‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 306 sur 482 · CHAPITRE LIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIX

de la cvration de la retention d'vrine

Pour la curation des choses qui prohibent vriner, il faut prendre indication de la maladie et de sa cause, si elle est encore présente. Pareillement selon les parties blessées faut

1 Ce chapitre est le même que le chap. 8 du Livre de la suppression de l'vrine en 1564.

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diuersifier les remèdes, appelant le médecin s'il l'est possible : lequel ordonnera les choses vniuerselles au malade : et ce qui appartiendra à la chirurgie, auec son conseil, le mettras en exécution.

Et subit voyant vne difficulté d'vriner, ne courras aux remèdes des pierres ou sables , comme souuent font ceux qui ne sont conduits par méthode , qui ordonnent choses diurétiques : lesquelles sont cause de pernicieux accidens, si c'estoit vn humeur acre, ou quelque sang causé d'vne contusion, ou par trop auoir exercé l'acte venerique , ou autre grand et violent exercice , ou auoir ysé de quelques potions chaudes, ausquelles il y eust canlharides, ou apostemes et vlceres qui fussent és parties dédiées à l'vrine, ou pour auoir tenu trop longuement son vrine, et autres semblables. Car si en telles choses on donne les diurétiques , on accroistroit la douleur et l'inflammation, gangrené, et par conséquent on seroit cause de la mort du patient.

Mais telles choses diurétiques pourroient auoir lieu, lorsqu'il y auroit quelque petite pierre ou sable, ou vn humeur gros et visqueux demeuré aux voyes de l'vrine. Et semblableraent pour s'estre baigné en eau froide, ou par le froid intérieur, ou indeuë application des choses narcotiques sur les reins ou à la vessie, ou d'vn empyeme , ou de pituite et humeurs froids, espais et visqueux, qui fussent cause de faire obstruction aux voyes de l'vrine, et autres semblables : les diurétiques pourroient alors auoir lieu, pourueu encor que les choses vniuerselles fussent faites, et non au-

HE LIVRE

trement. Or les diurétiques peuuent estre admmistrés en diuerses façons, comme s'ensuit.

Pour prouoquer l'vrine.

"if. Agrim. vrticœ et parietariae .siirculos rubros habenlis ana m. j.

Radicum asparagi mundatar. g . iiij.

Graiiorum alkekengi num. \\.

Sem. maluaî § . G .

Radie, acori § . j.

BuUiant omnia simul in sex libris aquœ dulcis ad tertias, deinde coletur.

De qua capiat œger 3 . iiij. cum § . j. saccbari candi, et calidum bibat ieiuno stomacho tribus horis ante cibum.

Pour mesme effet.

Prenez trente ou quarante, voire plus, bayes de lierre ■, et broyez en vin blanc, et en baillez à boire au patient deux heures deuant manger.

Autre pour mesme cause.

%. Sem. vrt. puluerisatœ 3. j.

Dissoluatur cum decoctione pulli.

Et faut que le patient l'aualle le plus subit qu'il pourra, de peur qu'il n'adhère contre la gorge : pource qu'il y causeroit ardeur.

Autre.

if. Decoctionis milij solis, bipinellœ, parictaricE , saxifrag. rad. petroselini , asparagi , acori , brusci et ireos.

Et en soit donné à boire au patient, la quantité de trois ou quatre onces tiedes. Et entre tous ceste eau est excellente pour prouoquer l'vrine, et destoupper les voyes d'icelle de quelque cause que ce soit.

1 L'édition de 1564 ùil: prenez dix ou douzt bayes de lierre, etc.

OPERATIONS

0^.. Rad. osmondiB regalis, cyperi, bismal.

graminis, petroselini, fœniculi ana 3 .ij.

Rapliaiii crassioris in laleolassecli 5 .iiij. Maccrciitur pcr iioctem in aceto albo

accrrimo : bulliant poslea in aqua; llu-

uialis Ib. X.

Saxifra. crista; marina;, rubiaj lincto-

rum , niiiij solis , sumrailalum malua; ,

bismal. ana p. ij.

Folio, viol. p. iij.

Berula; , clcerum rub. ana. p. j.

Seminis melonum,ciliuli,ana g.ij. ft.

Alkckcngi grana xx.

Glycyrrhiz!B g . j.

Bulliant omnia simul ad lertias : in cola-

luia infunde pcr noclcm :

Folliculorum senœ oriental, ib. m. Fiat itcrum parua ebullitio, in express, co-

lata infunde:

Cinnamomi elecli 5. vj.

Coienlur iterum : colatura iniiciatur in

alerabicum vitreum, postea adde.- Terebenthinae Venela; lucidœ a. ij Aqua; vilœ vj, Agilentur omnia simul diligentissime, lu-

tetur alerabicum luto sapienliœ, Uat

distillalio lento igné in balneomari :

Desquels lu as les figures cy-apres

Aqua;stilIatititeprcEscripta;§. ij. autiij. Secundum operationera quam prœstabit, quatuor horis anle pastum.

Aussi au lieu d'icelle, on peut donner eau de raues dislillée pareillement in ialneo mariœ : et donnée à boire la quantité de trois ou quatre onces auec sucre, deux heures deuant manger, est très propre pour destoupper les voyes de Tyrine, soit de cause piluiteuse, sable, ou autre obstruction.

Les bains et demy-baius faits commodément relaxent , dilatent, et ouurent et amollissent tout le corps : et

' L'édition de ibe^t disait : Dcsquclz m vois les Ikjiire.t; mais je n'ai pas jugé à propos de reproduire ici les planches que nous retrouverons au Livre des Diuilluiiom.

E CHIRVUGIE. 5og

à la sortie d'iceux , lorsqu'on veut fort destoupper, on donnera des choses diurétiques, comme encores pour exemple, demie dragme de theriaque dissout en eau de raues, ou autres choses semblables.

Maintenant nous descrirons quelques remèdes pour la mondification des vlceres des reins et de la vessie. Et premièrement, les syrops de capillorumVcmris^ de roses, beus auec hydromel ou eau d'orge, la quantité pour chacune fois d'vne once, sont bons pour lesdils vlceres : aussi le lait d'asnesse ou de chéure y est propre, à cause que de sa substance séreuse les deterge, et les glutine pour sa substance formageuse , il nourrit pour sa substance butireuse. Et doit estre pris, s'il est possible, toutrecentementtiré de la beste. Le malade en prendra pour chacune fois unposson »

auec vn peu de miel rosat, et vn peu de sel, de peur qu'il ne se corrompe et tourne en l'estomaçh. D'auantage après l'auoir pris, on ne doit boire ne manger que iusques à ce qu'il soit digéré, et passé hors l'estomaçh.

Les trochisques qui s'ensuiuent sont pareillement propres pour mondifierles vlceres des reins et de la vessie.

■if. Quatuor semin. frigid. maior. semln. papaueris albi , portulacœ , plantaginis, cydoniorum, myrtillorum , gummi tragacanlhi et Arabici , pinearum , glycyrrhiza; mundalœ , et hordei mundali, mucilag. psillij , amygdal. dulcium ana 5- j-

Boli armen. sang, draco. spodij , ros.

maslich. terrœ sigillata; , myrrhœ ana § • ij-

Secundum artem conliciantur cum oxymellile simplici, cl flant trochisci.

' Un posson ; le traducteur latin dit ; ad quanlitalein unciaruui quatuor.

Et le patient en doit prendre demie dragme, dissoute en lait clair, ou ptisane,ou eau d'orge, et autres semblables. Pareillement tu en peux dissoudre en eau de plantain, et en ietler aussi auec la syringue dedans la vessie.

Le malade en lieu de vin, boira eau d'orge , ou hydromel , ou ptjsane faite auec vne once de raisins de Damas, ausquels on aura osté les pépins du dedans : et seront faits boiiillir en cinq chopines d'eau de riuiere, en vn pot vernissé, ou en vne fiolle de verre , iusqu'à la consomption d'vne quarte : puis y soit adiousté sur la fin vne once de reglisse mondée, et deux dragmes de semences froides concassées : et les faire de rechef un peu boiiillir, puis les passer par la chausse d'hippocras, auec vn quarleron de succre tin , et deux treseaux > de canelle triée, et d'icelle en sera vsé en lieu de vin. Le reste de la cure s'accomplira selon l'art.

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