‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 226 sur 482 · DE LA LVXATION FAITE EN DEVANT · texte numérisé non relu

DE LA LVXATION FAITE EN DEVANT

La luxation en deuanl se fait bien rarement.

fesse: c'est-à-dire que la fesse était également raccouroie. Ces trois mois ont été retranchés à partir de la seconde édition.

1 Ge dernier paragraphe n'cxislail pas dans les premières éditions : il a été ajouté à la quatrième.

BES LVXATIONS.

Les signes sont , qu'on Irouuc la Icslc do l'os (ie ia cuisse tombée sur l'os (iii penil : tioni on voit l'aine tuméfiée, et la fesse apparoit ridée et descharnée , à cause de la conlrac tion des muscles : aussi que le malade peut estendre la iambe sans douleur, mais il ne la peut ployer vers l'aine, à cause que le muscle aiUerieiu-, qiii naist de l'os iiion , est pressé de la teste de l'os qui ne se peut esténdré : et si ie maiade est contraint de fléchir le iarret , il sent grand douleur : et lois qu'on fait comparaison de la iambe maiade avec la saine , on les Irouue esgales en longueur. Neantmoins le malade ne se peut soustenir sur la racine des orteils : et si on veut TefTorcer de le faire marclier, il ne se peut appuyer que dessus le talon. D'auantage iébout du pied ne se peut tourner vers la partie antérieure.

Souuentesfois en cesle luXaiion i'vriné est supprimée , à cause que la teste de l'os presse les grands nerfs , desquels naissent ceux qui vont à la vessie : iaquelle se ressentant de la douleur, tombe eii inflammation, qui afflige le muscle sphincter de la vessie : qui fait que pendant iCelle iniâammalion , i'vrine n*est permise de passer qu'à grande difficulté , parce que les parties enflammées et tuméfiées ferment le passage de I'vrine'.

CHÀPÎÎtlE XLV.

DE LA LVXATION FAITE EN DERRIEnE.

Paréiîlemeht la liixatiOrt faite feh derrière vient raremfeht, piirce qitlè la partie postei^ieuré de la bôctlë de la

« Tout cela est emprunté au livre des Articles d'Hippocrale.

hanche cstfort profonde, comme l'antérieure l'est beaucoup moins : au moyen (Jequoy la luxation faite au dedaus est plus fréquente que nulle des autres.

Les signes sont , que le malade ne peut estendre ia iambe , et aussi il ne la peut plier, ù cause que les muscles qui sont autour de la tësle dfe 1*QS soht grandement pressés fel tendus :

et la douleur s'augmente liiiand U veut ployer le jarret, â raison qu'on tiré les muscles d'ailanUge. Pareillement la iambe malade est pins courte que la saine : et quand on presse sur la fesse, on trouue la teste de l'os prominenle entre les muscles fessiers : ei, l'on trouue caujié en raine, dont est trouuée lascbc et molle quand on la tbuclie : et le talon ne peut toucher en terre, parce qÛB la teste de l'os est cachée entre les muscles de la fesse, qui la retirent contre-mont, et principalement le gros muscle fessier, qui fait le coussinet de la fesSe, lequel en cestë luxation est plus pressé que nul des autres : qui fait que le malade ne peut fléchir le genoûii, à cause que le fléchissant oh fait grande extension de l'aponeurose, ou tendon large, qui couure le genoiiil. Et si le malade s'efforce de se tenir sur le pied de la cuisse luxée sans quelque appuy, il tombe en derrière, parce que le corps pànche en ceste partie, à cause que ia teste de l'os n'est pas droîtemeiit au dessous du corps poUr l^estançonner : et pour ceste raison il i\iul qu'il s'appuye sur vue potence posée sous i'aisselle du costé luxé.

Apres auoir suffisamment descrii les signes, accidens^ prognostic, et diversité de luxations faites à la hanche, maintenant il reste à escrire et monslrer la manière de réduire l'os ,

LE QVATORZIÉME LIVIIE ,

selon la diiiersité des lieux où il tombe, auecque la meilleure méthode et la plus briefue qu'il me sera possible.

Premièrement il faut situer le malade sur vn banc ou sur vne table, (mettant dessoxis luy quelque matelas ou couuerture de lit, de peur qu'il ne soit pressé) ou à la renuerse, ou sur le ventre, ou sur le costé : de façon que la partie où l'os est forjetté soit tousiours la plus haute, et celle d'où il est sorti , la plus basse. Exemple : si la luxation est faite en dehors ou en derrière, faut situer le malade sur le ventre. Si elle est faite en dedans, le faut situer à la renuerse sur le dos K Si elle est faite en deuant, il faut le situer sur le costé sain. Et l'os sera tousiours tiré et poussé verssaiointe, pour le chasser en dedans. Si la luxation est récente , ou que ce soi t vn ieune enfant, ou femme, ou autres, qui ont naturellement les iointures laxes, il ne sera besoin pour réduire l'os de faire grande extension par liens : mais la seule main du chirurgien suffira :

ou bien on se contentera d'vne forte lisière, ou d'vne portion d'vne nappe ou seruiette : et auecques certaines compresses mises entre les iambes, à sçauoir, autour de la iointure de la hanche, sera tenu fermement. Puis le chirurgien tirera la cuisse de droite ligne au dessus du genoiiil, vis à vis de la boëtte d'où l'os est issu : et par ce moyen sera réduit, pourueu qu'on tire vn peu plus haut la teste de l'os, de peur que les bords de sa cauité

» L'édition de 1575 voulait que le malade fût couché sur le ventre dans la luxation en dedans, et sur le dos dans la luxation en dehors, ce qui était contraire aux principes des anciens, et ce qui dépendait sans doute

n'engardent eslre remis, si elle n'esloit tirée et esleuée vn peu plus haut qUiC sa cauité.

Où l'os ne sera assez tiré , on doit eslre asseuré qu'il ne pourra eslre réduit : partant il faut plustost pécher à tirer vn peu plus que trop peu ». Toutefois il se faut bien garder de trop tirer : de peur de romprç quelque muscle ou tendon, ou autre partie nerueusc : et où on ne pourra réduire l'os par la seule main, alors faudra vser de machine, comme nostre moufle attachée à deux posteaux, et la corde tirée tant qu'il en soit besoin.

Or ce pendant qu'on fera ces réductions violentes par machines, ne faut que les parens et amis du malade soyent presens, s'il est possible, comme estant vn spectacle odieux à veoir, et ouyr crier le malade : et aussi que le chirurgien soit asseuré, non piteux, ne craintif, lors qu'il fera la réduction : et ne soit nullement esmeu par la clameur du malade, ny moins des assistans : et que pour cela il ne se hasîe point plus qu'il ne doit, pource que luy seroit grand deshonneur n'auoir peu réduire l'os, et aussi grand dommage au malade.

Apres auoir ainsi discouru des luxations de la hanche, il faut pour l'instruction du ieune chirurgien (auquel cest escrits'addresse)les déduire particulièrement pour plus grande intelligence : commençant à celle qui est faite en dedans de la cuisse.

d'une simple erreur de rédaction ; car, dès la seconde édition, le texte a été corrigé comme on le lit ici.

' Obseritalion digne d'estre bien notée. — A. P.

DKS LVÎ

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