‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 257 sur 482 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

t)E l'OEU. QVI CrtET liEHOhiS ,

mi Proptosis.

il y a vne indisposition nommée en ïîrec ProplQsis; È.Tittis en Latin , Jn-

• Gallen, 13 meihodc, ch. dernier,— k, P.

> Tour avoir une jusle idée de la prftllqùe

ÈE QVINZI

grossation ou prominence en Français, qui est quand l'œil sort hors de sa cauilé par trop grande repletio'n de matière tombant sur les yeux, qui se fait par un grjind et véhément vomissement , et par trop crier , et aux. femmes par labeur d'en fan 1er, ou par trop grande résolution des muscles, ou par vne douleur extrême de teste.

Et quelquesfois par ceste prominence ou procidence, la veuë se perd du tout, et l'œil se cre> e, et les humeurs sortent dehors. Ce quei'ay veu véritablement aduenir à la sœur de Loysde Billy, marchand drapier demeurant près le pont saint Michel à Paris, laquelle eut vne si extrême douleur, inflammation el fluxion, que les yeux lui sortirent hors de la teste en ma présence'.

La cure sera diuersifiée selon les causes. Et après les choses vniuerselles , on appliquera ventouses sur la nucque du col et sur lesespaules:

aussi vu selon ou cautère. Et pour les particulières , l'œil sera comprimé auecques compresses imbues en décoction astringente, cum succo acaciœ, rosarum rubrantm, fueilles de pauot, escorces de grenades, fueilles de roses deinsquiame. Et aussi desdites choses on pourra faire cataplasmes auec farine d'orge, et autres remèdes semblables.

de Paré , dans les cas d'ophtalmie , il est essentiel de comparer ce chapitre au chapitre 25 du 8"^ livre , intitulé: Desplayea des yeux. Voyez ci-devant , p. 76.

1 C'est la même histoire qu'il avait d'abord racontée dans le traité Des plnyes de la leste de 1561 , et qu'il reporta en cet endroit en 1575. Voyez la note de la page 47 de ce volume. — Une faute d'impression y a fait mettre Loy.i de Bailly ; il fallait Loys de Beilly. Dans ses éditions complètes il a changé l'orthographe de ce nom , cl écrit de Uilly.

ÉMK LIVRE,

D'atrophie de l'Oeil.

Il y a vne autre maladie contraire à la prominence de l'Oeil , nommée Atrophie, qui est prluation de npurrissement,de façon que toute la substance de l'Oeil est aucunement flétrie et consommée , auec grande angustie de la pjipille. L'Atrophie sera curée par son contraire. Et pour le particulier, on fera des fomentations chaudes et altractiues , et frictions aux parties proches, et autres applications de choses qui reuoquent le nourrissement et les esprits à la partie.

De Chemosis.

Chemosis est vn mot Grec , c'est quand l'vne et l'autre palpebre sont renuersées par grande inflammation, qu'à grande peine peuuent couurir les yeux , ioint aussi que la Conionctiue est beaucoup plus eminente que la Cornée, et est rouge et non blanche'.

Les causes sont antécédentes , et primitiues : Antécédentes , comme multitude d'humeurs : Primitiues , comme playe , contusion , et autres.

La cure se fera selon la disposition qu'on verra estre del aissée en la partie.

Del'aglutinationquisefait des palpebres l'vne contre l'autre.

L'aglutination des palpebres se fait quelquesfois par nature, c'est à dire ,

' Fuchsius en sa metliode. — A. P. — Le livre que cite Paré est sans doute le Medeiidi methodus, sea ralio compendiaria perveniendi ad veratn solidamque medicinam , publié à Bâle en 1541 , à Paris en 1550. Et peut-être est-ce là la source ignorée où Paré a puisé les éléments de ce chapitre et du précédent. Je n'ai pas eu le courage de le vériûer. Je remarquerai , toutefois , que cette citation appartient sans doute à l'un des collaborateurs inconnus de Paré; en elTct , je ne sache pas que l'ouvrage de Fnchs ait eu une traduction française.

OPERATIONS

par le défaut de la vertu formatrice au ventre dg lainière (comme l'on voit les doig ts se tenir ensemble , ou le sieg-e, ou l'orifice du col de la matrice) neantmoins que les yeux soient bien formés: ce qu'on peut voir à la grosseur de l'œil dedans l'orbile , et au mouuement de l'œil. Aucuneslbis telle chose aduient par playe, au par adustion, ou par aposteme , anthrax , et souuent par la petite verolle ou autres causes.

La cure , c'est de mettre la qneuë d'vne espatule entre les palpebres , la leuant en haut (de peur de toucher la substance de l'œil), puis faire incision auecques vne lancette courbée , et separera-on les paupières l'vne d'auecques l'autre. Et sera la playe traitée ainsi qu'il appartient. Et se faut donner garde que de reclief ils ne se r'aglulinent , qui se fera y appliquant un peu de linge délié, et médicaments propres entre deux , iusques à ce que la cicatrice soit faite

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