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CHAPITRE XIX

DV PROGNOSTIC DES CHAVDES-PISSES 2.

La pisse-chaude ne se doit négliger, pour ce que plusieurs pernicieux accideus en aduiennent (comme nous auonsdit) et en quelques-vns est incurable, qui iettent perpétuellement vne sanie virulente, laquelle fiiit

' La chaudc-pisse souuent amcine la veroUe, el se peut dire verolle piirticulieve. — A. P. — Celte note marginale se lit déjà, en partie du moins, dans l'édition de mais les mots soulignés ne datent que de l'édition pQslluimc de 1598.

' Ce chapitre est textuellement le même que le chapitre ;i du livre Des clumcles pisses de 15G4, sauf une intcrculalion qui sera notée. En conséquence, qi^and l'auteur parle du fait qu'il a vu naguercs, ce molnaguercs *e rapporte à la date de 16G4.

quoiquesfois vno entière suppression d'vrjne, in cause que les prosjîjtes et tout le col de la vessie s'enflent et enflammcut, tant par le coït que par l'vsîige des viandes chaudes et vaporeuses, oi| par trop grapd exercice, comnie est celuy de la poste : aussj par le changenient des lignes. I)e l{>r quelle suppression la mort s'ensujt aucunesfojs : i^insi que u'^gueres i'ay veu aduenir à vn quidarn , qui ayapt porté yne c^iaude-pisse dix ans et plus , la garda iusques à la mort.

Cest homme , après auoir fait quelques excès violents , ne failloit incoptinpnt d'estre pris d'vne suppression d'vnne , au moyen de laquellp ne pouuoit vriner sans le beneliçe (î'vue sonde qu'il portoil tpuiQurs auec lny. Or ne pouuant vn ioijr la mettre iusques dans la vessie, m'enuoya quérir pour le faire pisser : ce que ie ne peu faire, ores que l'employasse tops les remèdes à moy possibles , qui fut cause de sa mort : laquelle aduenue, ie priay sa femme me permettre de l'ouurir : ce que volontiers elle m'accorda. le trouuay sa vessie toute pleine d'vrine el fqrt estendue , les prostates grosses , enflées , vlcerées , et toutes pleines de pus semblable à celuy qu'il ieltoit pendant sa maladie.

Parquoy i'ose conclure i, que ce pus qui vient des chaudes-pisses est fait dedans la substance des glandes prostates , et non des reins : ce qu'aucuns ont estimé, et voulu affirmer, ie ne veux neantmoins icy nier que les reins ne s'apostement et se consument entièrement, iettans semblablement grande quantité de pus; loulesfois les accidens ne sont pareils à ceux des chaudes-pisses.

' Edition de lô6i dure.

parquoy i'ausaij con-

56o LE SEIZIÉI

Les vieilles chaudes-pisses est une verolle particulière : partant pour sa cure faut le furet K

Or l'vlcere qui est au col de la vessie et à la verge, est facile à discerner d'auec celuy qui est au corps d'icelle , par-ce que s'il est en la vessie, la sanie sera naeslée auec rvrine,et y aura de petites membranes ou filamens:

l'odeur en sera fétide et acre, et n'aura le patient si grande douleur. El notez que ie dis si grande, pour-ce que lors qu'il y aura vn vlcere aux prostates ou conduit vrinal, lousiours on sent douleur à l'extremilé de la verge, pour-ce qu'en toutes extrémités le sentiment est tousiours plus aigu et exquis , et principalement à la verge. Et si auec ce le pus sort deuant l'vrine, selon Galien liure 6, chap. 6. De locis affectù '^.

Or ayant amplement discouru les signes et différences , tant de la gonorrhée que de la chaude-pisse , il

' Cette phrase étrange manque dans l'édition de 15G4; mais elle se lit déjà comme ici dans celle de 167.'). Jusqu'en i;>86, Paré n'y avait point ajouté d'explication; mais, dans sa quatrième édition, il mit en marge cette note explicative :

L'auteur appelle le vif argent furet , parce qu'il eslrangle et fait sortir la verolle hors de sa tasmere.

Celte bizarre métaphore avait déjà été employée .'à la fin du I" chapitre de ce livre.

' Celte dernière phrase a été ajoutée seulement dans l'édition posthume de 1598 au texte précédent, qui est celui de l'édition de 1664; mais il est fort singulier que ce texte primitif ail été altéré dans toutes les éditions complètes faites du vivant de l'auteur, pour être rétabli et augmenté dans la première édition posthume. En effet, dans toutes celles qui se sont succédé de] 1575 à 1585 inclusivement, le paragraphe s'arrête après les mots : l'odeur en sera fétide et acre.

Du reste, Thierry de Héry n'a rien fourni à ce chapitre Duprognostic.

E LlVItE,

conuient maintenant traiter des remèdes concernans la guerison de Tvn et l'autre mal, et commencer à la gonorrbée.

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