‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 313 sur 482 · DE LA COLIQUE · texte numérisé non relu

DE LA COLIQUE

S'il adulent quelque obstruction ou autre accident , que les matières contenues aux boyaux ne puissent estre vacuées par la descharge ordinaire, qui se fait par le siège : si le vice est aux gresles, il s'appeljp voluulus ou ileos (vulgairement Jl/i ererc mei) : mais s'il est aux gros, c'est ce que nous nommons proprement colique , qui a pris son nom de la partie malade qui est colon , c'esl-à-dire la conlinuilé des gros boyaux, mais principalement en celuy que nous nommons colon. Pour ceste cause la colique est deffinie par Auicenne, douleur intestinale, en laquelle malaisément on rend ses excremens parle siège 2. PauluSiEginela réduit la cause en quatre espèces : à sçauoir, crassitude d'humeurs contenus entre les tuniques des boyaux , et esprits flatueux qui ne peuuent sortir): inflammation des intestins , et humeurs acres et mordans^. Mais pour mieux instruire le ieune chirurgien , nous en parlerons plus particulièrement , et dirons les causes et différences estre plusieurs.

Et premièrement pour auou- trop vsé de viandes pituiteuses, venteuses

« Ce chapitre manque dans la première édition, et il a été ajouté seulement en 1579. J'ignore où Paré en a puisé l'idée , et le lecteur pourra juger qu'il ne valait guère la peine de s'en enquérir.

2 Auîcen. Uu. 3. — A. P.

3 Liu. 3. — A. P.

LE QVINZIEME LIVRE.

et gluantes, la colique venteuse est procréée, ou pour auoir naangé de plusieurs et diuerses sortes de viandes, en trop grande quantité (neantmoins qu'elles fussent de bon suc ) se seroient engendrées crudités et obstruction , pnis ventosités , causant "vne douleur tensiue : ou pour auoir beaucoup mangé de fruils cruds , et hevt par trop froid après s'estre fort esehauffé : car par ceste froideur Testomach et les boyaux sont refroidis , et les humeurs aucunement congelés.

Il ya une colique appellée néphrétique qui est aux reins , ainsi appellée, parce que en grec le rognon est dît Nephros. Ceste colique procède communément de quelque pierre ou grauier engendrée aux reins, ou estant descendue aux pores vrinaires :

alors le malade sent douleur à ta hanche et aux lombes , à cause qu'elles pressent les nerfs qui naissent des Tertebres des lombes , lesquels se ramifient autour de la ioinlure de la hanche, et aux muscles des lombes et de la cuisse. Semblablement les pores vrefteres (qui sont nerfs eaHes),et les muscles suspensorres palissent : et est aduis aux malades qu'on leur lire en haut tes testicules d'une grande violence, attec douleurs extrêmes accompagnées de grantls vomissemens pituiteux et bilieux , et sneurs vniuersellesquidtirentiusques à ce que la pierre ou sable soient descendus eu la vessie. Or, le vomissemen t vient à cause que l'esl-onrach, pour la continuité et voisinage qu'il a auec les intestins, souffre pareille peine et douicur que font les boyaux : mesme que L'estomach est de semblable substance que les boyau<x , n'eslans lesdits boyaux qu'usa prodiictioa de l'estomach : parquoy quasd. Nature

veut ietter ce qui est contenu contre nature aux reins, ou aux pores vrinaires, ou entre les tuniques des intestins, ou au mczcnlcre, ou au pancréas et hypochondres , cause la douleur coliqiieuse, auec grandes douleurs et vomissemens.

D'auanlage la colique se fait par intemperature chaude et seiche, qui fait douleur poignante et mordante, desseichanl les excremens conlenus aux boyaux, ensemble les humidilé* qui doiuent rendre les boyaux glissans et coulans : aussi se fait par vne pituite grosse et visqueuse , acre et glutineuse.

Pareillement la colique se fait par vne contorsion, c'est-à-dire que lea boyaux s'entortillent et tournoyent , de sorte que lamalierefecatenepeut passer pour estreiettée hors, comme nous voyons euidemment en la descentedes boyaoxeu la bourse des testicules, qu'on appelle hargne intestinale. Semblablement par les vers qui s'entortiHeBt dedans le boyau coton, qu'ils occupent ensemble, retortillent el replient le boyau. Hippocrates, liure troisième, des mala<lies traitant ùn voluulus, dit vulgairement Misereremei, conseille (après avoir vsé de plusieurs remèdes) d'introduire ùvt vent dedans- le ventre auec vn soufflet qui sera mis au siège, à fi»

de faire distendre ledit ventre, et destourner le boyau entortillé.

Aussi par trop longue demeure dies matières fécales Gonten4ies aux intestins, qui se fait par l'intemperature des malades, chaude et seiche, o»

pour auoir voyagé en temps de grandes chaleurs, ou pour auoir longtemps vsé de viandes tropscîcbes.Veritablementie conuois des personnes qui seront, huit ou dix jours sans pouuoir aller à Icurs^ affaires, et quaud

OPE HATIONS J

îlsy vont fleurs excremens sont secs et durs comme crottes de cbcnre :

et tels sont fort suiels à la colique et mal de teste, pour les vapeurs qui S'esleuent au cerueau , Voire que telle chose est cause de la mort des malades.l'ay sonuerTance auoir ouitert le corps mort d'un ieiine garçon aagé de douze ans, qui auoit entièrement tous les inteslius remplis de matière feeaie fort dure et seiche , et auparaiiant sa mort la iettoit par la boucfte, qui fust cause le faire mourir, faute de l' auoir secouru en temps conuenable.

Or voylà les causes et différences de la colique , ce que i'ai peu apprendre des anciens et modernes médecins ' . A présent il nous faut parler des signes de chacune espèce en particulier.

Les signes de la colique néphrétique ou pierreuse : c'est que la douleur est fixe , c'est-à-dire arrestée en vn lieu, à l'endroit des reins, ioint que souuent auparauant le malade aura ietté quelque petite pierre ou sable parsosvrines : et sent vne douleur à la hanche et aux testicules, pour les raisons cy dessus alléguées : ioint aussiquele malade a vne extrême enuie d'asscller et vriner , à cause que Nature s'efforce mettre et ietter hors ce qui lui nuist.

Les signes de la venteuse ; c'est que le malade sent une grande douleur teasiue , comme cjui lui lireroit et deschireroitles boyaux, auec bruit dedans le ventre, qu'Hippocrates acouslunie de nommer borborygmes.

Par telle ventosilé quelquefois les boyaux se rompent : ainsi qu'on voit

* tîéditioH' de ajoutait : Emmble 6é que i'aij peu coynoisire et apprendre. Ceci a été retranché des 1585.

8 CIIIKVRG'IE. 5l6

à yne vessie de pore , lorsqu'on la remplit trop de vent, on voit les fibres de ses tuniqaes se rompre : et quand cela adulent , le malade meurt auec grands vomissemens, ne pouuant lenir aucune chose du boire ou manger , qui se fait à cause que les boyaux estant remplis de vents, pressent l'estomac h , de façon que les alimens n'ypeuuent demeurer pour estre cuits et digérés.

La colique qui se fait par les Cxcremens retenus : le patient sent vne extrême douleur et pesanteur au ventre et tension aux boyaux, et lors qu'on presse sur le ventre on sént grande dureté, et aussi que le malade n'a de long temps esté à ses affaires.

La colique qui esft faite par inftatn-' mation bilieuse : le malade sent vne" grande chaleur et pulsation au mi»lieu du ventre, à cause desveineÉret artères qui sont au pancréas et nrézentere, et de celles qui sont disséminées entre les tuniques des intestins :

et autres signes des inflammationsr qu'on trouue aux apostemes causées par inflammation. Aussi l'inflammation se fuit à cause d'vne pituite salée, acre, grosse, et glulineuse, qui ûe' peut estre iellée hors : combien qne nature s'efforce de ce faire , tant pat les vomissemens que par grandes esp rein tes , auec difflcullé d'vriner, parce que la vessie est pressée pour l'inflammalion de l'intestin droit , pour l'affinité et conionclion qu'ils ont ensemble.

La colique faite pctrce que les loijcnix sont enlors et replies : le malade sent vne extrême douleur, à cause que l'intestin n'est en son lieu et situation naturelle, et aussi que la matière, pour sa trop longue demeure, acquiert vne chaleur estrange. Et faut icy noter en passant, que toutes^

5l6 LE QVINZIÉMK LIVRE,

les fois qu'vne partie n'est en son lieu naturel, on sentira tousiours douleur, iusques à ce qu'elle y soit réduite : et voilà que plusieurs meurent les intestins estant tombés ployés au scrotum par vne hargne , la matière fecale y estant endurcie , accompagnée de ventosités et inflammation, ne pouuant estre remis dedans le ventre, la matière regorge par la bouche, et fait la maladie nommée Miserere mei. Et quant aux signes des hargnes, il n'est pointicy besoin lesescrire, parce qu'il en a esté suffisamment parlé cydexiant, escriuant des hargnes.

Lesprognoslicsde la colique sont de deux sortes , les vns bons , les autres mauuais. Les mauuais se diuisent en deux, à sçauoir, en ceux qui sont dangereux, et en ceux qui sont mortels :

les bons sont, selon Auicenne', quand la douleur n'est pas pas fixe, c'est-àdire, arrestée en vn lieu, et aussi que les matières ne sont du tout retenues.

Les signes mauuais auec danger de mort, sont extrêmes douleurs, vomissemens continuels , sueur froide , et les extrémités 2, qui se font parce que le sang et les esprits se retirent au dedans du corps : hocquet continuel, qui se fait par la sympathie et continuité des intestins à l'estomach : aliénation d'esprit par communication de l'estomach au cerueau, et par conséquent conuulsion par transport aux nerfs.

Hippocrates dit que les tranchées et douleurs du nombril , qui ne s'appaisent uy par saignée ny puigation,

< Liu ;j. —A. P.

-J'ai respecté le texte, attendu qu'il est le même dans toutes les éditions; mais il faut évidemment lire : le refroidissement des exiremiiés. Le traducteur latin a mis : exlrcmiliilum refrifjeralio.

se terminent en hydropisie seichej, c'est-à-dire en tympanile

La cure sera diuersifiée selon les espèces et différences : car celle qui prouient de la pierre ou sable, se doit curer par les remèdes propres aux néphrétiques : aussi celle qui est faite par la hargne , par la reposilion de l'intestin : et celle qui est faite par le vice des vers, par medicamens propres à iceux , à sçauoir, par pelions ameres pour les faire mourir, et principalement s'ils sont au-dessus du nombril , faites de rheuba rbe infuse en eau d'absinthe , et autres choses propres à tuer les vers : et s'ils sont audessous du nombril , par clysteres faits de choses douces, à fin de les faire descendre et sortir par le siège. Si elle est causée par debilitalion et refrigeratiou des intestins et de l'estomach, ils seront roborés, tant par bons alimens que par application de choses chaudes sur l'estomach et sur le ventre, et par iniections des clysteres.

La colique qui est faite de pituite visqueuse et de ventosités , se commencera premièrement à seder la douleur, parce qu'il n'y a chose qui prosterne et abat plus les vertus que fait douleur. Et les tranchées sont causées de gros phlegmes visqueux, et de ventosités , lesquelles enflent et font [tension aux intestins : aussi que tels phlegmes ne peuuent entrer des orifices des veines mezaraïques dedans les boyaux sans donner des tranchées et extorsions. Exemple : Nous voyons des phlegmes fort espais iettés par les selles des coliqueux, qui ne peuuent venir de l'estomach , ny du dedans des boyaux, attendu que plusieurs vomissemens et assellations ont précédé, et n'eussent peu tant seiour-

' Aplio. d» liu. 4. — A.. I'.

OPEBATIOWS DE OHIRVRGIE.

lier là. 11 faut donc conclure qu'ils viennent d'ailleurs , lesquels faut qu'ils passent par les orifices des veines mezaraïques , non sans faire grande douleur : neanlmoins qu'ils n"y passent aussi gros que nous les voyons par les selles, car ils filent déliés au sortir, et depuis se ramassent et espaississent comme glaire d'œufs ' . Et, partant il faut faire des bains et demy-bains , fomentations , où il y entre mauues , guimauues , violiers, pouliot, fenoil , origan, semences de lin , fœnugrec, fleurs de camomille, melilot, et autres semblables , qui ayent faculté d'eschauffer, seicher, atténuer et raréfier le cuir, à fin que les vens soient dissipés : et doiuent tousiours estre actuellement tenus chauds sur le ventre. Et pour les remèdes topiques et particuliers , on frottera tout le ventre d'huile de camomille , d'anet , beurre frais , de chacun vne once, semence d'apion et petroselinum , galanga , de chacun demie dragme , et vn peu d'eau-devie, et huile de sauge, et de thym , extraites par quinfe-essence : ces remèdes fondent ces grosses humeurs , et les font couler plus facilement.

Autre de Houlier , qui afferme ce Uniment estre fort excellent et bien approuué :

:if. Olei rutae et nardi ana ô. vj.

Galbani cum aqua vitx dissoluli r>. ij.

Liquéfiant simul, adde:

Zibet. g . iiij.

Croci g . vj.

Fiat linimentum.

Semblablement seront appliqués sachets, où il y aura du mil , ou de l'auoine , du sel , fricassés en vne poile

> Tout ce passage depuis ces mois: Et les tranchées, a été ajouté en 1686.

auec vnpeu de vin blanc, puis appliqués tout chauds sur le ventre et sur les hanches , et renouuellés lors qu'ils se refroidiront : en lieu de sachets , on pourra mettre des vessies de bœuf, demies pleines d'vne décoction d'herbes résolu liues , comme sauge, romarin, thym, lauande, bayes de laurier, et autres semblables.

Cela fait, on baillera clystere tel qui s'ensuit :

^. Quatuor remoUitiuorum ana m. j.

Origani, pulegi, calami, ana m. 6 .

Anisi, carui, ana 3. j.

Florum anethi p. j.

Fiat decoctio in hydromeli. ad IB. j. In qua

dissolue :

Benedict. laxat. mellis anlhos. sacchari rubri, ana g . j.

Olei anethi et camomill. ana §. ft.

De ce soyent faits clysteres pour deux iniections , ii raison que les boyaux estans remplis, ne peuuent receuoir grande quantité de décoction.

Autre excellent bien approuué.

if. Vini malnatici', et olei nucis, ana 5 • Aquœ vitae g . j.

Olei iuniperi, vel olei rulhae 3. iij.

Fiat clysterium.

Et sera baillé le plus chaud qu'il sera possible , toutesfois sans brusler le malade : et faut que l'huile de genéure , ou de rue , soyent extraites par quinte-essence. le proteste en auoir souuent vsé moy-mesme auec heureuse issue , quasi comme chose miraculeuse à seder promptement vne véhémente douleur causée de ventosilés, et de matières crues et visqueuses.

Auicenne ordonne clystere carminatif , composé d'hysope , origan , achor, semence d'anis, cyperi, calam.

LE QVmZIEME LIVRE,

aroHîQt., gt diUim 8em|^J.aî)lgç cboses c|^au(Je9.

jLg pialiEKje doit yser de bonnes viftpdies pl faciles à digérer, cl bojiil- Ipns jiusquels seront mis moyeux d'çpyls, SijlTraH, fines herbes, et bon- Qps espices de ffipguellfl» et clou de girofle : et boire de bon vin généreux, ou majiuoisie , ou hypocras fait de JîOP vin , k Gr d'escbauffer l'eslomac et les intestins : par-ce que toute flatuosité prouient de chaleur débile, comme escrit Galien » : partant il faut vser de toutes choses chaudes.

D'auantage si la douleur persiste, il faut appliquer vne assez grande ventouse sur le nombril : car elle digsjpe les yents. Galien dit 2, que la ventouse est si admirable contre les flatueuses douleurs, qu'U semble estre vn enchantement , parce qu'elle les appaise promplement , à cause gvi'elîe dissipe et consomme les verits. Aussi il ne faut pulîlier à bien fort çgrrer le ventre, ai?ecques fortes et larges bandes , à fin de pousser les ventositésbors, etroborer les boyaux :

ce que les malades mesmes nous monstrent, parce qu'ils se pressent le ventre a]iec leurs mains , et mettent la teste entre les genoux. Et si la douleur persiste, nous vserons de remefles qui ppprenl par prpprieté occulte, fiQIppie inieslimm liçpi re^iccaiuni , 4)iqpel pulperisé pn dqnnei a à boire YPP dragPlP auec dp vip bb-ipc.

L3 çp^ique bilieuse est çe}}p qpi pypuientd'inPantîffia(iqp, laqpelledpipande rpmede^ contraires à celle qpi g§t faite de veptpsités et de crudilés. ï<e premier est la saignée , régime de ïipre réfrigérant : Poijqps de catholicum, casse, dissouls en eau d'prge :

ÇJy^tfjres rçl'rigerfiRS, ftpsquels seront

1 De symptom. causjg. — A. P.

2 Xu dernier chap. de la Méthode. —A. P.

casse , calholicura , dissoute en eau d'orge. En la grande douleur, Auicenne ordonne les narcotiques, pourci» qu'ils sont froids : ils contrarient à la cause de la maladie qui est chaude et SL'iche, comme sont les pilules de Philonitm, ou de hiere picre la quantité de 5 iiij. opij cl croci ana gran. j. fiant pi'ulœ cum vino. Aussi les bains faits d'eau douce , ausquels seront mises mauues, guiraauues, violiers, fleurs de nénuphar, laitues, pourpié, et autres semblables rel'rigerans , à On de corriger l'acrimonia des humeurs chaudes causans la maladie.

Celle qui est faite d'vne pituite sallée, acre, grosse, et glulineuse, il faut premièrement atténuer l'humeur , puis le fondre et l'attirer : qui se fera par remèdes chauds , pris tant par la bouche que par clysleres, et applications extérieures qui serontordonnées par le docte médecin.

Çurç de Iqcolique faite pq^refpniiQnde?

excréments, çt ^es replia f/es ioyçina;. ■

En icelle , Auicenne recommande les alimens qui ont vertu d'amollir le ventre , comme toutes espèces de bouillons humides , et entre autres celuy qui est fait d'vn vieil coq, qu'on aura fait courir long-temps , puis battu , et le faire cuire auec anet et polypode, et quelque peu de sel, iusques à ce que telle subslapce se resoude en eau. Faudra pareillement vser de clysteres détersifs, à quoy le mesme autheur se sert de çestuy cy :

:2f. Betœ m. j.

Furfiiris p. j.

Ficiium numéro %.

Allhaîa; m. j.

Fiatdecoct. ad tt. j. in quadissoluei

Nilri et inuriiE ana 3. ij.

Sacchari rub. g . j.

01ei sesam. 3 . ij.

OPERATIONS J

Et si l'obstruction est trop conlumace, il en faut vser de plus forts, ausquels on mettra du cyclamen et de la centaure, et de la bière diacolocin. ad ô '7 ,

Et si encore pour toutes ces choses le malade n'est allégé, et qu'il jette sa matière fecalc par la bouche , Marianus Sanclus , homme fort expérimenté en la médecine et chirurgie, dit auoir veu plusieurs qui estoient eschappés de l'iliaque passion (maladie mortelle ) en prenant trois liures d'argent - vif , auec de l'eau simplement : ce qui aduient , d'autant que par sa ponderosilé destourne l'intestin , qui esloit entors et replié , et pousse la matière fecale en bas, et fait mourir les vers qui pourroient auoir causé ladite contorsion '.

Maislre lean de Saint - Germain , iipolicairo à Paris, homme bien accompli en son art, m'a affermé auoir pensé vn gentilhomme ayant la colique accompagnée d'extrêmes douleurs, et pour s'en deffaire, auoit pris plusieurs clysleres, et autres choses ordonnées par doctes médecins: neantmoins tout cela, sa douleur ne cessoit point. Il suruint vn Allemand , son amy, qui lui conseilla boire trois onces d'huile d'amandes douces tirée sans feu , mixtionnée auec du vin blanc , et eau de paritoire : ce qu'il fil, puis lost après luy fit aualler vne balle d harquebuse faite de plomb, frotlée et blancliie de vif- argent (à fin qu'<;llecoulast mieux ) où bien tost après les jelta par le siège, el quant ©tquanlsa douleur fut du tout cessée.

Telle chose peut aider grandement h. la colique venteuse. En la colique

» Marlitnns Sanclus. — TJb. de casa et offtnsione. — A. P. — Je ne connais pas ce livre.

: CMIRVHOIE.

l'estomac souffre, et partant, aucuns disent auoir la colique d'estomach.

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