‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 356 sur 482 · CHAPITRE XXXVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVL

DES DARTRES OV SCISSVRES SERPI- GI^'EVSES 2.

Reste maintenant à traiter des scissures ou creuasses, lesquelles suruiennent le plus souuent après la curation de la verolle. Le lieu qu'elles occupent le plus souuent, sont les palmes des mains , et plantes des pieds. Elles sont causées d'humeur pituiteux salé , ou de cholere rendue

• A la fin du chapitre consacré à lapolion vulnéraire, dans le livre Des caries, de 1564, il y avait un dixième et dernier chapitre intitulé ; La superficie de l'os ne tombe seulement,ains tout l'os. Il était emprunté, comme le précédent, au traité Des plaijes de la teste de 1561; et, ayant bien plutôt rapport aux plaies de tête qu'aux caries, il a été conservé dans l'histoire de ces plaies , au chapitre 22 du livre 8. Voyez ci-devant page 66, le paragraphe qui commence ainsi : Or quelquesfois, etc. , suivi de l'observation du laquais de M. de Goulaines: le texte y est le même que dans l'édition de 1561 ; mais dans celle de 1564 il finissait ainsi :

« Pour ceste cause, feis faire audit laquais vn bonnet de cuir bouilly, pour résister aux in~ iures externes , qu'il porta iusques à ce que la cicatrice fut bien solide, et la partie fortifiée de quelque porus ou cal fait parla prouidence de nature, chose digne de grande admiration : qui te seruira de conclusion pour le discours des caries. »

* Ce chapitre a paru en 1575, comme complément de l'histoire delà vérole empruntée à Thierry de Héry ; et en effet il est presque entièrement extrait d'un article de Thierry qui porte le même titre, ouv. cité, p. 235.

SSK VKROLLK.

aduste par l'intempérie chaude de la masse sanguinaire , ou de quelque reliquat et portion du ferment de ce virus, lequel est cnuoyé ausdites parties. Or quant à leur curation , elle est difficile , principalement quand elles sont inuelerées, à cause que les parties se sont habituées àreceuoir tel humeur : si elles sont récentes, elles seront moins difficiles à guarir. Les récentes sont conneuës par vne rougeur accompagnée d'vn grand prurit, et le cuir est plus gros, espais, et aride que de coustume : celles qui sont inuelerées, outre les signes prédits, il y a des duretés squameuses et furfureuses, de sorte qu'en les frottant rudement, on en voit sortir des escailles en manière de farine de son.

Quant à la curation , pour les choses vniuerselles il faut auolr esgard au vice du foye, ordonnant le régime , purgations , bains , ventouses, cornets'. Et quant aux topiques, si elles sont récentes , on vsera d'eau desiccatiue, et de ténue substance, comme ceste-cy :

Aquœ rosar. pariet. ana. 5 . j.

Aquœ alum. § . ij.

Chalcitis 3. ij.

Aluminis 3. iij.

Pul. sublimati 3 . iiij.

Fiat lenta et minima ebuUitio in balneo Mariœ.

On augmentera la force de ceste eau par le sublimé , ou sera diminuée selon qu'il sera nécessaire.

^. Olei de lartar. 5 . ij.

Sapo communis § . iiij,

Misce et fiai vnguentum ad vsum.

' Thierry ajoutait ici : selon l'ordonnance du médecin. Paré avait mis de même, en 1575 : ce qui se fera par l'expérience de l'expcrtmedccin. Cela a été effacé en 1679.

598 LE SEIZIÏ

filtre de merueilleux effet 1.

^. Sublimali puluerisati 3. ij.

Aluminis rocliac 3. j-

Albumina ouorum forliter ngUalorum quanlum sufficiat.

Applicelur super parlem affectam : intérim

•vtaturdecoclo gaiaci.

Si elles sont inueterées, il les faut ramollir par décoctions emolUentes, altenuatiues et incisiues,et par linimens , onguens , emplaslres de mesme faculté : puis y procéder auec parfums , comme de cestuy qui s'ensuit :

:5c Pql. cinab. §. ij.

ibab^ani, assae QdoratJE, styrac, calainilge

Olibani, mast. ana 5. iij.

Olei tart. et Iheriacœ quant, suff.

Fiant trocblsci.

Desquels on pourra Yger la do^Q de demie once par chacnne fois ou enuirpp : et faut qwe l'on face rpceuoir le parfum seulerpent ^ la partie , sans que la fumée soit communiquée à la bouche, nez, yeux, pu oreilles 2.

Pareillement ce Teift^eUe est fort propre pour se If^uer leg maiRS :

' Cette formule, et de même aussi la précédente, ne sont pas de Thierry, et manquent dans l'édition de 1575. En 16T0, Paré donna la première, qui se terminait a'ors par CCS mots : Inimm Vld'ur dec((C(p garni, qui ont été ensuite reportés après la seconde, publiée en 1SS5.

2 Ici ûnissent les emprunts faits à Thierry pour ce qui poncerpp (es dflilrps; et la formule suivante, quoique datant de 1675, appartient à Paré, pu dqjppjjlS à quplafJP feutre aq.tsur jnconfji).

E LIVRE

Prenez pendre do grauelée, et en faites capilel dans vne chausse d'hippocras t et en iceluy faut (|i6soudre de la preseurc, et battre assez longuement en vn mortier, et de ce en faut frotter les mains.

^ulreK

Prenez vngucnti cnulati g.iij.

FueUini 5 • 'J.

Rcsinœ pini § . J, Ccrussaj ^ . d.

Argenti viui 5. iilj.

Succi citri et lapalbi acuti ana ^ . fi .

Incorporentur simul : fiât llnimenlum quo illinatur pa^s,

Si on y aclioustp dg^ip d^agnie (Je Sublimé, Jauéet préparé çprnine celuy deg fars, il serq de gr^nfle pfflcace.

^ulre.

Prenez alqm bruslé, et suljjilepient pu]u§rlsé, et incorpprç aqpc blanc d'oeuf pt suc de pilron , pt un peu d'alops destrempé en oxymel scillitic.

CHAPITliE XXXVJI.

DE LA MALADIE VENERIENNE OV GROSSÇ VI'ROLLE Oyi SyRVIENT AVX PETITS ENf ANS 2.

Soiiuent on voit sortir le? petits enfans hors le ventre de leur mere , ayans ceste maladie , et lost après auoir pUisiours pustoles sur leur porps : lescjuels eslang ainsi infectés, bai]|ent îayerolI,e,à 31^tfJi)t ^§

nourj jc/?^ qui jç§ aliaipient. 4ucui)s prennent la vpjuHe rfe jpuf^ nour-

,■ CpJlp forrrjqjp fit la sqjvanjfl Qp[ été ajpulées à ce cbapilrecn J570.

'■^ Cp'cbapilfe cs^ dp 157^; cependant j'ai feuille|/i en vqjn |c lip Tlimn PPUreij retrouver l'origipe, et, §0uf lerrciir, ji me paraît appartenir à Paré.

DE jL^ tfROgSfi yji:Rp|.LE.

fiçes : psr-pQ qu'lcplle malail|Q (jpmrae ayons tjjf , cs^ ppnl^gieuse.

Qr qn voit pyii soiiuPDt l^'S pplani^ ppiz ai}ec pesle ipala^lje, ipcppoif^gy^ rjspn : 'H^ls peux quj i'pcquipi'enl par leKer ou auliement, ostans ja gi'Qpdelels , sonl quelquesfois guaris.

Le moyen de paruenir à la curation est de faire vser à la nourrice de l'eau Iheriacale, que descrirons cy après, l'espace de vingt iours ou plus, tant pour s'exempter de ceste maladie , que de rendre son laict alimehteux et médicamenteux : etlorsqu'elle donnera à lelter à l'enfant, n'oul;liora laueret essuyer le bout de sontetin,à fin que le virus sortant par la vapeur de là bouche du petit enfant, ne s'imprime en son mammelon par les trous où passe le laict. El quaiit aux petits enfans, on leur frotlera seulement les pustules d'vn onguent bien peu vifargentin , comme vnguenUim e:,ulaium cum mercurio , ou autre semblable : et sera puis après enueloppé en vne couche ou linge, lequel sera premièrement parfumé des parfums cydessus mentionnés, et sera tenu fort chaudement.

Ôr (elles choses se doiuent faire par espauletées , c'est à dire petit à petit , et non par con.inuatioh , de peur qu'il ne leur vienne mal à la bouche.

Aussi s'il auoit quelques viceres en la bouche, on lies louchera des eaux cy dessus mentionnées , les corrigeant, ayant csgard à la délicatesse dé l'enfant. Aucuns ont esté guaris par ces moyens : autres ausbi sont morts, non par le vice du médicament , mais pour la grandeur de la maladiiî.

P'jai^pntajje sj l'ppfant a pris y,erolle de sa pQ^rfice , la fai^t chapger, et },uy ep bflijllor V!)u 3uUe qj)/ sjoit «aine : autrement ne pourroit jamais 1

pS^ro gupj i, RpuFpe qu'il serpjt Iqhst ioxii^ ppun-i dw sang infecté du virus yproljique.

CIÎAPJTRE XXXVUI,

DESCRIPTION DE L'EAy THERIACALE

Recipe rasura interîorjs ligni sanc),i gun}-;

mos. Ib. j.

Polipodij quercini § . iiij.

Vini aibi dulccdinis expertis Vb. ij.

Aqua; fonlanœ purissima; Ib.viij.' Aquarurn cichorij el rumaiiœ ana. § . iiij. Setninis iuniperi, hederœ et baccar. laur.

ana g . ij.

Giinophy). pijacis fii)^ §. ft.

Çor|,icis pjtri sacptjaro pofiçj. çgpgefij§8

rosari^m, anlhos, ciphqr. t|ug)p5. ^gv-

rag. ana 5 . fi .

Conserua; cnulae campanae, Iheriacae veteris et mi),hri4- ^ • ij- F[al pmni)jip dislillatiç iji b^Iq^Q ;))0(|i:^ seqp.eijti.

Vous infuserez le ggiac en la moitié de vostre vin et eau, l'espace de douze heures : et le reste de vos ingrediens en l'autre moitié (ju^jtyip etggux, pn conquassant ceux qui ppupept ps^re conquassés : seront mis à part en infusion l'espace de six heures, puis mêliez tout ensemble, à fin qu'ils se puissent fermenter : laquelle fermen-

' Ce chapitre se lisait déjà en 1576, où il tcfrpinait (e Ijvre de (cf gyi^iise ycrofle. L'jç^p Ihéfiacale dop|, ij do^ne |a de§crip|.fûn semble avoir été pratiquée sur le modèle île Veau jjldlosQpliiqiœ de Thierry de Iléry, puy. cité, p. GSij la formule commence de même •

:2f. ^ag,up Iplçpipri si^J}§|,iHnti^ gumippsiç gaïaci ib. j.

Il y a aussi d'anircsiogréflieniscQmjjmns; mais, au total, l.cs dcus pjFépar.ajliQpg sofl.t dinéiunlee.

6oO LE SEfZlÉ

talion se fera en vne ou deux grosses bouteilles de verre , les laissant bouillir ( estans bien es(oupées) en vn grand cbauderon plein d'eau chaude, l'espace de cinq ou six heures. Le tout estant bien fermenté et confit ensemble , sera mis en vn alambic de verre, et en sera fait distillation : de laquelle eau en donnerez quatre onces pour chaque prise , laquelle sera aromatisée d'vne dragme de canelle , et d'vn scrupule de diamargarilon , adioustant demie once de sucre pour la rendre plus agréable.

La nourrice en pourra vser sans se mettre au lit : car elle a vertu par vne propriété d'obtondre ce virus, et fortifier les parties nobles. Aussi la nourrice en lauera son mammelon après que l'enfant l'aura allaicté.

Autre Eau theriacale ^.

Eau theriacale composée par Rondelet, qui pro voque les sueurs en la verolle inueterée , et cure les douleurs, baillée auec les autres suiuantes : et dit en auoir fait vser auec heureux succès.

^. Theriacae veteris li. j.

Acetosae m. iij.

Radicum graminis o-i'j-

Pulegij, cardui benedicU anam. ij.

Flor. chamœmeli, p. ij.

Temperentur omnia in vino albo, et distil-

lentur in vase vitreo , et aqua seruelur vsui.

De laquelle on baille deux onces auec trois onces d'eau de vinette, et buglosse : et cecy se doit faire lors que le malade s'en va au lit. Geste eau cure les douleurs, baillée seule ou avec décoction d'esquine ou de

1 Cette autre formule a été ajoutée en 1579, avec les réflexions qui viennent à la suite, et c'est ainsi que se terminait le livre

ME LIVRE

i bardane : si c'est vn pituiteux , en i lieu de l'esquine on prendra la decocj tion de gaiac : car à cause de sa sub- I slance subtile pénètre bien tost , et i expelle les matières causant les dou- I leurs.

Page 1