HORS LE VENTI
manière de lacq colant, auec lien médiocrement long, dont les femmes lient leurs cheueulx , ou autre semblable.
Puis remettras ledict pied dans ladicte malrice.Ce l'aict chercheras l'autre pied, et layant Irouué le tireras hors, et alors tireras le lien, auquel l'autre pied estatlacliô.
Et quand tu auras ainsi attiré les piedz horz la matrice , les tireras ioinetz également, tant d'vn costé que d'a-.iire, peu ù peu, et sans violence, tant que possible te sera.
Et pendant ce faict, fault comprimer medioL i ement, et presser le ventre de la mere audessus de lumbiiic, et commander à la mere , qu'elle tienne son halaine par interuale, en clouant le nez et la bouche. El qu'elle se epreignent tant que pos sible lui fera En oulre on luy doibt souffler dedans les naseaulx pouldre sternutatoire , à fin de stimuler la vertu expulsiue à ieler hors l'enfant.
Et ne fauldra oblier à lors qu'elle esternura tirer ledict enfant , non à vn coup, mais peu à peu, iusques à ce qu'il soit du tout tiré hors. Or s'il aduenoit, ce que se faict plusieurs fois, que l'enfant eust les mains ou bras au coronement, ou hoi's les parties génitales, iamais on ne doibt tendre, ny essayer à l'extraction par iceulx, veu qu'il viendroit la teste ployée auecques les épaules.
Ce faisant on seroit cause de faire grande lésion à la mere, et par conséquent de la mort de l'enfant s'il auoit vie.
l'ay esté appellé quelquefois^à ex-
' Et qu'elle s'efforce tant qu'elle pourra.
' M. Raige Dciorrne {art. ciié) a déjà remarqué que ces mots : l'tnj esié appelé quelquefois,\ (.oui de Paré, et ont été copiés par Franco avec une liberté qui serait aujour-
E DE LA MURE. OQg
traire hors le corps de la mere l'enfant mort, que les obstetrices matrones, soy disans sages femmes, s'esloient efforcées le vouloir tirer par l'vn des bras, auroycnt esIé* cause de faire gangrenés ^ et mortifier ledict bras, et par conséquent de faire mourir l'enfant, en sorte qu'on ne pnuuoit remettre le bras dans la matrice, pour la grande tumeur, tant des parties génitales de la mere, que du bras de l'enfant, doncq' de nécessité le failloit couperet séparer, et du tout l'amputer.
Or le moyen de ce faire, cest le couper, auec rasouer ^ le plus près de l'ispaule qu'il est possible, toutefois en obseruant que parauant l'incision que l'on lire la partie charneuse en hault , puis coupper l'os auec tenailles incisiues propres à ce faire, à tin que la chair couuie l'extrémité de l'os, de paour qu'il ne tîst lésion à la matrice, et aux autres parties génitales. Puis ce faict, fault chercher les piedz dudict enfant et l'extraire hors, comme auons parcy deuant déclaré, s'il est possible. Et à où ^ ledict enfant mort , seroit si gros natullement ^ , ou par accident tuméfie par putréfaction , en sorte qu'il ne peust nullement passer, alors, premier que
d'hui de l'impudence, et qui n'était guère alors qu'une négligence du copiste. Nous avons noté plusieurs négligences dece genre au Livre delà verolle, où Paré a fait de si larges emprunts à Tliierry de Héry.
Du reste, Franco a modifié la rédaction du reste delà phrase, et entre autres choses il a effacé ce trait malin : les obsieirices mairones noy disans sages femmes,
' Sans doute auoijeni esté.
2 Sans âo^it gangrener.
2 Avec le rasoir.
4 Sans doute ei là ou.
* lYaiurellement.
B3o LA MANIERE D^rX'J
laisser mourir la mere faiildroii, par lous moyens diminuer la grosseur duiiict enfant. C'est assçauoir en liiy perçeant le ventre, à fin de donner issues aux venlosites.
boncq' le ventre abattu et diminué, plus facilement on mettra iedict enfant hors.
et. aussi si ia teste esioit si grosse, que'iie ne peust passeï", la fauldroit inciser, et extraire le crâne et le cerueàu auec instrumens propz'es, qiie déclarerons et figurerons, aidant Dieu, ennostre pratique K
Lèè câûàé qui font demeurer larriélre fàis 2.
Et s'il aOueiloit que lé corîon ou arrierefais derheurast dans là matrice après l'enfantement, qui se faict J)otii" plusieurs causes : comme par l'imbécillile de là vertu delà femme.
A cause qu'elle est, ou à esté agitée et trauàillëe de doleiirs très grandes, peiidant le traiiail de son enfantement, et que la matrice et lé col d'icëlle, et autres jjarties génitales, se soilt si fort turtiefiées et enflées, par les longues labeurs et do- .
leurs. Au mdyen dé quoy lyssue së clos et ferme , en sorte que ledict chorium ne peult estre expelle né iecte hors. Dauantage, peult demourer, a cause qu'il est entortillé oii reployé, dans ladicté matrice, oii f>oiirbé qu'il fest demourë a sèc, d cause ijùë lès éàtlès biit éSté vaciiees
i fci fefilt lé W cMpitrè dè Fi-àiicoj il îi'à tiàS cbplë la {irbHicsàê dé dbtiher defe ligures; et il s'est cbhlérllé db dire : àuec insirumenls coniténabttis à telbffàit,
» Ce litre était èli nidr|b , bortihle unè simple note; je me suis ébàiié Iti dé l'briginal, en lui donnant ùiib'plilfcé tiui Hi'a paru plus rationnelle. Du resté, c'est Ib Hléraé titré que Franco a donné à son 85= chapitre.
lAIRE LÈS ËNFANS
plustost qu'il n'esloit besoing, parquoy les voyes ne sont lubriques, glissantes, ou coulantes , ou a raison aussi que ledict arrière fais est encores adhérant lié et attaché contrôla matrice, par la traduction et lésion des veines, et artères nommées par cy deuant cotilidones, ou acetables.
Ce qui se faict voluntiers aux femmes qui aduortent ou n'accouchent a terme. Car tout ainsi que voyons les fruiclz des arbres, lesquelz ne sont encores en parfaicte maturité , plus dificilement tumbent que ceulx qui sont du tout meurs. Car adonc qu'ilz sont en parfaicte maturité, tumbent d'eulx mesmes. Aussi se séparent et dépriment ledict chorion contre la matrice quand lenfant est à son terme. Et la ou il ne se separeroit de soy mesme, et demeuras! dans la matrice, seroit cause qu'il suruiendroit plusieurs accidens a la mere :
comme suffocation de matrice ne pouuaiit inspirer ne expirer son air, esprit^ du halaine, au moyen de la putréfaction tjui se faict en peu de temps dans ledict chorium, comme auons déclaré de lenfant mort dedans le ventre de la mere. Pource qu'il se elieueht vàpeurs ou fumées putréfiées et corrumpues j qui montent aucœui" et au cerueau; pat-quoy ladicte mere tumbe souuent èn sincope ou euanoissement : Dont souuent est suffoquée et rend l'esprit.
Parqùoy fault feurueuir à telz perilz le mieulx qu'il sera possible; par les choses t)redictes eh général a l'expulsion de l'enfant. Et la ou telles choses ne proQteroient, fauldroit opérer et besôngner de la iiiaib, en situant la femme, comme qui vouldront 1 tirer l'enfant, et poulsant la
' Lisez comme qui vôuldïoii. IFràtièO îi U\s, comme si on vouloit.
HOflS LE VENTRE DE LA MjEhfe.
main , doulceraent dedans la matrice. Et suiure l'umbilic , que les matrones appellent petit boyau , et prendre Icdict clioHam, et le tirer hors, et entier s'il est possible. Et la ou il seroit encores adhérant et attaché par la traductiott desdictes veines et artei-es contre la matrice, le fauldroit déprimer et separel- sans violence, auec les doigtz liecessairement, et à l'extr.-iire hors pôur ob- «ier et oiiitei- les accideotz predictx. Puis ce faicl, fault surueuir aux accidehs de là mere, comme emôri-liftgies OU flUi dé sang', debililalion de vertus et autres plusieurs accidens, que ie délaisse pour le présent, a câùise de brieueté ^. Or s'il adueiiOît que là femme grosse d'enfant fust en agonie, ou aux traictz de la mort, qui se peult cognoislre par les signes cy deuant déclarés, fault que le chyrurgien se tienne près et appareillé pour l'ouurir subit, après le dernier soupit de la mor 2, a fin de sauner lenfant S'il est possible. Et ne fault auoir confidence à la balongner ^, et tenir sa bouche et parties génitales ouuer-
• Ici finit le 85' chapitre de Franco j mais avant de reprendre le texte de Paré, il a un chapitre tout entier qui est à lui, et qui est intitulé : d'une autre façon, el plus légère, auec le spéculum rnalricis. Nous reviendrons sur ce chapitre dans nos notes sur le Livre de la génération.
Du reste, immédiatement après. Franco revient à l'auteur qu'il copie, dans son 87» chapitre, intitulé : La manière de tirer l'enfant quand la mere est aux traits de la mort.
2 Evidemment il faut lire : après le dernier soupir de la mere : Franco cependant s'en est tenu à la faute d'impression, et il a traduit : ^yant fait le dernier souspir de la mort.
3 Pour bâillonner. Franco traduit : Sans ^amuser à ce qu'aucuns en ont dit, assauoir qu'il lui) fault mcUra des baillons en la bouche.
tes, pour donhol-aii' â l'fehfdiit, eèlâftt en la matt ice, et oticores iuuolué 1 dedans lés ntewbvattbs. Veu que lèdlct eh mut estaut au vOht)*e de M unere, na son air que pâi* les tttoUUémens de l'artcre uthbllicâle. El la mere decfedée, ises poulrâônâ h'orit plus leui- action, qui estoit attirer l'air extérieur par la bouche, et conduit de la trachée artère ausdltz poulmons, et des pbUlUiOtis àu (CdéUt par l'artère vetialé, et dû cœurpàb la graud arterë, ëi d'elië au* arteré's de la matriée et Colilidbines, qUi6bfiit au choriùm, par les acetablés, et dés âcetàbles â l'vtiibilic de lenfant , ^at lartere vtobilicale, el d'elle à la WfUrcàtibti de la graiid artère, près dè l'os sacrum, et d'icelle àu cœur, ét de la a toutes Ites parties de lenfant. Ét la mere estant decedée,lous lesmouuemens d'elle cessent, dbhtttë jpburirà ledict enfâUt reeepUbir, iiy attirer nullement l'air par l'ouuertùre de la bouehe et parties geUitales dé là mere decedés, el par conséquent lé mouuemèiit liaturel dùdict enfàht cessera en brief, que la femme aura rendu l'esprit. Pârquoy sitost quellè sera expirée, et iecte le dernier soupir, la fouit oubrir éû diligente, et ne se fier aucunement a i'ouùerlure des parties génitales, Uy de la bouche, comme a esté dit. Et quant a l'ouuerlure de la femme grosse decédée, elle doibt estre commancée près la cartilage nommée par cy douant Ziphoides ou pomum granatum, en louant le cuir et muscle de l'abdomen, ou ventre inférieur auéc le péritoine en figure d'escusson, en euilant bien de faire apertion des intestins. Puis ce faict, inciseras a
' Franco traduit : encore couuerl cl cnuc^. loppé da ses membranes.
63a LA MANIERE D EXTRA
matrice », la leuant en hault auec arainées 2 ou pesitz crochelz propres a ce, de paour qu'en faiant lincision 3 on ne touche du rasouer a l'enfant que trouueras naigeant en certaines aquosites, comme auons par cy deuant déclaré, et souuent le nombril entourné au col ou au bras.
Lequel enfant le plus souuent subit après 1 ouuerlure faicte ne se meut, pous l'oppresion, debilitation, et faulte des espritz et vertus, qui n'aura receues, à cause du deces de la mere. Parqtioy de prime face semblera aux assistans qu'il naura nulle vie, ce que véritablement cognoistras en louchant et tatant l'vmbilicdudict enfant, lequel sentiras poulser et battre l'artère vmbilicale, s'il a vie.
Aussi que bien tost après, qu'il aura sentu l'air ambiant, se mouuera tout, ou aucun de ses membrer ^
Or si tu cognoist, que les vertus et forces dudict enfant soyent débiles, te fault bien euiter de lier, trancher, et séparer l'vmbilic dauec lanière fais, a cause que ledict enfant peult attirer et recepuoir chaleur, et quelque reste d'esprit conlenuz encores
' Faute d'impression : la matrice.
' Erignes. Franco a passé ce mot. Pour les suivants, il faut évidemment \ït& : ou ■peiiis crochets.
' Faute d'impression: en faimnt l'incision. ♦ Faute d'impression : de ses membres.