‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 338 sur 482 · SOMMAIRE DE LA CVUE DE LA GONORRHÉE · texte numérisé non relu

SOMMAIRE DE LA CVUE DE LA GONORRHÉE

Il faut appeler vn docte médecin qui purge et saigne le malade , s'il en est besoin , et qui luy ordonne son régime, luy défendant (si telle gonorrbée vient d'abondance excessiue de sang et matière séminale 2) toutes choses qui engendrent grande quantité de sang, augmentent la semence, et prouoquent àcoït : semblablement l'vsage du vin, s'il n'est petit et austère : l'aduertissant de fuir la fréquentation des femmes, mesmement de les voir en peinture ou autrement représentées, nommément celles à quilemalade porte quelque affection.

L'exercice véhément leur est bon ^, et porter pesans fardeaux iusques à la sueur: baigner en eau froide, dormir peu,etappliquersurles lombes, et autour des parties génitales, vnguenlwn rosalum rcfrigerans et niUritum : puis

' Ce chapitre, dont il n'existe pas de trace • dans l'ouvrage de Thierry, est presque lilléralementle môme que le chapitre 4 du livre Des chaude s -pisses, de 1564.

' Cette parenthèse a été ajoutée en 1575.

3 C'est là le texte de toutes les éditions faites du vivant de l'auteur; la traduction latine dit de même : exercilia valida prosuui -, c'est pourquoi je l'ai substitué à celui de la cinquième et des suivantes, qui portent : l'exercice médiocre. Je dois dire aur.si que j'ai rétabli dans le texte ces mots : ei porter pesiiiis fardeaux iusques à la sueur, qui existent dans toutes les éditions du vivant de l'auteur, cl qui manquent dans les éditions posthumes.

DE L/V GRO

par dessus vn grand linge trempé en oxycrat, et sonnent le renouueller, comme il est dit cy après. Car si elle est causée par debilitation de la faculté retenirice des parties génitales, singulièrement pour auoir trop vsé de l'acte vénérien, il faut vser de choses roboratiues et astringentes : et sur tout euiter les femmes , voire les mettant du tout en oubly, iusquesà ce que les malades soient restaurés et entièrement guciis.

Il te suffira de ces remèdes généraux pour la curation de la gonorrhée , attendu qu'amplement la guerison d'icelle est traitée dans les doctes commentaires des médecins et chirurgiens, tant anciens que modernes .et aussi que ma principale intention est de te donner seulement les remèdes de chaude-pisse : la curation de laquelle, tant générale que particulière , sera cy après déduite.

CflAPlTKE XXI.

CVRATION GENEIîALE DE LA CHAVDE-PISSE K

La cure sera changée selon la diuersité des causes et accidens.

Pour les choses vniucrselles , faut que le patient tienne bonne manière de viure, et qu'il euile toutes choses

' Ce chapitre est le cinquième du livre Des diaudes-pisses dans l'édition de 16G4. Paré y a emprunté quelques idées de Thierry deHéry; mais cela se réduit à fort peu de choses, et le chapitre peut passer pour original. Il est à remarquer surtout que Thierry parle à peine de la térébenthine, que Paré préconise si fort et dans son texte et dans une note marginale, où il ladéclarc excellent remède à la cliuude-pifise.

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qui eschauffent le sang, principalement tous alimens flatueux, diurétiques , et violens exercices : qu'il soit purgé et saigné , principalement si le mal procède de repletion. Il doit fuir l'habilatiori desfemmes, si ladite chaudepisse n'estoit venue du défaut de coït : il ne se doit couchers urvn lit de plume , mais sur vn matelas , ou vnc molle paillasse, sur lesquelles on mettra vn drap en plusieurs doubles à l'endroit de la région dès reins : et s'il lui est possible , ne doit dormir ne coucher aucunement sur le dos. Il mangera ses viandes plustost boiiillies que rosties , cuitles auec ozeille , laitues , pourpié, et quelque quantité d'orge mondé, et des quatre semences froides concassées. Pour saulse , se doit contenter de jus de citron , d'oranges , grenades, ou do verjus. Il s'abstiendra de vin, en lieu duquel vsera d'eau d'orge, de ptisane, de bouchet, ^o/ifs diuinus, ou bien de l'hippocras d'eau , auec vn bien peu de canelle. Au matin prendra quatre heures auant que manger ^ , vn orge mondé, auec lequel aura cuit vn petit noiiet plein des quatre semences froides concassées, vn peu de graine de pauot blanc , pour ce qu'il rafreschit, adoucit, et deterge. Pareillement vsera quelquesfois du syrop de guimauues , ou de capill. veneris : par fois d'vne demi-once de casse seule , à laquelle aussi de fois à autre on pourra adiousler vue dragme de rheubarbe , ou demie dragme en poudre , selon l'exigence du cas , ou bien de ces pilules ^ :

' Edition de 1564: deiix heures auant que manger.

' Cette formule manque dans l'édition de 1Ô64.

562 LE SÉlZliîlV

Massac pilul. sine quib. 0 . j.

Rliei clccli 5. H. .

Campli. g . iiij.

Cum leiebenth. lormenlur pilulic seplem deuorandœ post primum soinnum.

Siémbiablement la terebenilune de Venise seule , ou auec rheubarbe eu poudre , ou auec huile d'amandes douces recentement tirée ,çt sans fei^, ou auec dudit syrop de ca^ill. veneris , estvn remède souuerain et singulier, parce qu'elle a -vue Ires-grande vertu (C^'àdoucir et mondifier , et qu'^elle aide grandement la vertu expuUrice à pousser hors la matière virulente et infectée contenue auxjprostates : considéré aussi qu'à causé cîe son amertume, elle est fort contraire à pourriture : outre lesquelles vertus elle a jesgard aussi par une jîrbprielé occulté sur les reins , et les autres parties dediétîs à l'vrine : ce qui se connoist tant |)ar son efl'ect, que par l'odeur qu'elle délaisse ëii l'vrine après que l'on en a vse.

El s'il y auoit qiiéique patient , cbbame il s'en li'ouuë , ijùi ne jpèust aucunement prendre en Uolus ladite Ttéi"ebenlhine (en la façoii que l'on la baille ordinairement) il est aisé de la rendre potable en la deslrempant dans vn mortier auec tin peu iiè iàiine a'œuf et de vin blanc, l'ayant premiei-ement lauée auec p tisane : ce que i'ày sceu d'un Apothicaire , qui càchoil ice moyen de la rendre potable icpiTime vii grand secret , que ié n'ày voulu oublier à escrire : parce qii'e le sçày que jîgu de personnes pensent que l'on la puisse faire aisée à boire , attendu sa glulinosité et espaisseur.

Semblablement la lexiue faite de paille de féue , est excellente pour mondifier les reins, et vaisseaux spermatiques et vreteres. La quantité sera de deux ou trois onces, auec vne

IE LIVllE,

dragine de miel rosat, ou autre semhlânie, pris deux heures au matin (Icuanl manger. La lexiue de sarment fait le semblable, donnée auec sucre rojsat 1.

Cèhç qui vient d'inanition se guérira par inieclions grasses, huileuses et remollientes : jjar bi-euuages et applipatioiis de choses de mesme effet , fuyaiit les causes qui ont engendré le mal. De celle qui vient de contagion, nous en allons traiter amplement 2,

Te pouuant asseurerque l'on a veu par les reniedes susdits , grand nombre de malades de chaude-pisse recouiir'er guerison : neantmqins, à lin que nous n'oublions rien de ce que nous auons délibéré de traiter, ayans fait les choses yniuerselles , nous viendrons aux particulières.

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