CHAPITRE XLII
DE LA LVXATION DE LA HANCHE FAriE EN DEHORS 2.
Quand la luxation de la cuisse est faite en dehors, et qu'elle demeure sans estre remise , la douleur auec le temps s'appaise, et la chair d'entour dénient calleuse et dure comme la main des laboureurs et artisans :
et la teste de l'os se forme et fait vne cauité en laquelle elle se met, de façon qu'auec le temps le malade peut cheminer sans potence ou baston. Adonc la cuisse et la iambe ne soxit tant atrophiées ou amaigries.
Mais si la luxation est faite au dedans , l'atrophie sera plus grande, d'autant que les vaisseaux qui de leur naturel vont et tirent tousiours plus vers le dedans , comme note Galien sur la sent. 51 de la 3. sect. du liure
' Paré a puisé dans Hippocrate presque tout ce chapitre, rempli de belles ,et grandes vérités, obscurcies seulement par la confusion que fait le chirurgien français entre les luxations accidentelles et les luxations suite d'une lésion organique de l'article.
^ En ne consultant que les titres des chapitres, on pourrait croire que celui-ci s'occupe spécialement de la luxation en dehors : en aucune manière j c'est la suite du précédent, et il devrait porter peur litre : Da progiioilic de chacune des luxaiions du fémur en parlictilier.
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des Articles, sont plus pross(^s, et que la partie ne peut se mouuoir uy tourner contre l'os pubis ou du pcnil. D'auanlage celte luxation n'estant point réduite, quelque temps après- les malades cheminent comme les bœufs, à sçauoir en tournoyant la Ïambe vers la partie de dehors. Pareillement le malade estant soustenu sur la iambe luxée, ne peut demeurer en figure droite^ mais oblique. Aussi la iambe saine fait peu d'espace quand elle se meut , à comparaison de celle qui est luxée : parce que celle qui est luxée fait son mounement en tournoyant, et l'autre le fait sans tournoyer. Pour ceste cause, les malades portent vne potence ou vn baston, à fin qu'ils soyent appuyés sur la partie malade, de peur qu'ils ne tombent en terre.
D'auantage peux qui ont cest os luxé en dehors , ou en derrière , qui n'a peu estre réduit , par succession de temps la teste dudit os rend la partie calleuse , qui permet que le iarret se plie sans grande douleur :
mais les malades sousliennent et marchent seulement sur la racine des orteils. Toutesfois ils sont contraints de se courber en douant lors qu'ils cheminent bien fort,pource que la iambe est plus courte, et tiennent à chacun pas la main sur la cuisse malade , à cause que la teste de l'os n'est pas droilement sous le corps portant à plomb : neantmoins à la longue les malades peuuent cheminer sans potence ni baston , lors qu'ils y sont accoustumés. Pareillement la iambe saine par vne couslume et vsage deuient difforme , pource qti'elle aide à la malade en s'appuyant en terre : en quoy faisant, il est nécessaire que la cuisse et le jarret soyent courbés.
Au contraire, quand la luxation est
SgO LE QVATOBî
faite en deuaht^ et n'a esté réduite, et que le malade ( comme auons dit ) est paruenu à ses trois dimensions; l'os ayant accoustumé de tourner au lieu auquel il est tombé , et que la partie est devenue calleuse et dure , alors il chemine sans baston j potence ou crocej et marche du tout droit pource que la ïambe luxée ne se peut facilement plier, ny en l'aine ny au jarret, et que les malades s'appuj ent plus volontiei's sur le talon qu'ils ne font sur la racine des doigts des pieds.
le ne veux encores laisser en arrière de remémorer que si eeste luxation^ comme toutes les autres^ est inuBterée, iamais ne se peut réduire.
Or voilà les signes et accidents qui viennent j quand la luxation est faite en dedansj et que le ligament qui attache Tos en sa cauité de la iointe est trop rompu ou trop relasché.