DES SANGSVES, ET LE MOYEN D'EN VSER
La sangsue est vn ver aquatique, de figure d'vn ver de terre. Au bout où est la teste , elle a vn trou rond comme celuy d'vn lamproyon, et
gures de ses cornets ; il n'y en avait pas moins de huit, luxe d'autant plus inutile que d'abord ils se ressemblaient tous, mais surtout que plusieurs étaient même représentés avec des dimensions égales. Ces figures avaient paru d'abord dans les Dix Hures de chirurgie, 1664, page 70 (voyez ci-devant la note 2 de la page 200), en même temps que les flammettes. Quant à la lancette, c'est la mèmi- que la lancette à saigner, représentée à la page 622, à part les ornements du manche, pour lesquels j'ai voulu la conserver.
» Ces trois cornets, fort différents des précédents, avaient été figurés pour la première fois dans le magasin d'instruments qui termine les Dix Hures de chirurgie, p. 226.
3 Ce chapitre existait en partie dans les deux éditions de 1675 et 1670: mais ce n'est
trois petites dents ou aiguillons, auec lesquels elle perce la peau, non seulement de l'homme, mais aussi d'vn cheual ou d'vn bœuf, et s'y attache et succe, et se remplit de sang.
Il y en a qui sont venimeuses, et sont celles qui ont grosse teste, de couleur verdoyante , et reluisent comme vers ardans, et sont rayées de bleu sur le dos, ou toutes noires.
Aussi sont venimeuses celles qui viennent es marets, et aux eaux bourbeuses, et engendrent inflammation, aposteme, fleure et malins vlceres, voire souuent incurables.
Les bonnes sont celles qui sont de couleur de foye , menues , rondes , ayans petite teste, le ventre rougeastre, et le dos verd et rayé de couleur d'or par dessus , et qui habitent és eaux claires et coulantes. Apres les auoir prises , il les faut garder enuiron vn mois et plus, à fin qu'elles se desgorgent de leur baue et ordure, et leur changer d'eau souuent : par-ce que aucunesfois elles se seront ietlées sur quelque beste morte et charongneuse : et qui les appliqueroit sans estre desgorgées, elles pourroient imprimer quelque venin à la partie.
Partant il les conuient faire desgor-
qu'en 1685 qu'il a acquis toute son étendue. Les trois premiers paragraphes relatifs au choix des sangsues sont de cette date; de même que le dernier, qui, au reste, n'a nul rapport au titre du chapitre. Le reste est de
Ce chapitre se lit d'ailleurs avec un certain intérêt; la section du corps de la sangsue pour la faire mieux tirer, les manières d'arrêter le sang , ne se trouvent pas dans Guy de Chauliac. Paré n'en était pas pour cela l'inventeur , et il a pris presque tout ce qu'il en dit dans les annotations de Dalechamps sur le chap. il de Paul d'Egine, Chir, françoise., page 239.
OPKRATIONS DE CHIRVRGIE.
g:er et vomir leur ordure auparauant que les appliquer.
Or on les applique aux endroits du corps où les ventouses et cornets ne peuuent tenir, comme au fondement, pour rompre la tunique des veines tiemorroïdales, à l'entrée de la vulue, aux genciues, léures, nez, et sur les doigts. Si on veut faire grande euacuation de sang, après que la sangsue est tombée, si le lieu le permet, on appliquera des ventouses ou cornets, ou bien on en remettra d'autres.
Il fau tnoter que si la sangsue est maniée à main nue, elle se rend desdaigneuse et despiteuse, et ne veut pas mordre : parquoy quand on la veut appliquer , on la prendra auec vn linge blanc et net, faisant auparauant sur la partie petites scarificaiions ou mouchetures, ou bien sera mis sus quelque peu de sang tiré de quelque beste : par ce moyen elle prendra plus facilement.Et pour la faire tomber, on jette sus sa teste de la poudre d'aloës, du sel ou de la cendre : et estant tombée, si l'on veut sçauoir combien de sang elle aura tiré, on la mettra dans vn vaisseau , et sera couuerte de sel broyé bien menu, et soudain elle vomis t tout ce qu'elle a succé. Et qui la voudra faire tirer dauantage , auant qu'elle lasche prise et desmorde, il la faut couper d'vn cizeau par en bas vers la
troisième partie de son corps : en ceste façon elle tire tousiours, et le sang qu'elle attire découle par son corps.
Or la sangsue par son succement a( tire du profond et parties voisines ; et non seulementde celle qui est malade sur laquelle elle est appliquée. Ce qui est manifeste à voir, à raison qu'estant tombée, il sort bonne quantité de sang et par longue espace de temps par la morsure, encore qu'elle soit petite, joint que difficilement on l'estanche : ce qui ne se fait par les scarifications et applications de cornets et ventouses. Si on ne pouuoit estancher le sang après la morsure, il faut appliquer la moitié d'vne feue :
la tenant et pressant dessus , iusques à ce qu'elle y demeure attachée et adhérente , infailliblement cela retient le saug : ou bien y appliquer du linge brusié auec compresse et ligature propre.
le ne veux Jlaisser en arrière a ne autre opération, qui se fait par pointure ou piqueure auec vne espingle ou aiguille, ou par la pointe de la lancette, ou par la piqueure des sangsues. On pique les petites aposlemes és membranes de l'œil, pour abattre les cataractes , ou pour euacuer le pus, appelé hypopyon, contenu entre les membranes de l'œil : ou appliquer vnseton, ou faire sutures à coudre les playes et autres.
LE SEIZIÈME LIVRE
TBAITANT
DE LA GROSSE YEROLLE
fiîTË MALADIE VENERIENNE, ET DES ACCIDENS QUI ADVIENNENT A IGELLE
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