CHAPITRE LXVIIl
DES VEMTOVSES'.
Ventouses est vn vaisseau ventru qu'on applique sur le corps pour attirer violenlement. Il y en a de cuiure, de corne, de verre, de bois, de terre , d'or et d'argent : les vues sont grandes, autres petites (appelées petits cornets) les autres moyennes. Et s'il adulent qu'on ne trouuast des ventouses, on se peut aider d'vn verre ou gobelet, ou d'vn petit pot de terre. Elles sont grandes ou petites , selon la diuersilédes parties où elles seront appliquées. Or celles qui ont l'emboucheure estroite et qui sontlonguetles tirent de plus loing. On met dedans des eslouppes ou chandelles de cire allumées au cul d'icelles. Les petits cornets sont appliqués les ayant trempés en eau chaude , et après qu'on les a vn peu eschauffés à la flamme d'vne chandelle, onde lampe ayant grande flamme: ou par succer auec la bouche.
On applique les ventouses lors que Ion veut faire vacualion de quelque matière coniointe en vne partie, principalement quand elles sont auec sca-
du bistouri courbe, avec ce titre nouveau :
Lancettes courbées et toutes droites propres à saigner et à ouurir apostemes et faire autres incisions.
Enfin, elle a été reportée à ce chapitre à la date du chapitre même, c'est-à-dire en
' Ce chapitre, comme le précédent, date de 1575; toutefois, le premier paragraphe n'y a été ajouté qu'en 1585. 11 a été en grande partie emprunté aui annotations de Daicchamps sur le 41» chap. de Paul d'Bgine, chir. française , p. 231 et suiv.
OPERATIONS DE CHIRVRGIE.
rificàtion, et sont aussi appliquées pour faire reuulsion et deriuatlon en quelque partie, comme pour la defluxioii qui se fait aux yeux.
Ou les applique sur les espaules auec grandes flammes : car par ce moyen font plus grande altracllon.
Pareillement aussi sous les mamelles des femmes pour faire reuulsion de leurs mois , quand ils fluent trop, el sont trop pareillement appliquées auï plats des cuisses, quand ils ne çpujent assez : aussi aux morsures 4fis bestes vénéneuses, et buboqs , et charbons pestiférés , pour attirer le venin du dedans au dehors.
Cornélius Celsus veut que l'on applique la ventouse sus la partie dolepte que nous prétendons guarir, len faisant euacuation du sang et esprits flatueux imprimés en quelque partie.
Les ventouses s'appliquent sus le nombril pour résoudre vne grosse venlosilé enfermée en nos boyaux, ou en quelque autre spaciosité, comme entre quelque autre membrane des muscles de l'epigaslre, qui causent colique. Aussi sont appliquées sur le flanc dextre ou seneslre , quand au foye ou en la râtelle il y a tension douloureuse faite des venlosités , ou qu'il y hemorrhagie par le nez. On les applique aussi sus les reins et sus le ventre, jà l'endroit où sont situés les vreteres, pour faire descendre la pierre à la vessie , et sont appliquées plus grandes ou plus petites, selpp la ijecessilé.
D'auantage tu vseras des cornets comme des susdites ventouses, és lieux esquels les ventouses ne peunent eslre , pour leur grandeur, appliquées : desquelles t'ay voulu donper le portrait.
Vtiuiouses de diuene grandeur , ayatii de petits troua, lesquels seront bouschés de cire lors qu'elles seront appliquées : et quand on les voudra osier, on leur donnera vent par
iceux '.
Cornets de plusieurs sortes, auec les flammeties et lancette proprepour faire les scarifications '.
' Paré avait fait figurer sous ce titre quatre vpntûuses exactement semblatjies, si ce n'est qu'elles étaient de diverse grandeyr; il rn'a paru dès lors sutTisanl d'en donner une, d'autant p us qu'aucune des flgures originales n'élait de grandeur naturelle.
Ces premières ventouses avaient été tigiitrées d'abord dans le traité des Play es de Içt teste, en J5GI, fol. ibQ, versoj pui? , en lûG'i, dans les Dix Hures de chir\^rgie, page tG2.
^ Ici surtout Paré avait multiplié les fi^
5^4 LE QVmzililVII' LIVRK ,
Cornets qui attirent sans feu, mais par le be nejice de la bouche, en retirant son haleine '.