‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 228 sur 482 · A.TIONS · texte numérisé non relu

A.TIONS

contre bas, par vn autre homme, tan t et si fort qu'on verra estre besoin.

Aussi .se faut donner garde que le lien qui tient la partie luxée soit sur la teste de l'os qu'on veut réduire, parce qu'il empeschcroit qu'il ne pourroit r' entrer en sa place.

Ceste manière d'extension est commune aux quatre espèces de la luxation de la cuisse: mais en chacune d'icelles particulièrement il faut changer la manière de repousser l'os en sa boette, selon les parties où elle décline, à sçauoir, le poussant et tournant en dehors, quand la luxation est au dedans : et au dedans , quand elle est au dehors: ce que nous déduirons chacun à part soy.

Or aucuns r'habilleurs et renoiieurs de village, lors qu'ils veulent réduire ceste luxation, font la ligature au pied, et par ce moyen la iointure du pied et du genoiiil sont plus estendues que celle de la hanche luxée, pource qu'elles sont plus près du lien qui est attaché au pied : et partant sans nulle occasion ils font extension à la iointure du pied et à celle du genoiiil, dont plusieurs accidens aduiennent. Parquoy Icy noteras, qu'on ne doit attacher les liens au pied , mais au dessus de la iointure du genoiiil : et en la luxation de l'espaule , nullement la faire à la main, mais au dessus du coude seulement ^

* Ohscruation digne d'estre notée au chirurgien. — A. P. — Ce n'est pas une observation moins notable que ce procédé des rhabilleurs de village ait fini par devenir la pratique générale des chirurgiens français de la lin du xviir siècle, et même du commencement de ce siècle-ci.

LE QVATORZIÉME LIVRE ,

CHÀPITRE XtVII.

L\ M.VMEIiE DE liEnVIRE LA LA'XATIOX DE LA CVISSR FÀTfE AA^ DEDANS, PAR niAClilNES, LORSQVE LA MAIN DA"^ CHi- RVniilEN n'JîST ASSEZ SA'FFISANTE.

Si la iuxalion est faite au dedans, après auoir situé deuëment le corps ,

et tenu la partie malade , il faut mettre dessus l'aine quelque chose ronde :

et soudait» par dessus icelle on tire le genoïiil du malade , en pliant fort , et pressant sur la teste de l'os vers sa boette , et tirant le genoûil et la iambe à l'endroit de l'aine, et la menant au dedans vers T autre iattibe lli plus qu'il sëi"à possible : èl par fce fiioyeh dri retitiit l'os èh sa pliice, cémîiie tti vois par ceste lîgUré.

Aussi noteras qu'en ceste luxation , et autres , après auoir tiré l'os suffisamment d'entre les musclesict auoir fait extension des ligamens , à fin qu'ils cèdent , faut lascher la corde , et ne plus tirer : ou autrement la réduction ne se pourra faire, pour la trop grande extension qu'on feroit aux muscles, tendons, et ligamens , ijui ne pourroient obéir à la main du chirurgien.

Liés signes qtie la luxation est redtiîte , sont , qûe les iatnbes sont de pareille longoeiir : aussi qtie lë lilalade plie et estend sa iambe sans douleur ny peine.

Apres qu'on sera asseuré l'os estrc

réduit , on appliquera iës rèmedës qui ont esté par cy deuant escrîts.

i^llis oiî Cbmmëncërà tbusiours lebandàge STir le lieii où ëstoit l'erninence de rôs déplacé, et sera mené et conduit vers la partie opposite et saine , passaiil sur les reins par derrière, ét sur lë veritrë par dëuanl. Et né faut ôiibliër de mettre viie grosse comprëssë detiaiis i'àiné , qiii tîëhdrà l*os ferrne ëh sa caliité : àiissi des tôrcliës de pailié longiies iusqiies aii talon , comme nous àiions riionstré en la fracturé dë là CUisse. D'anantageHuit lier les deux cuisses ensemble , à fin que la partie luxée demeure encores plus stable sans se mouuoir. Et ne

DES LVXATIONS.

faut osier ce premier appareil de quatre ou cinq iours, s'il est possible, sçauoii- est, qu'il n'y exist quelque aociilent qui conlraignist de ce faire.

■ Faut aussi faire tenir le malade trente iours dans le lit ; à lin que les muscles, m>rfs et ligamens qui ont esté relascliés se fortiQent : de peur qu'en cheminant trop tost , l'os lié sè dehiisl de rcciief.

Quant à la situation dë là îàmtie, eiie doit estre tenue en ligure moyenne, c'est-à-dire, eiilrë droite et courbée : autrement ne poni-roil; loiriguement demeurer eii Ûgu'vé droite sans causer douleur, à caiise dos muscies qui seroyént trop Ibiig tëmps leniis tendus.

CIIAPimE XLVIII.

L.V MANlÊitÉ tiE itÈnViuÈ LA ivXATION m: h\ cvissE FArrE en dehohs.

Quand la iuxaiion est faite en dehors , il faut situer le malade sur vne tablé , bii feiil- tn bàiië , j^arbi fcoiiibie bbtis allons dll par cy dcUdilt, ayant le véiiti e d('i5sils là tablé : et fàirë les ligallii-ës à la lldncbe liixéë, ëi: àû dessils du genOtiil. Cela fait, faut tit-ér cofatre-bàs, et conirétirer cbH- Ifé-hidnl : et le chii-lit-glen poUsscrà du dëhdi-s eii dedaiife Tris eb feà jjla'cë : ét si là lUaiti n'ést assez Ibl'të , bb s'àidei-à dé «bslrénibiille, ébmmé lu Vois pdi' ceste lîg-uré K

Geste luxation est la plus facile à estre réduite de toutes les autres de la cuisse : tellement que i'ay veu quolqnesfois ayant fait l'extension ^ qu'en iaschant les muscles , ils ietloient la teste de l'bs en sa cauité , sans aucutlertlcht poussier : a caiise qué natuifélli^ihërtt ils feé retil-ent vers leur 'èrigihé : ët l'bs rentrant dedàris sa biiêlté ne fàit flueUpicferols àutiiin bruit : et queltpiefoss lait bi uit, fai-

sant clocq : qui est vri sîgiié éértalti que Tos est rentré dans sa cauilti.

Après ceste réduction faite, on appliquera les remèdes cy dessus mentionnés. El pareillement ne sera oublié de mettre vne compresse sur la îolntnCe, et la ligature , et les torches de pàille , ainsi qu'auons enseigné par éy dËUiabt.

' j'ai déjà dit qitc h'rÔ èUlt HnVctilëur

LE QVATonziÉME Mvni: ,

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