‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 327 sur 482 · LA SECONDE MANIERE DE CVBER L.\ VEROLLE, PAR FRICTION · texte numérisé non relu

LA SECONDE MANIERE DE CVBER L.\ VEROLLE, PAR FRICTION

La seconde manière , qui est l'onction ou friction, est la plus certaine et nécessaire à la cure de ceste maladie, non toutesfois en toutes les espèces et dispositions d'icelle, ny en tout temps. Car où la maladie seroit inueterée, faite d'vn humeur lent, gros , visqueux , et adhérant aux parlies solides, comme nodosités aux os, lors tant s'en faut que la friction immédiatement en tel cas soit commode,

' Ce paragraphe date seulement de 1585.

^ Ce chapitre est calqué sur l'article de Thierry qui porte le même titre, et qui s'étend de la page 9fi à la page 101. Toutefois Paré s'écarte quelque peu de son auteur; ainsi Thierry itrépare ses malades avec la décoction de gaiac, dans laquelle même il fait bouillir leur viande; il reconmiande en outre des bains, puis des frictions de médicaments gras et onctueux, en évitant d'y ajouter du mercure; et enfin quelquefois il fait précéiler ces frictions préparatoires par les esimiex seiches.

Les indications qui doivent faire cesser les frictions mercuriellcs ne se trouvent pas dans cetar("('lr' de Tliierrv.

DE LA GROSSE VEROLLE

que mesmeson poiirroit tuer le malade, si auparauanl on n'auoit amolli , diger(^ et préparé l'humeur, auec les emplastres de Vigo : mais quand elle est récente, anec douleurs mobiles, et plusieurs pustules et vlceres à la gorge , et parties honteuses , on se passera de telles choses , principalement si on connoist la matière estre préparée. Et se faut garder de mettre le malade pléthorique à la friction , (leuant que le corps soit bien purgé des excremens, à fin qu'il ne soit fait plus grande attraction que ne peut estre euacuée par la sueur. Qu'il soit vray, a on veu plusieurs qui après les onctions ont eu grandes douleurs, et leur sont suruenus des nodus, n'en ayant iamais senti auparauant: parce que la maliere la plus subtile auoit esté résolue, et la crasse esloit demeurée et auoit esté attirée aux parties extérieures , et non euacuée.

Donc après les choses vniuerselles, faut venir à la friction , laquelle sera continuée tant qu'il suruieime fiuxde ventre, et auec ce l'haleine du malade sera fétide , et les genciues enflées, et la langue. Telle chose monstre que la pituite est enflammée.

Parquoy faut cesser la friction , et changer de linceuls et de chemise, de peur que le malade n'eust trop grand flux de bouche K

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