‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 328 sur 482 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DE l'eLECTIOX, PIIEPARAÏION, ET MIX- TION DE l'argent-vif

Le meilleur est clair, subtil , blanc et fluide : et celuy qui est terne, non

' Ces mots •• De peur quête malade, etc., tlatcntseulemenlderédltion posthume de 1598.

* L'édition de 1675 contenait ici un cha-

fluide, est meslé auec du plomb, et falsifié. Or pour le bien nettoyer, on le fera passer au trauers d'vne peau de mouton , et en pressant pénétrera au trauers de ladite peau par sasubtililé, et y laissera sa substance grosse etplombine puis on le fera boiiillir en vinaigre auec sauge, rosmarin, thym, camomille, melilot, après sera derechef coulé : et estant ainsi préparé, on le pourra mesler auec les onguens et emplastres. Et pour le bien esteindre, le faut long-temps agiter et battre en vn mortier, à fln de le séparer en parties tenuissimes, pour lui oster le moyen de se reiinir en son premier corps : et pour mieux ce faire on adioustera vn peu de soulphie et subhmé , comme dirons cy après. Le plus souuent on le mesie auec axonges de porc, ausquelies on peut adiouster oleum ttrebenthinœ, nucis moscatœ, cartjophyllorum, saluiœ. Si auec icelle maladie il y auoit leucophlegmatie , il faut adiouster remèdes chauds, attenuans, incisifs, et dessicalifs au médicament dont la friction sera faite, et lors qu'il fau dra pénétrer iusques en la substance des os. Au contraire , si c'est à vue température bilieuse , et que l'on voit les humeurs chauds et ténus presls à s'enflamber, nous y adiousterons medicameus moins chauds , attractifs et résolutifs. Aussi quand l'on verra des nodosités, scirrhes ou resiccation générale de tout le corps, on y meslera des remollitifs et humectalifs K

pitre entier intitulé : De ta propriété de l'argeni-vif, qui a été retranché des suivantes. Ce n'est toutefois qu'un changement de place, et nous le reliouverons notablement augmenté à la tin du livre Des veiiin.s.

' Ce paragraphe est extrait de l'article i9c la preparaiioii de l'argent-vif de Thierry , p. 144 à )49. Je noteraicependantqueThier-

Or pour donner consistance à tels lininiens , l'ay coustume y adiousler pour liuie quatre, cinq, ou six moyeux d'œuTs durcis, et par tel moyen le médicament acquiert vne bonne consistance.

Exemple du rnèdicdmént de dé Vigé.

if. Axufigiaî porci ft. j.

Olei camom. ànet. rriast. et lauri aria §. j.

Stiracis liqiiidœ 3. x.

Radicum enulje campanœ parum côntritœ , radicum ebuli ana Pul. euphorbij 3, 6 .

Vini odoriferi Ib. j.

BulUanl omnia simul vsque ad consumpt.

vini, deinde colentur, cui colalurœ adJe: Lilharg. auri § . vj.

Thuris, mastiches atiâ. 5. vj.

Resiiiœ pini § . j. Û .

TherebCnliiiœ Venela? § . j.

AigeiUi viui § . iiij.

Ceraî alba) g . j. fi .

LiquefaCtis oleis cum cera incoiporenlur omniti sirnu), flat linitnenlum ad vsum.

Autre.

1^' Argent! Viiii ptaeparati § . vj.

Sublimai. 3. fi .

Sulphur. viui g . fi.

Axurigiœ porci sal. éxpertls fli.j.

\iti'llos ouorum sub cinerib. coclor. iij. Olei lerebinlh. et laurini ana § . ij.

Fiat linimenlum vtarlisest.

LE SEIZIIÉME LIVRE

Le moyen de le faire sera en ceste manière : Premièrement vous pulueriserez subtilement le sublimé et le soulpbre : puis mettrez vne portion de

ry ne fait point mention de l'épreuvedu mercure par la peau de mouton. Tout le reste (lu chapitre estétrangerà l'œuvre de Thierry.

Oa voit par la comparaison des renvois à cet ouvrage que nous sautons ici 43 pages consacrées par Thierry à établir les propriétés de l'argeiu-vif. Paré en avait cependant tiré parti; mais il a ensuite renvoyé son extrait à une autre place. Voyez la note précédente.

vif-argent, ensemble vn peu d'axonge, puis vn morceau de moyeu d'œuf, en remuant le tout fort dilig-emment :et le tout esl.itilbicn incorporé, adiousteniz encores autant de vif-argent , d'axonge et d'œuf, iusques à ce que tout soit bien incorporé , et sus la fin adiouslerez vos builos, en agitant le tout ensemble l'espace d'vn iour :

par ainsi aurez vn onguent de bonne consistance, duquel i'ay plusieurs fois vsé, auec bonne et beureuse issue. Ladile axonge doit cuire auparauant auec les herbes neruales, comme sauge , rosmarin , Ibym, marjolaine , lauande , et autres aromatitiques, selon que l'on pourra recouurer' : l'axongc par telle cuisson, est rendue plus subtile etconfortatiue des parties que la verolle offense.

Les onguens se font pour attirer la matière virulente du dedans au dehors, parles pores du cuir, par sueur, et par insensible transpiration : parquoy ils doiuent estre reiaschans , rarefactifs , et attractifs. L'axongede porcy est fort propre , parce qu'elle relascbe, amollit, et resoult facilement le vif-argent. L'huile laurin , d'aspic, rue, y sont pareillement bonnes , à cause qu'elles rareflent et digèrent, et sedent les dculeurs. La térébenthine y est aussiforl commode, à raison qu'elle suffoque et esleint le vif-argent , escbauffe modérément , digère et euacue, et robore les parties nerueuses. Le vif-argent est le vray antidote de ceste maladie, parce qu'il la cure en quelque sorte qu'il soit appliqué : il esmeut les sueurs, desseiclie, à cause de la ténuité de ses parties. C'est le furet '\ et le vray alexi-

' Le chapitre linissaitici en 1575; tout le reste est de 1579.

• Les édition» do 1579 et 1585 portaient

DÉ LA GROSSE VEROLLE

tere de cestè maladie et accidens, pourueuqiie le cliirurgien en sçache vser methodiquemenl.

5'ensuit vn onguent pris de la pratique de Rondelet , au Traité de la verolle, propre pourseder les douleurs de teste et des iointures. Or il sede les douleurs en eschauffant la matière Véronique , en la fondant et en euacuant par sueurs, par flux de bouche, et flux de ventre.

■if. Quatuor vnguentorum calid.' ana q. s. Aiungi» poici, olei laurini, anetbi, irini ana 5 . ij.

Olet (le spica 3 . j. Argenli viui 5 . vj.

Terebenlhinœ lolœ in aqua vilœ §. ilj.

Fiat vnguenlum.

S'il y a des nodus, on appliquera dessus cesle emplastre :

5f. Emplastri de Vigo cum mercurio duplicalo § . iiij.

Pul. euphorbij et iris ana g.j.

Le tout malaxé auec térébenthine lauée en eau de vie : et soit appliqué sur les nodus.

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