‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 343 sur 482 · CHAPITRE Xjy · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xjy

DV PROGNOSTIC DES CAUNOSITÉS, ET DE LA CVKE d'icELLES^.

Lors qu'il y aura commencement de carnosité, le plustost qu'il sera possible la conuiendra curer : car elle croistroit de iouren iour, et ne seroit aucunement guérissable par nature. La suppression entière de l'vrine, et les accidens cy dessus escrits, monstrent assez la difficulté de sa guerison ; ioint aussi que les remèdes sont mal- aisés à y appliquer :

neantmoins te gouuernant tant en gênerai qu'eii particulier ainsi que nous l'enseignerons, tu pourras paruenir à la fin par toy prétendue.

Hippocrates dit què ceux qui ont tubercule ou ciarnosité en là càuité de la vergé, sont guaris par la suppuration et éruption du pus 2.

Or le temps plus propre pour les curer, est le printemps, et puis l'hyuer : toutesfois si la maladie presse , on n'aura esgard au temps. En faisant la curation, le patient se dôit garder de l'acte vénérien : car par iceluy les reins, les vaisseaux spermatiques , glandes prostates, et toute là verge , s'enflent, escliauffent , et par Conséquent attirent dé toutes les parties supérieures : dont adùîent qpe sont enuoyëés plusieurs supertluilés pux parties blessées , qui émpesçbent la guerison ^.

' Ce chapitre est forrfié des chapitres 9 et 10 du liurc Dfis cliaudes-pkses ; le chapitre 9 comprenait seulement le premier paragraphe de celui-ci.

' Aphor. 82, Hure 4. — ly. P. — Cette phrase a 616 intercalée en cet endroit en

3 Les chapitres 5 et 6 de Fcrri traitent des

LE SEIZIEME LIVRE

Poursuiuant la curation desdiles carnbsitds, il se conuienl garder' de Irbp vsér en la vo'ye dé Vvrine dés remèdes acres et corrosifs ' : pour ce que la sensibilité de ce conduit estant par iceujç offensée , pourroi't estre causé de grancis accidénis. Il ne faut aiioirpeur si, de fois à autre, vient quelque flux de sang desdiles carnosités : car c'est yne chose fort cônùénable (s'euacuant une portion de la matière coniointe) qui meshié soulage la partie, et empesclielemal dè grandir, attendu que le sang est cause de la carnosité. Pource n'adueriant de soy mesme ledit flux de sang, cé sera fort bien fait de le proiioquèr discrétement par la sonde K

instruments et des soinspréparatoires.nousy reviendrons plus tard-LeV^s'occupe du temps d'élection; c'est le printemps d'abord ; puis l'automne, puis l'hiver, et plus particulièrement les mois de mars, avril, mai, septembre et octobre; et l'auteur ajoute, ce que Paré a omisj que les lifeùx les pltià secs sont les plus favorables à la guérison. Quant aux cas urgents, et à la nécessité de s'àtstenir dû coït, Ferri en parlé de la mêhie maniéré que Paré. n"' 7 <

' Ce précepte n'est pas jeté au hasard, comme on le pourrait penser; Paré y insiste dans une note marginale ainsi conçue :

M est bon de faire soâuent smcjner les carnosiiés.

Les chirurgiens modernes n'ont point adopté cette manière de Voir, et; sans s'effrayer de ce petit écoulement dé sang, ils sé gardent de le provoquer. II y a \rae autre assertion de Paré qui sera trouvée un peu téméraire, savoir, que le printemps et l'hiver sont les saisons les plus favorables au traitement des rétrécissements; Si j'en jugeais par ma propre expérience, je dirais précisément tout le contraire. '

Au reste, Thierry de Héry avait consacré quelques pages de son livre à l'histoire des carnosités (223 à 22(1), et il est curieux de

DE LA GROSSE VEROLLE

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