E DE LA MERE
femmes, sont qu'elles sentent doleurs au dessoubz lombilic,etauxhainesï, et est la douleur communiquée aux vertèbres des lombes et l'os pubis, spécialement alors que les ligamens desdictz os se relaxent, dépriment, et séparent, tant à l'os pubis, que à l'os sacrum.
Aussi les cuisses et toutes leurs parties coitionales '■^ , ou génitales, se tumifient et leur font mal. Et outre leur suruient tremblement vniuersel tel qu'il se faict au commencement des accès des fiebures. En outre leur face rougy, et leurs menstrues, aquosites 5 et excremens coulent.
Si lelz signes se monstrent, soys assei^rez que la femme en brief enfan tera. Pourueu que la vertu de nature soit suffisante.
Parquoy si nature et vertu expulsiue, ne faict son debuoir, luy fault aider tant que possible sera par les remèdes cy après déclarez.
Et note aussi qu'on doibt bien euiter de mettre la femme aux peines de trauuail, deuant que les signes susdiclz précèdent : Car deuant iceulx le trauuail est faict en vain. Et en sont les femmes plus molestées et débiles, quand ce vient au trauail, à cause qu'elles n'ont tant de force et vertu, lorsque l'expulsion de l'enfantement se doibt faire.
Et quand au prognostic fault entendre, que les femmes fort maigres et seiches sont dangereuses à aduorter, parcequ'elle conuertissent l'aliment qu'elle preignent en nourris-
' Aux aines.
' Coitionales, qui servent au coït. Franco dit : toutes leurs parties obscènes.
3 Les aquosiiés semblent ici signifier l'écoulement du mucus vaginal qui précède ce travail ; plus loin ce mot sera employé pour les eaux de l'amnios.
tA MANIEBU D EXTRAIRE LES ENCANS
sèment et restitution de leurs propres corps, sans en enuoyer portion suifîsanlc à leur enfant.
Parquoy ne penuent demeurer en la matrice, mais sont contrainctz sortir hors, auant le terme p?ir faulte de pourrissement.
En outre les femmes endurent plus grand dolem en aduortant, que alors qu'elles accouclient à terme, et ajnssi sont en plus grand péril d'accMent mauuais. Pource que ce qui se faict contre nature est plus brief ^ et mau^ u^s, que ce qui se faijct naturellem^Bt-
L'enfantfii»|Bnt est fort diffieille, et SOHuentefpis impossible quand la mer^ est debiieet fpiMe, àcausg que la v^v^H expul:siM,e ^& peult faire son debuoir à ieter et mettre lîors ledict e»£ant. C^&t chose periieuse quand l'ep^of ne sort subit, après que les jjjjuositez sont yîLçuees, Ppurceque lesdictes aquo^t^z «oflt constituées poiur supporter l'enfant, «t lubrifier, ^olir, rfilaxer, et rendre les yoyes glifisaates ou epulanies s. Et quand çl^^s «Oflt yacuées , ladict enfajit dejaaeur^ à sec , à donc la matrice se reseiTe, et se comprime en soy. ParqjAoy ledict eofant ne peult ou bien à grande peiae sortir hors
^ les mammelles d« la femme grosse sont dures et pleines, puis subit 4l|minueiaj,, ^{ se rident, ou fleitrissmU telle eJjiosesignifie, et demonstr^ iflufi la fe.in«i€ aduoitera. Si la femme porte deux enfants, et 1 vne
' Il l'aut sans doule lire, pZu* {/rief, plus grave, autrement la phrase n'aurait pas de sens. Je dois dire cejpendant que Franco a traduit la faute d'impression: ce qui se fait co)We imnre esi plus subit ci dangereux, etc.
' Uyppocrales. — A, P.
3 Tliippacraies. — A. P. — Franco a omis CCS citations.
de ses mammcUes se fleitrisse et diminuée, cest signe que l'enfant qui est de ce costé est en dangier. L'enfantement sera difOcile, lorsqu'il y aura deux enfants gemeaulx. Aussi sera il si ledict enfant est monstrueux, comme ayant vn corps auec deux testes et quatre iambes , ou dautre manière contre nature. Ce qu'on a veu naguieres à deux ep cesle ville de Paris, dont maistre Thierry de Hery en garde vn pour spéculation et mémoire
LES SIGNES POVB
congnoistre $i l'enfant estpiorf^ au viuant dans le ventre de la mçre 2.
On peult sçauoir si ledict enfant est viuant ou mort dans le ventre de la mère par les signes qui s'ensuyuent.
Et premièrement fault sçàuoir si l'enfant ne se remue plus. Ce qu'on sçaura tant par l'interrogation de la mere, que en posant la main sur son ventre. Et aussi peult on auoir conieclure, quant les eaues auroyent esté de longtemps vacuées hors la matrice. Pauanlage la mere sent plus grande pesanteur de son enfant, qu'elle n'auoit de coustumé ^. Et la raison de ce est que l'esprit ny est plus, et qui n'est régir par les facultés naturelles Et outre plus, quand
' Ici finit le chapitre 82 de Fran,co. Je hoterai toutefois qu'il ne cite point Thierry de Héry ; et il se cofttente dire : ainsi ^ui est aduenu sonnent.
' Ce titre est copié exactement de l'opuscule de Paré; c'est le même titre que Franco a donné à son 83' chapitre.
s De coHSWme. Franco dit: qu'elle n'a ac-
.couslumé.
Sens fort ohscur, si on s'attachait à la lettre. Franco a fort bien traduit : Ce nous
ladjcte mère lQ}}raç ^^ }'^^fijint tymfjp sur |a paffic dc.clixxq comme vue masse , ou pierre. Auçgj Igdjclç inef-p pst fqrt vpxée et formeptëp t|e grifjfues <)plP"rS yier§ sqn PFftbUc et PfJffip^ gpqiliile^ , pi yoj|T Iqir' de yriqpf et assellef."?, ipai^ Ip Pl^is spui|pp|; ei} y^if]. ^p^gi que eq posant lî^ }fi<\in gHf ledict vffjbilic et parties génitales, on les §enj: apcuppmppt reffqjdie^, if]jpjct fipp Jadfcte njpfjB §pn), ^]is^i tVpjfjpi^r d.anç matrjpe. pt t^U^ $e fajct pour le^tippliqp efîjj^pljtjflp ^p 1|} pî),i}jeur yitifip ,^pf}ipt euf^pt. pauaptage il sprj; cef-'tîfippç Ifumjditcg ,e|; autres excfemepg fort ^oetjdef i'.prs la matrjcc. ]E|; l'alpipp ? dp lî?fîicl,e mere est ausfi ppfi Cpft fCBlide et pp^nte. Cp gpf §e f{jjctyp^pntiefsap,de}j5:iesfpp op fppi- ?i|esnîiç jour ^prpç, gpe l'eqf^pt pgt niprf. Et tomijp spupapt laçjjpte pierp ep ^yncppps ppapois^.epiep?.
ïel]^ c]\os^ ge fa jet dps yapepfs pp fppié(eg pjitrpfipes pt pprroippups, qui §e e§jjjeuept ^ ^e l'enfant mort.
jlt §pnt pppinjupjqpées au cfEur ejt ap per.iieau. jEt ppie qpp l'ppfapt mpft e^t^pt ep lamatripe sp cprrppipt; plus fip ^epiyippr, qu'^ ne feroit pndçp?, pp pfps s'il estpjj. bors de l^jictp pjatrice.
Aussj pçjiît pp pppiectprer par Iqi cpjeur de la p^efe piu,ée et chapgép du patujcel, ppst qu'elle tppd à dfiLé,^ poircepr, pu plomjjepse.
A^ mpyen de qupi, pst ladicte fenipip hi,4jçuse ^ yoir et regarder.
eu ^jtinijjanpe df /a mprt d^spn fruit cfuiest ainsi jSesanl à causp qi^il est jlesfitué de tout esprit, et n'est regjj par les facultez naturelles. ' Lisez : et a vouloir.
' Asseller, aller à la selle.
L'Iialeine.
< Qui .s'élèvent.
Lividité.
pt f\e tpu§ pes signes, quant) pjpsipprs se trepuppt en vpe personne et yp pipçiTie tepjpg, poprf.is ipgej,cpflaipenienl que l'epfanj- ogf. piRrf, ej. ap cpptf:ajre nop, pt pptp qpe tople§ cp^ phpgeg cpgnppps et cpnçifjpr r(3e§ DP flpii)t fairp diligence c[e aidej; à I3. mere, |p plu tost qu'il serq pp^siblp. loutefojs cpgppislras §e on peijlt bp^ppgnef sans dangjer (le fa rnoi't, qui se fera pp considpr^pt |pg fqrcp^ et ycrtus de la fenjnip, ep tatapt spp ppplx: sçauoir s'il est dpbjfe, ou grçipdement phangé ppptfe Ip naturel. Aussi sgapoir, si les cinq seps de pâture exlerlpurs et ipteripus font bien leur action : copupe si elle parle, gouste, pdprp, pyt, vpit, et eptent, riftippine, et niep)pue bien'. Et se tpurne et pieirt san^ grapd difjfîculté.
Er} oultrp fault cpntempfer la face, cprpme Hippocrates noqs engeigpjç, pp ses presagps ^ : jC'est assçaupir, sj elle est grandement changée dq patijrel, popime si elle pst noirp, nide ?, ou plpnabpusp. Le n.ez içf le§ ngripes aiguës, pt çxtepueps.
ï^es yeulx copçaues, pps tep!ipl^e§ dçsGjjarqgs, pt la peau du fropp dure, seiche, et tendue, et )es orejUes ffoideç et retirées, pu quasi renujersées. Et fin spnirne qu'elle est hideuse à regarder.
Ep outre, si elle ^ fespipdz et m^jp^ froides, et syeur froidje, pt qp'e^le tumbe spuuerit çn sippppe ou eu^ noissement. Et sj telz sigpes apparoisst^nt, depionstrent présage et prpgnostic la mort estre prochaine, Parquoy la fault laisser à nature, et recommander h dieu.
' Sans doute ; etmemor? bigu, et g p())ven 6 la mémoire.
' /Itjppocralcs. — A. P.
j Livide.
LA MANIERE d'eXTRAIRE LES ENFANS
Mais au contraire, si elle est forte, et les cinq sens bons , auecq' bonne ratiocinalion et bonté des autres actions tant naturelle que vitale, luy fault aider en diligence à expeller l'enfant, tant par potions, bains, sufunilgations, fomentations faicles de choses fétides par le nez, et choses aromatiques iucudes * et délectables par les parties coitionales ^, sternutatoires , vomitoires , et l'inimens à appliquer, tant par dehors, que par dedans la vulue. Lesquelles chose n'est bosoing escripre en particulier. Ce que nous enseigne Hippocrates en sa protestation, mais de ce on pourra auoir recours au docte medicin, ou chyrurgien. Et si telles choses ne profitent, fault besongner par œuure manuelle, et instruroentz propres en la manière qui sensuyt 3.
Premièrement, rectifiras Tair de la chambre, sçauoir est, s'il est froid, leschaufferas, et s'il est trop chault, le refroidiras.
Cela faict, fault situer la mere en la posant au borg du lict et la coucher à l'enuers , ayant les fesses aucunement eleuées sur quelque quarrcau, ou autre chose semblable. Et qu'elle soit renuersée, toutefois en figure moyenne. Cestassçauoir qu'elle ne soit du tout couchée ny leuée, à fin qu'elle puisse auoir son inspiration, et expiration libère. Aussi luy fault courber les iambes vers les fesses, et les lier auec vue grande et large bande de toille, laquelle poseras premièrement par sus le col, et
' Lisez iucundes y agréables. Franco dit : de bonne sentmr.
' Getiilalen, servant au coll.
Ici flnit le 83° chapitre de Franco, et commence le 84* avec ce titre : Pour l'exiraelion de l'enfant.
au trauers des espaules de ladicte femme en manière de croix sainct André. X
Puis de rechef croiseras ladicte bande à chascun pied, et la tourneras autour de la iambe et cuis.ses, en la rapportant encores par sus le col, et la nouer et attacher si ferme, que ladicte patiente ne se puisse mouuoir, ça ou la.
Et feras en sorte qu'elle ayt les talons appuyez contre le bois du lict.
Et la feras tenir par soubs les escelles et cuisses par bons ministres, tellement qu'elle ne pourra en tirant l'enfant, estre attirée. Cela faict fault prendre vn drap chault en double, elle poser sur les cuisses de ladicte paiiente. Puis fault oindre toutes ces parties génitales auecq' choses vntueuses 1 et oléagineuses, à tin de rendre les parties plus lubricques , glissantes et colantes. pour plus facilement extraire l'enfant. Aussi te fault oindre ta main, ayant les vngles rognés , et qu'il n'y ayt aucuns aneaulx aux doigtz pour crainte qu'ils ne fissent lésion aux parties.
Puis pesetas ^ ta main doulcement sans aucune violence dans la matrice.ce faisant congnoistrasen quelle situation et figure sera l'enfant. Et posé qu'il fust tourner selon nature, ayant la teste au coronement pnur deument l'extraire part art', fault doulcement le reposer contre monl et chercher les piedz, et les tirer au coronement. Ce faisant tourneras facilement l'enfant.
Et alors que auras attire les piedz au coronement, t'en fruit tirer l'vn hors, et le lier au dessus du talon en
' Onctueuses.
" Poseras.
' Par art.