CHAPITRE XV
CVKATION DES SYMPTOMES, OV ACCIDENS DE LA MALADIE VENERIENNE OV VE- BOLLE : ET PREMIEREMENT DES VL- CERES DE LA VERGE 2.
Il se fait à la verge vlceres calleu ses et malignes : et celles qui naissent
' Cette dernière formule , avec la phrase finale, a été ajoutée en 1586.
' Thierry de Héry a un premier article, p. 176, intitulé : Curaiioii des symptôme.^ ou accidents de la maladie venerieunc ou vairolle; et un autre, page 176, allant jusqu'à la page S0(), et qui traite Des vlceres de la verge.. On voit que Paré le suit a la trace, au moins pour l'ordre des matières; car, celte fois, il abandonne complètement le
DE LA GRO
sur le gland, le sont moins que celles qui naissent sur le prépuce, et sont rebelles aux medicamens comnauns aux vlceres faites par autre cause , et sonnent se terminent en g-angrene, en sorte que plusieurs y perdent la teste de la verge, voire tout le corps, comme auons dit cy dessus, faute de recourir à l'alexipharmaque , qui est le vif-argent. Toutesfois ie suis d'aduis que l'on commence premièrement aux remèdes communs et propres à la curation des vlceres : car toutes vlceres qui viennent à la verge par le coït, ne sont pas verolliques. Mais après auoir vsé de plusieurs remèdes, et que l'on voye l'vlcere cheminer et
texte et la doctrine de Thierry. Cela est à regretter, peut-être du moins pour le premier article, dans lequel Thierry commence par établir trois ordres de symptômes véroliques; je pense qu'on lira avec un grand intérêt ce passage si remarquable.
« Les symptômes ou accidens communs de ceste maladie, dit Thierry, sont plusieurs, desquelz les vns précèdent, les autres suyuent, les autres suruiennent.Geulx qui précèdent sont vlceres de diuerse nature en la verge, ardeur d'vrine ou pisse chaulde, bubons ou poulains : lesquelz seront dicts précéder, pource que, encor qu'ils soyent equiuoques, et puissent aduenir et non aduenir .sans ou auec contagion d'icelle maladie, ont neantmoins (le plus souuent) accoustumé de les précéder, et seruir quasi comme d'aduant coureurs.
» Les autres, que nous appelons suyuants ou consequutifz, sont pustules et vlceres naissans par tout le corps, principalement aux parties honteuses, au siège, à la bouche, à la gorge, à la teste, au front et aux emunctoires. Pareillement chute du poil, communément dicte pelade, douleurs articulaire, souuent mobiles, aussi (mais peu souuent) tophes ou nodositcz.
• Les derniers, que nous appelons suruenants, ou extraordinaires, qui naissent
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ne voulant céder à nul médicament , alors on doit venir à ceux ausquels entre le furet, pour obuier que le venin n'occupe toute l'habitude du corps.
Les remèdes que l'on doit appliquer, faut qu'il ayent faculté d'obtondre l'acrimonie de ce virus , comme ce collyre de Lanfranc' :
:!f. Vini albi ft j.
Aquae rosar. et plant, ana q.
Auripig. 3. ij.
Virid. iEris 3. j.
AUoës, myrrh. ana 9 . ij.
Terantur sublilis. et fiât collyrium.
Aussi on les pourra toucher d'eau
après les imparfaictes et non méthodiques curations (cause des recidiues), sont douleurs fixes de toute la teste ou d'vne partie d'icelle, des bras, des iambes, principalement auec nodositez, ou souuent sont les os cariez et corrorapuz, vlceres virulentz et phagedeniques, communément dictz ambulatifz, scissures ou dartres aux mains, piedz et autres parties du corps, vice prouenant de chascune des concoctions, auec marasmation et amaigrissement d'iceluy. »
N'est-ce pas là la doctrine moderne des accidents primitifs, secondaires et tertiaires? Jean de Vigo avait bien distingué la vérole commençante et la vérole confirmée mais il n'avait pas classé les symptômes en trois séries ; et d'ailleurs sa description n'est pas aussi exacte que celle de Thierry, soit que la syphilis eût véritablement changé de forme, comme le veulent certains auteurs, soit qu'on la confondît alors auec d'autres affections. Notez aussi cette distinction lumineuse que faitThierry entre les symptômes primitifs qui peuvent se produire en dehors de la vérole aussi bien que par l'effet de la vérole même, et dites si son livre mérite le mépris avec lequel plusieurs bibliographes en ont parlé.
' Thierry de Héry recommande aussi ce collyre, p. 19!) de son livre, mais sans l'attribuer ùl Lanfranc.
LÉ SÉIZI^iVIE LIVftE
dé sublimé , ou d'eau fort qui aura serui aux orféures , dite eau bleuë:
ou bien on y appliquera vn peu de poudre de mercure , ou de nostre aegypliac : et pour prouoquer la cheule de l'escarre , on vsera de basilicon ou beurre frais. Tels medicamens acres seront appliqués auec discrétion , de peur de gangrefte et mortification , qui souuent vient à ceste partie.
Et où la pertinacité et rébellion de ladite vlcere viendroiént de la véhémence du virus veroUique, en sorte qu'ils ne voiilsissent céder aux remèdes susdits, alors faut faire friction diix aines , petineiim ^ et atisdites vlceres , auec les onguens prescrits pour la friction. Aussi on pourra faire parfums , comme auons dit cy dessus : ce faisant, on verra la malice et acrimonie de l'humeur estre abattue , les duretés amollies, et les vlcerés quasi se desseicher, et mondiûer êt Cbhsolidér.
Ôr quelqliesfois après la curation ét cicatrisation deSdites vlceres , en aucuns s'ensuiuent signes apparens de la verolle , comme douleurs nocturneSi pustules, lesquelles ne se sont apparues auparauantla curation desdites vlfcerès, parce que le virus auoit issue par icellesi, et estans closes, le VirùS se manifeste par les autres toyes : à telles faut vser dé la frifciiorl Vniuéf selle
Icy ie veux aduertir le ieune chirurgien , que s'il adulent qu'après auoirrenuersé et descouuert le gland
' M s'atrétait lé chapitre datis loulcs les é'ditlbns jiubliées du vivant de l'auteur; et le long paragraphe tjui va suivre sur le paraphimosis est Uhe addition posthume qui se ' lit pour la première fois dans la cintiuiémc
pour penseï' les vlceres qui naissent entre le prépuce et le balanus, le I)repUce ne peut plus retourner en son lieu : ce qui aduient aussi souuent à quelque follastre ieune marié trouuàlit la pat-tie génitale de la femme auguste et fort estroile, voulant entrer au charnp de bataille comme par force, descouurelegland, et renuerse en haut le prépuce , de façon qUe souuent ne se peut rabattre pour couurir le gland : il se fait vne inflammation et gangrené. Donc pour sauuer la vie dudit combattant, il conuient entieiement couper lecultiueur du champ de nature humaine.
Librement ie confesse y auoir esté au- Iresfois bien empescbé, mettant fomentations, cataplasmes , et emplastres résolutifs et relaxatifs : pour tout cela ie n'auançois rien , au contraire la tumeur et douleur s'augmentoient.
Estant à Milan, deuisant auec vu vieil chirurgien, il me dit qu'il falloit bassiner le petit ventre et parties génitales d'eau fort froide , et espreindre toute la verge aùéc la main assez fort : par ces choses les parties se retirent au dedans et fleti-issent : puis faut retirer le prépuce en son lieu, ce que i'ay fait plusieurs fois auec heureuse issue. Et si la tumeur du prépuce est si grande que ces remèdes n'y eussent point de lieu , alors faudroit faire des scarihcations tout autour. Car par icelles les veuls se resoluent, et le prépuce se relasche,qui fait qu'après on le peut plus facilement réduire.
édition. Ce long oubli où Paré avait laissé le procédé intcressani. du chirurgien de Milan est d'autant plus singulier, qu'il avait, dès l/)"5, traité du paraphimosis au chapitre 3> du livre Des opérations.
DE LA. GROSSE VEROLLE