DE LA TROISIÈME AMPOVLLE OV LA TESTE SE FORME
Apres la production des parties deuant dites , la plus grande partie
chose en brief de la conception de l'enfant.. Laquelle se faict par la concurrence des ; deux spermes : viril et féminin : lesquelz i receuz en la capacité de la matrice se fer- ; mentent et nourrissent ensemble auec au- ' cune portion subtile du sang menstrual plus spermalique , iusques à ce que l'augmentation de la matière soit suffisante pour faire les proielz de l'enfant, qui est enuiron le qualtorziesme iour aux masles, et le soixanliesme es femelles selon la plus commune opinion de ceux qui en ont escripl. El alors ce faict la fermentation des genitures à la- manière qui sensuit. Nature et' vertu formatrice par sa diuine prouidence dïpart et ordonne les parties de ladicle matière , chascune selon l'action et vsage par elle prédestinée cest assç.auoir de la matiero ossKique, faict les os, carniliquc la chair, ncruiliquc les nerfc , venitiquo les veines. Et ainsi des antres parties similaires, dos-
DE LA. GENERATION
de la semence est poussée en la troisième ampoulle, de laquelle le cerueau est lait: et n'est fait de sangcomme les autres bubes et autres parties , mais est fait de la seule semence: comme sont aussi les os, car tilages, veines et artères, nerfs, ligamens, pannicules, la peau extérieure. Toutes icelles parties sont faites de la seule semence, et partant sont appellées membres siicrmatiques : lesquels toutesfois ne sont nourris de semence ' : car depuis qu'ils sont formés, prennent aliment mesme auec les charneuses, comme le foye, le cœur, les poulmons, les muscles, qui sont nourris de sang.
Et après le cerueau formé , sont adiouslées et formées toutes les autres parties de la teste : autour de laquelle est fait vn couuercle, lequel par succession de temps se desseiche et est fait osseux.
Or du cerueau et de la moelle de l'eschine procèdent les nerfs , qui sont distribués par toutes les parties
quelles sont faictes les organiques. Commenceant aux principes des facultés.
» Lesquelles gouuernent et régissent nostre corps: comme le foye, lecueur, le cerueau, qui sont représentez au commencement de la formation par trois petites bulles, toutefois non séparées de leur tout. »
Je laisse le reste de la théorie , qui est la même que dans le texte actuel; il suffit de cet exemple, et pour faire voir la similitude de la doctrine, et pour permettre de vérifier le plagiat de Franco.
' Toutes les éditions à partir de celles de 1579 ont fait ici un contre-sens en retranchant la négation ne , qui est essentielle, et que j'ai restituée d'après les éditions primitives de 1.573 et de 1675. L'édition latine a bien vu l'erreur, et a traduit comme si la négation avait été conservée.
du corps qui ont besoin de mouuement et do sentiment.
La teste (comme sieg-e des sens, rempart de raison et de sapience , de laquelle comme d'vne fontaine sortent diuerses opérations) est située sus (ont le corps, à Cm que l'esprit animal régisse, gouuerne, et dispose de tout ce que Nature a ordonné sous icelle : et pour le dire en vn mot, en icelle sont contenues les facultés de l'ame, qui sont choses sublimes et obscures, si bien que leur excellence surmonte la capacité de nostre entendement. Puis, ainsi que les architectes, maçons et charpentiers ayans iellé le premier fondement d'vne maison, ou dressé la carined'vnenauire,ediflentetbastissent le reste du bastiment : aussi Nature par bonne raison , après auoir basti ces trois principes, fait les os, qui sont comme fondement des autres parties : et ainsi sont-ils mis au dessus et au dessous, comme muraille et rempart.
Les premiers formés sont les os des Isles : et entre iceux les vertèbres : puis après toutes les autres parties, Nature fabrique auec vn indicible , admirable et incomparable artifice, les bras et les iambes, et au dedans du corps les creux et canaux : et eu la teste fait sept trous, à sçauoir, deux aux oreilles , deux aux yeux , deux au nez, et vn pour la bouche :
et aux parties inférieures , vn pour le siège, vn autre pour le canal dè la vessie, et aux femelles vn pour leur matrice , sans lequel ne pourroient estre appellées mères : puis Nature couure tout le corps de cuir, lequel elle polit , comme font les ouuriers leurs derniers ouurages. Or de connoistre comme Nature fait par-
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failement toutes ces choses, cela excède rintelligence humaine K Apres ce noble ou u rage , appelle des anciens microcosme, ainsi parfaitement basty, Dieu luy infonde et transmet l'ame, de laquelle nous parlerons cy après le plus succinctement qu'il sera possible 2.
Or, en tel temps l'enfant commence à se mouuoir et auoir vie, qui est au soixantième iour : mais la mere ne le peut apperceuoir pour estre encore trop débile. En iceluy temps l'ame raisonnable est estimée entrer au corps de l'enfant. Ce que saint Augustin prouue jiar le lesmoignage de Moyse^. « Si quelqu'vn, dit- ' il, frappe vne femme enceinte , et » qu'elle en auorte, si l'enfant est ja
formé, qu'il en perde la vie : mais s'il >' n'est encore formé, qu'il soit con- )' damné à amende pécuniaire » Par laquelle ordonnance il dénote clairement que l'ame n'est point à l'enfant, qu'il ne soit entièrement formé de tous ses membres. Et pour ceste cause, il ne faut point croire que l'ame soit deriuée d'Adam , ou des pere et mere, mais qu'à chacun moment elle est créée et infuse diuineraent. Aussi les moles et faux germes, et autres choses monstrueuses, encore qu'ils se meuuent et qu'il semble qu'ils ayent quelque vie, tou-
'Soitveu Laclance de l'opipcc'de Dieu.
— A. P. — Celle noie dale seulement de
' Le chapitre se terminait ici en 1573; le reste a été ajouté en 1575.
3 Quesl. 80. — A. P. — L'édition de 1575 porte Quesi. 32.
* E\ode 21 . — A. P. — Je ne sais pourquoi cette note a été effacée de la A' édition. Celle de 1575 portait Exode 20 , ce qui émit inexact.
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lesfois ils ne tiennent rien de l'ame raisonnable, mais seulement de la faculté de la matrice et de l'esprit generatif, qui sont en la semence et au sang menstruel , et mesme par iceux reçoiuent accroissement et vie au ventre de la mere, et non l'ame raisonnable.