CHAPITRE XLVIII
COMME IL FAVT SITVER LA FEMME , LORSQVE LA MATRICE EST GRANDE- MENT TOMBÉE HORS LA NATVRE DE LA FEMME.
Il faut situer la femme à la renuerse, les fesses et cuisses esleuées en haut, ainsi que si on luy vouloit extraire son arriere-faix ou enfant: puis oindre le col de la matrice, et tout ce qui est sorti hors, auec huile de lis ou heurre frais, graisse de geline, ou autres semblables , puis sera réduite en son lieu, en poussant auec les doigts tout ce qui est sorti dehors, non tout à vn coup, mais peu à peu, auec vn linge délié : et pendant qu'elle sera ainsi poussée, la femme retirera
était tout-à-fait défiguré. On y lisait : Parfums félidés , receus par le col de ladite matrice, et par la bouche et le nez : d'autres, etc. L'édition de 1573 porte une virgule au lieu des deux points , ce qui ne m'a pas paru encore assez net. L'édition latine a parfaitement traduit: SuJJiius fœiidi iisdem loci.s{in vulvam eicervicem), suaveolenles vero are et naribus admiiiendi. On verra au chapitre 56 que les odeurs suaves attirent la matrice, tandis que les odeurs fétides la repoussent, el de là leur usage différent par le haut et par le bas.
^ Cette dernière phrase n'a été ajoutée ici qu'en 1585.
INERATIOW.
son haleine tant qu'elle pourra. Et subit qu'elle sera réduite, faut es.suyer de linges déliés l'onctuosité qu'on y auoit appliquée, à fin que les parties ainsi ointes ne soient laissées lubriques: car par ainsi la matrice pourroit facilement tomber derechef Cela fait, on fomentera toutes les parties génitales de la femme d'vne décoction faite de chose astringente, comme ceste cy :
^. Cortic. granat. nue. cupres. gall. alum. roch. caud. equi. sumach, berber.
Cum aqua fabror. fiât decoct. pro folu.
Et de ces choses en sera faite pareillement poudre , laquelle on aspergera dessus : et sera mis vn pessaire dedans le col de la matrice, de grosseur médiocre , de longueur de huit à neuf doigts, plus ou moins, selon la nature de la femme. D'auantage on y en appliquera d'autres de figure d'oualle fait de liège couuert , de cire, pour le rendre plus lice, au bout dtaquel il y aura vn lien pour le retirer quand on voudra. On en fait pareillement d'autres, faits en rond comme en cercle, qui sont aussi fort propres, et ne sortent hors comme ceux qui sont de figure d'oualle 2.
1 Dans l'édition de 1573, il semble que c'étaient ceux de huit à neuf doigts qui devaient être de figure ovale j on lisait en efl'et : de longueur de huict à neuf doigts, plus ou moins, selon la nature de la femme, de figure d'oualle , etc. Ce texte ne s'accordait pas avec les figures, et il a été changéen 1579.
* Cette dernière phrase, avec les figures de pessaire auxquelles elle a rapport, n'a été ajoutée qu'en 1585. Quant aux pessaires ovales, ils étaient déjà figurés en 1564 dans les Dix liures de chirurgie, fol. 223, avec celle légende = Pessaires en figure ouallc,lesquelz doiuent estre de liège, puis couueris do
LE DlX-HVÏWéME LIVRE ,
Les figures të soût icy tëi^rfesëtilées.
Figure des pessaires en figure ouatle.
A Le corps du pessaire.
B Le lien, lequel doit estre attaché à la cuisse.
Cela fait , la femme se tiendra en repos huit ou dii iburs, et aura les fesses hautes ët les ïambes broisées.
cire, qui seruéiu pour garder que la matrice qui est relaxée ne sorte hors.
A. Monstre laditle oualle.
B Le lien qu'on lire, lorsqu'on veut retirer les
dits pessaires. Et seront de grosseur qu'il
sera besoin;
Il y avait trois figures de ce pessaire ovale et deux du pessaire en cercle ; comihe elles ne représentaient que le même instrument,
Pareillement on luy appliquera sus les flancs des ventouses assez grandes,
je n'en ai «ardé qu'une pour chaque forme.
En conséquence, c'est Paré qui a pour la première fois mentionné et figuré ces pessai«res ovales, et bien long-temps avant qu'aucun autre auteur en ait parlé.
Le mot de pessaire est un de ceux qui se sont le plus écartés de leur signification primitive. Dans l'origine, et chez tous les auteurs anciens > il s'appliquait à des médicamens que l'on introduisait dans le vagin, tantôt seuls, tantôt à Taide dé charpie, dfe cotbn ou de soie qu'oil en irtibibaitj tantôt enfermés daiis des sachets qui leur servaient également de conducteurs ; et c'est ainsi que nous verrons Paré en parler lui-même dans son livre des medicamens. Puis en donnant déjà quelque extension au sénS du mot, on en vint à appeler pessairés dés canules créuses en boiâ, en plomb, éh étaih, que l'on enduisait d'onguent à l'extérieur, et (Jui, pour leur ressemblance avec le membre viril , avaient reçu spécialement dans ce cas le nom de Priapisqaes. Paré les recommandera lui-même au chapitre 51 de ce livre , à la vérité d'après Paul et Dalecbamps. Puis, au lieu d'enduire l'extérieur de ces instrumens , on les perça de tfôuâ plus ou moins nombreux, et ilS servaient alors de canules pour porter dé« irijeclloiié jusqu'au fotid dit vagin; tel eit celui <jue Paré a figuré au chapitre 29 du livre des Tumeurs en gênerai , t. i , p. 369 ; et celui qu'il représentera toiit-à-l'heurfe ad chapitre 5t ^tl livré actuel. Enfin , quant aux pessaireâ solides plafcéS à demêure dans le vagin pour remédier à la chute dé la rttatrice , la première mehtioil qtiè j"en ai trouvée ne reiilonle qu'ati *v= siècle; j'ai noté dans mon inlroductibii , p. xcv, que Mal-^ thieu de Gradi avait Conseillé pour un prolapsds utérin Uh pessaire en cire assez solide, de la forme d'une verge, entouré de laine trempée ddnS des liqueurs astringentes.
C'était encore , cortiiie oh toit , quafit à la forme et quant aux accessoires , une imita-^ tion dés péssalres-canules dés àfldefts ; rhàis celui-ci était en cire, et il était pfèiii j et
DE LA G
ù fin de faire tenir la matrice en son lieu : et s'il aduenoit, pour auoir esté
enfin il devait rester à demeure au moins uh certaiii lëmjps ; trois conditions nouvfeUcs , et qui allaient ouvrir la voie à de plus heureuses modificdtlons. Et cependant, ctibse remarquable, pi-èi d'un sièclé après Matthieu de Gradi, Franco, eh parlaiit de la cliente de matrice, ne sait encore appliquer d'autres pessaires tjue des pessaires médicamenteux. Enfin, trois ans après la dernière édition de Franco , A. Paré figurait ses pessaires ovales.
Ici (ihe c|uésli6n se présente ; cette inventioH ètait-elle à lui? Il ne la revendique point corhmé sa propriété; mais il eh est ainsi de plusieurs choses qui lui appartiennent. Il semble cependant que des pessaires de diverses formes étaient depuis longtemps dans la pratique, sinon des chirurgiens , au moins des barbiers et des femmes, c'est ainsi qu'en parlait en 1581 l'un des arhîs de Paré, Pxousset, dont je transcrirai ici le curieux passage :
i br n'êst il de merueillè s'il n'en a iamdis esté par les anciens rien parfalctement escrit, car il y a vne infinité de petits et gentils aydes expérimeriiez par les femmes, aussi industrieuses à se secourir en telles maladies et nécessités d'elles-mesmes , comme de leur nature verecondes à s'en descouurir aux hommes, lesquels sont secrets entre elles : de sorte que la plus part de leurs médecins raesmes ne les scauent pis, ët èroy que cestuy eh à esté vri pOilr long-temps : Mais auiourdhuy quelques chirurgiens en font liures et leçdhs, et ce diiiersemènt: scauoirest, quant à la matrice (sans doute matière) dé quoy ils sont faits, quant à la figure et quant à l'vsage : car les vns le font de âeUle cire, quelques vns d'argent , ou d'or creux et pertuisé , les autres de liège ciré. Itèm , les vns lé font rond; les autres ert ouale, lés autres triangle ou quadrangle incquilatcrai ,' à anglès Obtus i lés Vris én formé de cdeur applalié : quelques vns de rondeur obtongué et tronquée : les vns rond en plat, pèrtuisG au milieu , ou non : Atissi plnsieui-à l'appli-
ÎNERATION.
trop longtômps descendue et exposée à l'air, qu'elle fust fort refroidie, il
quent auec vne cordelte pour l'attirer mieux dehors , quand ils veulent : les autres seul , sans qu'on soit gueres empesché de l'ostcr qui voudra, aussi bien que s'il y auait yn cordon : lés autres ne l'ostent nullement, cic.n De l'enfant. Cœsarien, page 176.
Il cite plus loin, page 180 et suivantes , une femme qu'il visita en 1579, et qui depuis 40 ans portait le même pessaire en liégè, qui lui avait été fait par son père : ce qiii nous repotté â 1539. Ce fière s'ap-^ pelait Joannet Heiàuidié, dit Finet, ël II était alors barbier à Glsors. Roussel voUdrait même faire remonter l'emploi dû péÉ^ saire jusqu'à Hippocrate, en vertu de l'Aphorisme 48 du 5= livre, qu'il rend ainsi : Si utems inirà loxas situi décident , ou desilierit , necessarium est emmotum , ou linamentum fieri ; et plus tard , dans son édition latine, il sigfiala un autre passage d'Hippocrate où la grenade semble avoir été employée en qualité de pessaire à demeiire. RoUsset croyait d'ailleurs que le pëssairè §e' plaçait dans la cavité de la matrice mêmë, et non pas dans le vagin.
Suivant Bauhin , dans l'appendice qu'il joignit à sa traduction latine de Rousset , les femmes allemandes se servaient d'ùri peloton de fil recouvert de cire vierge, d'autres d'une noix vidée et recouverte de cire à l'exlérieur, dé manière à lui donner là forme , et presque lé Volume d'un œiifdé poule i et c'est d'un pessaire de ce genre , ajoute-t-il, que l'on se sert pohr les grandis dames d'Allemagne quaiid elles ont une chuië de rhittHce. Il convient dè rematquer qù'â ce texte, Bauhin joint unë figui-è de pessàird ovale qui est copié de la façon là plilS sè?-' vile sur la planche d'A. Paré.
La belle-mère de Bauhin, femme très versée dans la pratique delà médecihe, confectionnait des pessaires circulaires avec (à ràcihë de vigne sauvage, recouverte de cMis vielgc /i laquelle elle «joutait un pëu do poix blanche ou de Icrébenlhine Enfin Jcaii BUlihin , le fK-re de l'analomiste, avait itrtiginé de soutenir la matrice avec un cerclé
744 LE urx-Hvn
faut fomenter d'vne décoction chaude et carminatiue, pour résoudre les venlosités , comme ceste-cy.
^. Fol. alth, salui. lauand. rorismarini, arlemis. flor. camom. mclil. ana m. fi.
Scminis anisi, fœnic. ana § . j.
Coquantur omnia compicte in aquû et vino
et liât dccoctio ad vsum.
Pareillement ne faut oublier à luy donner des clysteres, pour ietter hors lesexcremens des intestins , à fin que la matrice aye meilleure place à se tenir en son lieu ' : et pareillement faire en sorte que la vessie soit tousioursvuide, autrement l'vterus estant situé au milieu d'icelle et du boyau cullier, par la compression et plénitude de l'vn et de l'autre, seroit tousiours repoussé dehors.
Or ie te veux icy aduertir d'vn autre remède singulier pour relirer 1 vterus en haut quand il est tombé :
sçauoir le vomissement, lequel souuent purge la pituite qui relaschoit ligamens de l'vterus, et le rappelle
en fil d'argent arrondi , supporté par une fourche à trois branches. C'est là assurément la mention la plus ancienne de nos pessaires à lige. Bauhin en cite d'autres encore faits de fer-blanc recouverts de cire,il pense que certains pessaires sont poussés jusque dans la cavité utérine; mais pour ceux qu'il a pu mieux étudier, savoir, le pessaire ovale de fil ou de coque de noix , le pessaire circulaire de sa belle-mère, et le pessaire à tige de son frère, il exprime très nettement l'idée. qu'ils sont placés dans le vagin, ou comme on s'exprimait alors , m coUum ttteri.
On voit que Paré, mieux instruit par l'expérience , n'est tombé , ni dans l'erreur complète de Roussel, ni dans la demi-erreur de Cauhin.
' Le paragraphe s'arrêtait là en J573; le reste est de J575.
IHME LIVRE ,
en haut. Car comme l'vterus par le coït se meut en bas pour receuoir la semence, ainsi par le vomissement le venlricule se monte en haut pour ietfer tout ce qui luy est nuisible au fond. Or le ventricule se leuant ainsi en haut, ensemble le péritoine, l'vterus et toutes autres choses qui luy sont attachées par vne colligance et connexion , seront retirées en haut :
parquoy ne négligeras ce remède, et regarderas à faire vomir la femme atteinte de ce mal 1.
Posons le cas que la matrice n'eust peu eslre réduite par tous ces moyens, et fust vlcerée et putrefiée , les anciens commandent l'amputer : mais premièrement veulent qu'on la lie, et qu'on coupe ce qui est nécessaire î puis la cautériser, et paracheuer la cure selon l'art. On aveu des femmes à qui toute la matrice auoit esté extirpée, et neantmoins ont suruescu long temps après 2, Ce que tesmoigne Paulus au liure sus allégué 3 : et de récente mémoire loannes Langius, médecin du comte Palatin , au liure second de ses Epistrex médicinales , Ep^st. 39, dit, qu'en sa présence vn chirurgien nommé Carpus, extirpa la matrice d'vne femme de la ville
• Ce paragraphe a été ajouté en 1575, et il se lit encore dans la dernière édition du vivant de l'auteur, en 16S6; mais dès la première édition posthume il a élé retranché, et par suite dans toutes les éditions postérieures. Sa présence dans les trois grandes éditions originales m'a paru une raison suffisanle pour Je conserver dans le texte.
2 Le chapitre se terminait ici en 1673, sauf ce peu de mots qui ont élé effacés plus lard : El te suffire Je la précipitation de la matrice. La fin du paragraphe a été ajoutée en 1575, et le resle du chapitre est encore de diverses dates,
3 Paul, liu, 6. — A. p.
DE LA G
dite Bononie» : ce qui fut fait heureusement , et sans la mort de la femme.
D'auantage, Antonius Beneucnius, médecin de Florence , traité De mirandù morb. caiisis, chap, 12. dit:
qu'il fut appellé par vn médecin nommé Vgolius pour guarir vne femme à laquelle sa matrice tomba par pièces loule corrompue, et toutesfois depuis a vescu dix ans. Auicenne et Auenzoar portent suffisant tesmoignage que la femme peut perdre toute sa matrice , et toutesfois luy demeurera la vie.
Histoire d'vne femme à qui la matrice fut extirpée le tour des Roy s 1775,
Vne femme aagée de vingt cinq à trente ans, saine et bien reiglée de ses purgations vterines, comme elle disoit, et réputée fort honneste et de bonne vie , se maria pour la seconde fois en l'an 1571, n'ayant eu enfans de son premier mariage. Peu après la copulation, eut signes de conception : toutesfois, auec progrés de temps , se sentant vne pesanteur és parties basses si fascheuse pour la douleur, rétention d'vrine, et autres accidens, qu'elle ne la pouuait plus endurer, s'en descouurit à vn barbier chirurgien son voisin et amy, nommé Christofle Mombeau, demeurant aux faux-bourgs sainct Germain des Prés, lequel, ainsi qu'il me rapporta, voyant vne enfleure au périnée suiuant le iugement de son art , appliqua embro-
* Ce Carpus n'est autre que Bérenger de Carpi qui raconte celte histoire dans son anatomie Voy.mon Introduciion,p. cl\xxvi.
Du reste ces citations de Langius et de Benivieni, dont les ouvrages n'avalent point été traduits en français, semblent attester quelque collaboration d'un ami qui savait le latin.
ÎNKRATIOJV.
cations et cataplasmes de décoctions d'herbes, et autres remèdes anodyns et remollilifs , par le moyen desquels la douleur cessa. Mais apparut à la léure intérieure de la partie honteuse vne ou uerture comme d'abcès rompu , par laquelle sortit, vne longue espace de temps, sanie taniost rougeastre, tantost iaunastre , tantost blaffarde.
Cependant ceste pesanteur ne se perdoit point , ains s'augmentoit, et vint à telle conséquence, que l'an 1573, et les autres ensuiuans iusques au iour de la cheute , si la malade se vouloit tourner au lit, ne le pouuoit aisément sans mettre les mains au ventre pour aider à supporter ce faix du costé qu'elle se vouloit tourner : et lors encore sentoit-elle comme vne bouUe tombant à plomb , de quelque costé que l'inclination du corps se fist. Debout ou assise, ne pouuoit vriner, n'aller à ses affaires, sans sousleuer vers le diaphragme auec les mains ledit faix. Marchant, auoit grandissime difficulté de mouuoir les iambes,et pensoit auoir tousiours quelque chose entre deux qui l'empeschast. Quelquesfois aussi de l'année, se renouuelloil ladite ouuerture et yssue de matière : et lors sentoit douleurs de teste et és autres membres , defaillemens de cœur, degoustemens , vomissemens , suffocations , tant qu'enfin vaincue de mal et impatience , le vingt septième Décembre dernier, sous promesse de certaine et asseurée guarison , fut persuadée par vne femme empirique de prendre de l'antimoine*. Dont la violence fut telle , qu'après avoir plusieurs fois vomi auec grands efforts, et fait plusieurs selles d'eaux, sentit (ce pensoit-elle )
' L'anlimoine produit des effets merueilleux. — A. P.
^46 LE ûix-riv»
son roiidemenl iëlasché. Visitée par vhe sieiirié amie , fut conseillée d'appëllet- l'aide des cbinirgiehs , par-ce qiie ce qiii sortoit ne lui sembloil eslrè lë boyàii cullièr, mais autre chose jiàrtaht de sa nature. le fus donc appèllé le sixième iour de jaiiuiér dernier, et M. lacqiiës Guillemeaù , chirurgien iiiré à Paris, ensemble M. An toinë du Vieux , tnaistre barbier chirurgien , demeurant aux Fauxbburgs sainct Germairi des Prés, vbisiii de laditë màladë. Et après àiloir tout bien considéré, àdtiisasmes pour lé mëillëur qii'ii fàlloit ëxlirper ce qiii parbissdit , àtteridîi là cbûiëur noire , puanteiir, et aiiirës signes de siiBstancë pourrie. Si corhmehçâsinës à tirëi- peii-à-peu par deux diuers iotirs, sans douleur, vn cdt-p's , qui fut iugë dë inessieurs Alexis Gaudin , medécin ordiiiàire du roy et premiër dè la Royhe, P. le Fëure aussi inedeciii ordinaire du roy et dè madame là princesse de la R6ché-sur-Yon , De Violainës, docteur en l'Vniùersité de Paris , ët ûdils Ciiirurgieiis , estre le corps de la matrice, à raison que fut troùué l'vu des testicules, et vné grosse inembrane restant d'yne mole qiii s'estoit apostumée , creuée ët vuidée , comme dit est. Apres l'extirpatioii dë ceste partie , là malade se trduùà mieux. Il y auoit neuf iours deiiànt l'extirpation, qu'elle ri'auoit esté à ses affaires , et quatre iours qu'elle n'auoit vriné : ce qu'elle fit depuis règlement , sè trouuant fort biëii par l*éspacè de tt-ois mois, au bout desquels luy suruînt vue pleurésie, auec vrie grande fleure continue, doiit èïie nioùrùt. Èsiarit aduerti qii'elle estoit decedée, désireux de sçauoir ce que Nature auoit basli au lièu de sa iHàlricë, eri fis oiJuèrture : où n'ay trouué la matrice, ainS
éMe LIVïlfe,
en son iiëti Vnë callosité diifè, qtîe Nature aUbitmàchirlë dùràiilles troié mois de si peu qui en rëstdit, pobr tascher à rëfairecë qiii ëStoit përdii
' C'est celle observalion qui a élé arguée de taux par Compérat, dans én Réplique, p. ât). Il combat les observations sur lèsqiiÈlies Paré appuyait Sa doctrine de la ligature des artères après les amputations; il en écarté trois par des motifs qile iious rètl-ouverons à l'occasion de l'apologie de Paré; et pour le reste, il ajouté :
« Il n'en reste donc que quatre qui puissent seruir à son propos : esquelles si ie dis que il peut y auoir quelque fable meslee, ie ne diray rien qui ne se recognoisse és oeuufes de M. Ambroise. Et cdmbien que ie le peùsse remarquer, ie n'entreray toulésfois en ceste peine, me contentant de luy remettre deuant les yeux le mensonge qu'il a escriten son liure de la génération, où il dit qu'il a extirpé à vne femnie de Sainct Germain de Prez le corps dé la matrice ailec ses testicules , laquelle depuis se seroit bien pottee. Èt neantmoiris derny an après Isl femtne estant decédee, et son corps ouuert pour^sçauoir si ce qu'il disoit estoit véritable, la hiatrice fut trouuee toute entière en présence de Monsieur le Baillif Docteur Régent en la faculté de Médecine à Paris , et M. Louys le Brun Chirurgien iuré à Paris , homnies excclleris en leur art, et de telle croyance , que M. Ambroise n'eut sceu débattre lèur tesrnoignàgë. »
Aune telle distance des époques, et sans autres témoignages , laquelle croiré de cés déux assertions ? La qùêstioii est insoluble , non pis que Je veuille mettre en doute la bonne foi de Paréj mais il avait pu se tromper, et bien d'autres se sont trompés après lui en semblable circonstance. Toutefois il est à regretter qu'il n'ait pas jugé convétoaible, dans les deux éditions auxquelles il travailla encore après le pamphlet dèCompérat, de répondre à une cHlique qui s'attaqiiaità sa vêraciléi d'autant pliis qu'en 1,^8.^ il lit des additions à cC chapitre qui, eii 1679, se terminait avec cette observation.
11 y a une remarque essentielle a faire à
DE LA G
D'auanta^e , Frdnçois Roussel eti s6n liiil-e de Venfantemenl COssarien, recite certaines histoires de femmes ausquelies on a veu tomber entièrement leui-s matrices. Entre aiitl-esdit, que feu madame de Blancafort l'aisnée, ayant de long-temps peu-à-peu la matrice précipitée, desofte qu'elle ne la pouuoit plus réduire ny supporter : voyant qu'elle commençoit à sé pourrir» itie vint trouuer à Monlàrgîs , pou^ là penser ou conduire à Paris : mais elle luy tomba bn chemin, et ne laissa neahtmoins de passer outre, et në liiy fut pour céla fait alliée chbse ï^u'yu lauement dé vin et de fdse, par Felle, chirurgien, qui à son dire, n'apperceut au lieu où soùioit ëstre la thatrice, qu'vne vacuité.
Semblablemeht ledit Rousset fait mention de Perrine Roucher, vieille chatobriere chez tiiaistre François Qdarré, aduocat à Montârgis, pour auoir ëti plusieurs accouchemens violëns, laquelle auoit de long temps vne prëcipitàtibti de ihatricë, qUi pëù-à peti, criàht tarit qu'elle né là pouuOit plus remettre , enfin se gailgrënàet tomba d'elle-mésme éh ctlidànt vrinër, dequoy stitit plusiétirs teSmoins,monsieui' Conluge médecin , ët maistre lean de Beauuais, chirurgien de Montârgis : dont elle ne daigtià gat-dër le lit , et Vescut tt-bis ans âp^es bien saiiie , sinon que depuis elle estoit èuictte à se tenir fcouuerte par efhbàs, autrement sëntoit doulëu^ dft cdlique. Finalement moy atiàèM i ëstânt icelle mortë de fléilre
rotdasion des dcnx hîstotrcà stiivanles. J'ai déjft dit qitcl'édilion françàîse dé RdusSet avait paru en 1581 ; Paré la copie si exactement qu'il laisse subsister le pronom me ou moi, qu'il ne faut rapporter qu'à Roussel lui-même.
ÉîlÀTlbÏT.
continue , et ayant desia esté inhumée, fut à mon retour déterrée par permission de iustice, à ma sollicitation. L'ouuerturë fut faite par Felle , chirurgien , és présences dudit sieur Contuge , médecin , et de la sage-femme et autres: et n'apperceus entre la vessie et le gros boyau, au liéu où deuoit estre la matrice, rien qu'vn lieu vuide tout cicatrisé : et estoit à la vérité l'ouuerturë par laquelle elle prenoit le froid, causant douleur de colique.