‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 45 sur 482 · DES PLAVES DES NERFS ET PARTIES NERVEVSES · texte numérisé non relu

DES PLAVES DES NERFS ET PARTIES NERVEVSES

Il se fait solution de continuité és parties nerueuses , par causes externes, en diuerses manières, à sçauoir :

* La finde celivre, à partir dece chapitre, avait été publiée pour la première fois en 1573 , à la suite dea Deux liuret de Chirur-

PARTICVLIER. 1 i 1

pair choses qui contondent , meur- ' trissent et escachent , comme coups de pierre, de baston , de marteau , de masse, balle d'harquebuse , garrot d'arbalestre, d'vne morsure, pinsure, piqueure , et semblables : par choses aiguës et piquantes , comme d'vne aiguille, poinçon, lancette, dard, flèche , espine , escharde : ou quelque partie de beste piquante, comme d'vne viue : aussi par choses trenchanles, comme d'espée ou cousteau :

ou qui estendent si fort qu'ils rom-

gie, de la cjeneration et des monstres, p. 582 et suiv., sous ce litre spécial ■■ Des plaies des nerfs, tendons, et des ioinclures et membranes. Celte sorte de petit traité est précédé d'un avis au lecteur que nous allons reproduire.

AV LECTEVR.

« Ces iours passés, deuisant de la Chirurgie, et principalement des plaies faictes aux parties nerueuses, auec monsieur Bélanger (Médecin ordinaire du Roy , homme sçauaut et bien expérimenté en la Médecine et Chirurgie, pour auoir suini longtemps la guerre et s'estre trouué aux batailles) , lombasmes en propos des plaies qui se font aux parties nerueuses, où nostre deuis s'accorda fort l'vh à l'autre : et ayans discouru sur ceste matière assez longtemps , et comme n'estant satisfaict à son gré de ce qui en a esté escript par le passé , me pria, en faneur de la republique, et de l'amitié qui est entre nous deux, de mettre par discours, à la fin de ce présent liure, ce que i'en ay cogneu à l'œil et effaict : qui a esté cause que me submeltant à sa requeste, ay mis quant et quant la main à la plume, combien que ce ne soit icy le propre lieu d'en traicter. »

Ce traité est divisé en sept chapitres, dont quelques uns ont été reportés ailleurs dans les OEuvres complètes ; je les indiquerai en temps et lieu.

Pour ce premier chapitre , il est entièrement reproduit ici quant à la doctrine, bien que la rédaction ait subi diverses modificationi.

113 LE HVITIÏ!

pont et (ILlacereiit, comme estre rompus sur la gesne. De là vient que des playes qui en prouiennent , les vnes sont plus composées que les autres:

aucunes sont superlicielios et petites, autres longues et pi ofondes , et aucunes aussi sont faites selon la longueur du nerf, tendon et membrane, les autres selon la largeur, auec incision totale , ou d'vne portion seulement. Il y a d'autres différences, lesquelles ie délaisse pour cause de biiefueté.

Les accidens qui en aduiennent sont douleur véhémente , fluxion, inflammation , fiéure , délire , syncope , aposteme , gangrené et totale mortification de la partie , spasme , et souuent la mort , et ce pour la communication et colligance qu'ils ont.au cerueauet autres partiesnobles. Entre toutes les blesseures des parties nertieuses, lapicqueure est celle qui plus amené de pernicieux accidens , parce que la playe est petite et estroitte : au moyen dequoy ny le médicament y peut entrer, ny la sanie sortir, laquelle par sa demeure acquiert vne virulence , dont elle imbibe la substance des nerfs , tendons et membranes, et fait qu'en estant engrossies, s'accourcissenl , et par telle repletion est causée douleur, inflammation, spasme, et les autres accidens des susdits.

Apres celle-cy , les plus dangereuses sont les playes où les nerfs , tendons et membranes ne sont coupés qu'à demy ou superficiellement, parce que la portion qui n'est coupée , se retire vers son principe , qui cause grande douleur et spasme par communication. Cecy est manifeste aux playes delà leste, lorsque le Pericrane n'est qu'à demy coupé , et mesme quand on l'incise pour appliquer le trépan.

IE LIVRE

Car n'estant que demy incisé, la douleur et accidens y demeurent bien plus grands, que s'il l'est du tout. Parquoy la plus seure playe des nerfs est celle où ils sont du tout coupés , d'autant qu'ils necommuniquentrien aux autres parties supérieures , et que s'en reti» ant ils ne trouuent point de contrariété. Bien est vray que la partie demeure débile et priuée de son action etmouuement le plus souvent.

Page 1