‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 273 sur 482 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

DE LA LIMOSITÉ OV ROVILLÉVRE DES DENTS, ET LA MAMERIi DE LES CON- SERVER 3.

Il faut après le repas lauer la bouche d'eau et vin, ou. eau auec vn peu de vinaigre : semblablement les nettoyer, à fin qu'il ne demeure quelque petit reste de viande, laquelle se corrompt entre les dents, qui fait qu'après elles s'altèrent et pourrissent, et font que l'haleine est de mauuaise odeur. Aussi il se concrée vne ma-

' L'édition de 1661 ne fait pas mention de la manœuvre indiquéepour réduire l'alvéole, et prescrit un gargarisme dliférent; voici le texte qui termine ce qui a rapport dans celle édition aux maladies des dents;

El la deui ainsi arrachée, laisseras flner assez de sang, et feras lauer la bouche du patient auecquc.s vin dans lequel on aura fait vn peu bouillir de la sauge el rosmarin .- et le patienl ne s'exposera à l'air froil , principalement le iour qu'on aura tiré sa denl.

Je n'ai pas trouvé que la compression de la gencive avec les doigts ail été indiquée par aucun auteur antérieur à Paré ; la dalc précise de ce procédé ou du moins de sa première publication serait donc 1673.

L'édition de 1673 présentait ici un article spécial sur les dents aniJicieUts . Il en a été détaché lors de la publication des œuvres complètes, et nous le retrouverons formant un chapitre spécial au livre de In Prothèse , chapitre 3.

1 Ce chapitre était confondu ovec le précédent dans l'édition de 1673.

OPERATIONS

tiere terrestre, comme vno rouille sur icelles, de couleur iauiuistre, qui les corrode comme la rouille le fer:

ce qui adulent par faute de les nettoyer et de ne mascher dessus : dont faut ester et racler toile matière par petits instruments propres il ce faire : puis après seront frottées d'vn peu d'eau fort et eau de vie mesiées ensemble , à On d'ostor le reste que los instruments n'auroient peu faire.

Pour les conseruer, ne faut mascher choses par I rop dures, ny rompre noyaux, ny os, et autres semblables:

aussi qu'on ne les cure ordinairement auec chose qui les déchausse : et qu'on les frotte auec dentrifrices faits de racines de guimauue boullues en vin blanc et alum de roche , et en soient sonnent frottées les dents :

aussi poudre faite d'os de seiche , pourcelaine, pierre ponce, alum cuit, corne de cerf, et vn peu de candie y est souuerainement bonne. Aucuns ne prennent que la crouste de pain bruslée mise en poudre.

Eau pour blanchir les dsnls fUtï èicelleiile. "iL. Sal. amm. et gemih. ana 5 . j.

Aliim roch. § . fi .

Addendo aquïE rosarum quod siiflicit, et fiât distillatio '.

De laquelle userez », et en frotterez vos dents 2,

■ L'édition de 1673 porte : addetido parwn vini; l'eau de rose ne taisall pas alors partie de la formule.

' A la suite de ce chapitre se trouvait dans l'édition de 1673 un dernier articîc intitulé : De la douleur des dénis des petits enfants. C'est par là seulement que celle digression sur les dents se rattachait au livre de. la Génération (voyez ci-dCvant la note 4 de la page 443); et Cet article a été raltadhé au même livre dans lesftuvres comf'èlt's, Ou il en forme le dernier chapitre.

DE CHinvRÊlK.

CHAPlTRlL XXX.

DE l'emPIÎSCUEMENT ET RETHACTION DE LA IiANOVE.

L'empeschement et red actidfi dé la langue aucunesfois est naturelle, es tant la langue retehutî par Itîsitiugcles et membranes, qui de leur prcrtiler iour de leur natiuilé , snilt oU Ifop durs ou trop courts. Quolquesfois aussi vient par accident, à cause tle quelque cicatrice dure , après Vue Vlcere faite soUs icelle

On connoist ce vice eslre natiirol^ quand le malade du commencéttiedt est fort taidif à parler : et quand la parole luy est venue, il parle hastiuement en bredoiiillant : semblablement le ligament qui est sous la langue est raccourci plus qu'il ne doit, tellement que le malade ne petit bien pousser la langue hors la bôuclie.

Quand ce vice vient par accident, faut trenchèr et coiiper au tfauérs rattache ûeriieUse ( dite vulgairement le filet ) qui la retietit, et eii Cë faisant, se faut donner garde d'iocisèr les veines et artères qui sont soiis icelle , de peur de flux de saijg, qui après seroit difficile à estancher . L'opération faite, faut faire latier la bouche du malade d'oxycrat , puis mettre vn drapeau en double, trempé efi sy-

' Ce cliapilre est à pcii prés éhlièremeht copié du chap. 29 de Paul d'Egine, dans la Chirurgie française de Dalechdmps, sauf quelques idées qui sont elles-mêmes puisées dans les annotations que Dalechampsa jointes au texte de Paul. Ce premier para»graphe, par exemple, est littéralement copié, si ce n'est que Paul ne suppose la langue retenue que pur membranes, et que Paré y a joint les muscles.

4^6 LE QVINZIÉME LiVllE ,

rop (le roses seiches ou de miel rosat, dedans la playe, et principalement de nuit , de peur qu'elle ne se reprenne : pour-ce qu'en dormant il ne parlepoint, et ne remue point la langue. Aussi passera souuentesfois son doigt au dessous , et tirera la langue par interualle hors la bouche.

Or quand il y a danger de flux de sang, à cause de l'incision, on coupera ce ligament en passant vue aiguille enfllée au dessous, la serrant si fort de iour en autre qu'il le coupe K

Quelquesfois ce ligament est si large et court , tenant la langue si suiette , que la chirurgie n'y a lieu sans grand flux de sang , et péril du malade.

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