CHAPITRE. VL
EXPLICATION DE QVELQVES MALADIES PARTICVLIERES CONTEiNVES EN LA SVS- DITE TABLE , ET PREMIEREWÈNT DV MOYEN DE REHAVSSER LA PAVPIERE SVPERIEVRE ^
l'aucis proposé d'escrire en particulier toutes les susdites maladies :
mais comme i'ay esté deuancé par l'impression de mon liure qui estoit sus la presse, et sçachant qu'il y auoit quelcun qui y trauailloit pour les escrire toutes en particulier 2, ie me suis arreslé à mettre seulement celles qui s'ensuiuent.
A quelques vns la paupière supérieure est relaschée outre son naturel, et plus qu'il n'est nécessaire à couurir l'œil, qui est cause d'amener double accident : l'vn est que le malade ne peut bien ouurir l'œil : l'autre, que les poils du cil entrent dedans l'œil et le piquent , donnant au malade grande douleur.
Geste relaxation vient à raison d'vne paralysie particulière , qui se fait aux vieilles gens, ou d'vne fluxion rheumatiqUe sans acrimonie, cuison, ne mordication : ce qui nous est fait manifeste , parce que ceux qui sont
• Dans les deux premières éditions, ce chapitre avait simplement pour titre:
moyen de rehausser la paupière supérieure; et le premier paragraphe n'existait pas; il a été ainsi arrangé en 1685. Alors, toutelbis, il était marqué chapitre 6. Voyez la note de la page 413.
2 Ce quelqu'un était Guillemeau, élève de Paré, dont le Traité des maladies de l'œil parut à Paris l'année même dans laquelle Paré écrivait ces lignes, c'est-à-dire en
EME LIVRE
] vexés de telle affection ont^iuelquesfois vn ou deux rangs de poils aux paupières outre leur naturel , qui croissent pour la quantité de ccs!e matière : comme voyons qu'en terre humide il croist beaucoup d'herbes.
Or si c'esloit vne humidité acre et cuisante, le malade le pourroit facilement apperceuoir pour la douleur qu'il auroit aux yeux : ioint que tel humeur corromproit le poil qui naturellement y est produit, et par plus forte raison engarderoit qu'il en suruint de superflu.
Et pour la curalion : deuant que faire l'opération , faut marquer d'ancre ce qu'il sera expédient d'en couper , craignant qu'en ostant trop , la paupière ne demeurast renuersée, ce que les anciens nomment Ectiopion:
puis il faut pincer etsouleuer la paupière supérieure, laissant le cartilage qui est au-dessous : et après couper en trauers la peau tant qu'il sera besoin , sans offenser ledit cartilage :
puis l'on fera deux ou trois petits points d'aiguille, pour reunir la playe et la conduire à cicatrice : laquelle estant faite, empesche que la paupière ne tombe plus bas qu'elle ne doit , à cause qu'elle aura esté accourcie. Il ne faut oster que ce qu'il en faut , ou autrement il aduiendroit deux dangers : l'vn, que si on coupe trop, l'œil demeurera eraillé, parce que la paupière ne pourra couurir l'œil. Aussi si on en coupe moins qu'il ne faut, ce sera temps perdu, et faire endurer le malade sans profit.
Et où il y auroit plusieurs cils ou poils , les faut tirer et arracher par petites et propres pincettes : puis cautériser la racine auec vn petit cautère sans offenser l'œil, où après se forme vne cicatrice qui défend qu'ils n'y re-
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naissent. Le cautère t'est icy r»
senté ».
Cautère .
' Cette figure manque dans les éditions de 1675 et 1579; et cependant on la retrouve dans la petite édition de 1564, p. 208; et auparavant dans le traité des playes de ta leste, de 1561, p. 248. Voici le texte de cette dernière édition :
D'abondant quelquefois le poil desdiles palpebres se renuerse dans l'œil, qui est cause d'induire grand douleur et inflammation. El, pour la cure, il faut arracher le poil auec sa racine: puis, à l'endroit d'icelutj, sera appliqué vn bien petit cautère actuel, à celle fin de consumer ïhiimeur qui fait croislre ledit poil, et aussi qu'après la cautérisation il se fait cicatrice solide : et par ces moyens le poil ne renaisl aucunement, et ainsi le palienl est mis hors de peine t
Du reste, ce procédé et même celte forme de cautère sont indicjués dans Guy de Chauliac: de même que l'excision d'un pli cutané, pour remédier à la chute de la paupière , remonte fort haut dans l'antiquité.
DE CHIRVRGIE. ' ffl\