CHAPITRE XXV m
DES REMEDES CONVENABLES POVR CICA- TRISER LES VLCERES APRES l' ABLATION DES CARNOSITÉS
Apres que par ces remèdes la carnosité sera consumée, ce qu'on peut
' Ceci esl le chapilre l i el dernier du li-
E LIVUE,
connoistre quand le patient pissera librement et à l'aise , el aussi gros qu'il
vre Des diaudcH-pisse.i de l'édition de 1604.
r-c chapilre 10 d'A. lù-rri csl consacré au même sujet que celui-ci, et porte à peu prés le même titre: QuAnnionc interme -purles exulcerulu'. aiqite injhimrnaiœ cnrerUur pofit carunculœ dimimuionem. C'est un amas de formules pour lotions, emplâtres, onguents, injections, etc., qu'il serait l'astidieux même d'analyser.
Le chapilre 11 a pour litre : Quitus inedicumeniis nhsccusibus , plileymonis, et erijsipelatis icroii siœcuratur ; autre amas de formules entassées avec une abondance intarissable. Je remarquerai seulement que Paré n'en a pas emprunté une seulej ce qui n'empêche pas notre bon chirurgien d'offrir aussi en ce genre une remarquable fécondité.
Enfln le dernier chapitre touche à une question oubliée par Paré, et qui a pourtant une haute importance : Quâ ruiinue sanuli conserveniiir. Ferri insiste sur l'iiiiminence des récidives; et, pour les éviter, il conseille d'abord un régime dévie con.e-nable, l'abstinence du coït, et puis son remède universel, le gaïac. Pour maintenir le canal dilaté, il veut qu'on introduise une bougie simple ou enduite de quelque médicament scion le besoin, autant de fois qu'il sera nécessaire.
L'expérience moderne n'a pas été phis loin.
Enfin Amatus Lusitanus rapporte une observation curieuse qui comi)lète en quelque sorte l'histoire des bougies au xvt" siècle. Un malade atteint de caroncules avait soin de se tenir l'urètre dilaté avec des bougies de cire blanche ; mais comme il ne les retenait pas au-dehors avec un fil, ou qu'il n'en laissait pas une portion suffisante dépasser le méat urinaire , il arriva qu'une bougie s'enfonça tout entière dans le canal. On fit, durant trois ou quatre jours, de vains efforts pour la retirer; elle était arrivée jusque dans la vessie, dans le bas fond de laquelle elle s'était pliée.
n Pour la retirer, nous fiincs fabriquer des pinces fines en argent, en forme de bec
DE LA GRO
auoit accoustumé autant qu'il fust malade : semblablcment lois qu'en mettant la sonde dans le conduit on ne sent aucun cmpeschement: il faut adonc desseicher et cicatriser rvlcere, ce que l'on pourra faire auec telle iet semblable iniection , qui a grande vertu de desseicher et cicatriser sans grande mordication
"if. AquiB fabror. tt. fi .
Nucis cupressi, gallarum , cort. granal. ana 3. j.
Aluminis rochœ S. fi.
BuUiant omnia simul secundum artem, iiat decoctio pro Iniectionev
De laquelle on vsera iusques à ce que l'on n'apperçoiue aucune humidité sanieuse sortir hors de la verge.
Pareillement pour desseicher d'a-
de grue; mais elles se trouvèrent trop courtes, et il en eût fallu une d'une longueur au moins de quinze travers de doigt... Alors j'ordonnai au chirurgien d'introduire le doigt médius dans le rectum, et, en pressant peu à peu sur la bougie, de la repousser hors de la vessie, comme font les inciseurs pour la pierre qu'ils veulent extraire par une simple incision. Par ce moyen, en trois jours la cire de la bougie se trouva fondue, et sortit librement avec l'urine, ainsi que la mèche; et le malade se trouva délivré. » Cent. IV, curât. 20.
L'auteur n'a point ajouté de scholic à cette observation; il résulte manifestement de son récit même que les efforts du chirurgien ne pouvaient, en aucune manière, aider à l'expulsion directe de la bougie, et que tout au plus servirent-ils à amollir et à mettre en pièces la cire, que la nature suffit seule ensuite à expulser.
' L'édition de 15Gi ajoute : comme l'on cognohlra par ses imjredimls.
uantage, et auancer la cicatrisation, sera bon d'vser de cette poudre, laquelle desseiche sans nulle douleur et mordication.
Prenez pierre calaminaire lauéc, coquilles d'oeufs brusiés, corail rouge, escorce de grenade, le tout mis en poudre subtilement.
Puis soit appliquée sur les vlceres auec chandelles de cire , ointes d'onguent de desiccatif rouge , ou autre semblable.
Pour mesme effet , on vsera de verges ou sondes de plomb , les plus grosses que le patient pourra endurer, et icelles mettre daus la verge iusques sus lesdits vlceres, les ayant premièrement frottées de vifargent , et les tenir iour et nuit, le plus long temps que le patient pourra. Elles ont vertu de desseicher, cicatriser, et dilater le conduit de l'urine , sans aucune douleur, et gardent que les parois des vlceres ne se touchent 1.
Je te pourrois encore escrire vu grand libelle de remèdes tendans à pareil but que ceux cy dessus escrits : mais sçachant bien que le chirurgien expert les peut changer et varier par raison , comme le mal le requiert , ceux - cy te seruiront d'exemple.
' Ces mots : et gardent que les parois des vlceres ne se loueheni ont été ajoutés en 1675, et leur imporlance signalée par cette note marginale : bon documeni. L'utilité de ce document a été en effet reconnue et démontrée par les recherches des modernes, principalement de MM. Desruelles et Ricord.
tr.