que celuy qui est en sa boëtte, pource qu'il est près du lieu où est le mal. Toutesfois, les os de la iambe et du pied ne sont empeschés à croistre, d'autant qu'ils demeurent en leur situation naturelle : néantmoins la iambe leur dénient plus gresle, c'est-àdire les muscles atrophiés. Autant s'en fait-il à l'os du haut du bras ( ce qui est commun à toutes les luxations non réduites ) , lequel aussi dénient plus court, et les muscles plus emaciés et consommés que ceux du bas du bras et de la main. Et pour le dire en vn mot, les os qui sont plus près de la iointure luxée deuiennent plus courts, et leurs muscles plus atrophiés, parce que les esprits et alimens ne peuuent estre portés en icelles parties : qui est cause qu'elles tombent en atrophie. Or quand Hippocrates dit plus courts, il faut entendre en ceux qui n'ont pas accompli leur croissance. Car à ceux qui sont paruenusà leurs trois dimensions, les osne se peuuent accourcir, mais bien diminuer en grosseur. Il faut aussi entendre que l'exercice de la main sert grandement à ce que la chair de tout le bras demeure plus nourrie, et principalement depuis le coude iusques aux doigts : mais quand l'os femoris est luxé, et principalement en la partie intérieure, et que les enfans sont encores au ventre de leur nierc,

OU qu'ils sont eiï leur enfance, les muscles seront plus emaci(^s qu'au bras, à raison qu'ils ne se peuuent aider de la iambe ny du pied eu la luxation de l'os femoris , comme ils font de la main en la luxation de l'os duLautdubrasi.

Page 1