‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 386 sur 482 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DE L'EBVLLITION DES SEMENCES EN LA MATRICE, ET DES TROIS AMPOVLLES QVI SONT I.ES LIEVX DES TROIS MEM- BRES PRINCIPAVX , A SÇAVOIR : LE FOYE, LE COEVR, ET LE CERVEAV.

Aux six premiers iours se font les vaisseaux nouueaiis , qui naissent des orifices des veines et artères, appelés cy dessus Cotylédons, comme certaines fibres par toute la semence, laquelle boust tousiours dedans les susdites membranes : et le nenfiéme iour est formé l'ombilic. Or il faut icy entendre, que ces vaisseaux produits des cotylédons font pareille ouuerture à la secondine qu'à la matrice , par lesquelles ouuertures

pilre , à l'exception de la phrase par laquelle Paré termine :

f^oila quant aux parties que Nature faict et ordonne lonque la femme a coueeu.

' M. Nicole du Haut pas, au liu. de la génération. — A. P. (^e Nicole était un médecin d'Arras, qui avait traduit et annoté les yJphori.smen d'lFi|)[)Ocratc. î-'ouvrage cité par Paré aurait paru, scion Kioy, en 1655, sous ce litre : De conlemplatione iiaturœ liumanw, nempi: de fnrmatinne fœtus in utero.

îLiiATroN. G4g

passe grande quantité de sang et d'esprits dedans les petites veines qui sont lissueset entrelacées autour de ladite secondine , et dedans la semence, lant pour la nourriture et augmentation de l'embryon, comme pour la conformation des membres principaux. Les esprits donc et le sang, meslés auec la semence, qui desia auparauant boiiilloit, et boust tousiours de plus en plus , font leuer trois petites ampoulles semblables à trois petites bulles ou vessies, ressemblantes à celles qui s'esleuent en l'eau agitée par la pluye : et icelles ampoulles sont les lieux où seront formés le foye, le cœur, et le cerueau : et auparauant qu'icelles soient esleuées,la semence est tousiours appelléa semence , et non encore fœtus ou pullulant.

La première ampouUe où le foye se figeK

Le quatrième iour après que la veine ombilicale est faile, elle succe par les cotylédons le sang plus gros et de grand nourrissement , lequel à cause de sa grossesse se coagule aisément au lieu où se doit engendrer le foye. Estant acbeué et parfait, il est admirable en la grandeur, pour laquelle dés le commencement, à comparaison des autres membres, il se peut aisément remarquer. Or en

' Ceci était une simple note marginale dans la plupart des éditions complètes. Je l'ai mise en titre, parce que je l'ai trouvée ainsi dans l'édition de 1573 et encore dans celle de 1575, de même que l'autre litre qui va suivre , parce que ces deux premiers tilres rendent raison de celui du chapitre suivant. Au reste, les éditions de 1573 et 1575 i)Ortent : De la première ampoulle ou le foye .se concret; celle de 1585 cl les suivantes : /.a première ou le foye sa Jigc ; j'ai suivi le texte de celle de 1679.

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outre aussi il peut estre dit admirable! en-cequo dont il a perfection et croissance , n'est qu'vne eCfusion de sang, dont il est appelle parcnchyma K II s'engendre en sa partie bossue vn gros tronc de veine, qui esb la veine cane, laquelle insérée, estend ses rameaux par toute la substance du loye : puis après dresse deux rameaux, dont l'vn va aux parties supérieures, et l'autre aux inférieures , qui se ramifient et distribuent en toutes leurs particules pour leur formation' et nourriture :

et après cela fait, la vertu formatrice ayant la matière , dresse ses dèlineamens pour faire la mésentère, les intestins, estomach, râtelle, et tous autres membres nutritifs, et les rend parfaits ainsi qu'il appartient.

La seconde ampoulle où le cœur prend sa forme"^.

L'artere ombilicale succe pareillement lë sang arterial des arleres cotyledoines, qui est très cbaud et fort

■ Phrase fort obscure; l'édition de 1573' dit seulement.: Cay dicl admirable, paceeque sans alfusion de sang ne peut estre parfait ni aecroisire.

' C'est le texte de 1679; en 1673 et 1575 on lisait : La seconde ampoulle ou le cœur se concret; et en 1585 seulement: La seconde ofc le ooeur prend sa forme. Ces remarques sttnt sans' doute-peu importantes-; mais elles témoignent de mon respect pour le texte.

J'ai dit dans une note du chap. 35 du Livre f"" de l'Anatomic (t. I", p. 109) , que cette théorie des trois ampoules se trouvaitdéjà dans la Briefue coLleciion, fol. 2G; voici le début de ce long passage , copié presque textuellement par Franco en tête de son 77'^ chapitre.

« Apres auoir parlé de l'auatomie de la matrice , fault contempler les choses que Nature inuenle et ordonne lors que la femme a conceti.

» Et ne sera hors de propos dire quelque

EME LIVRE

spirituel : duquel en ceste seconde ampoulle se forme le cœur, qui est ; de substance cbarneuse, solide, et espaisse , ainsi qu'il appartient au membre le plus cbaud de tous les antres r enia substance duquel Nature formatrice fait deux ventricules, l'vn à dextre, l'autre à senestre. Au droit ventricule se vient insérer le tronc de la veine caue, eticelle apporte la nourriture au cœur. Au ventricule senestre se fait vn tronc d'artere, qui pareillement se diuise en deux : l'vn moindre monte aux parties supérieures, et l'autre plus grand auxinferieures, lesquels se ramifient et se distribuent par toutes les, pai'lies pour les vinifier.

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