CHAPITRE LXXXIV
DES HEMOnnnOÏDES QVI NAISSENT AV COL DE LA MATRICE
Tout ainsi qu'il se fait des hemorrhoïdes au siège, ainsi se fait-il au col de la matrice, lesquelles sont extrémités des orifices des vaisseaux des
* Nous rentrons ici sinon dans le texte, du moins dans le cadre de l'édilion de 1673, dont ce chapitre Des liemon hnïdes fait le GO''.
Mais il s'en faut récllemcnl beaucoup que le texte soit le même. En 1573 et même encore en 1579, les trois chapitres qu'on va lire n'en formaient que deux, l'un intitulé, Des liemorrhoïdes qui naissent au col de la matrice; l'autre, Curation des verrues faites au col de la matrice. C'est que sous ce nom d'hémorroïdes, Paré avait confondu toutes sortes de tumeurs qu'il jugea à propos de mieux distinguer en 1585. Voici du reste, pour qu'on puisse juger de la différence des doctrines, le texte de 1573 et de 1575, avec deux petites additions de 1579.
Des hemorrhoïdes qui naissent ait col de la matrice.
« Dauantage il y a des hemorrhoïdes qui naissent au col de la matrice, comme il se faict au siège, qui sont comme espèces de varices, desquelles sort aucunefois grande quantité de sang auec vne eau rousse et fétide ; Aucunes sont de couleur rouge, semblable à meures, et pour ce sont nommées morilles • d'autres à vn grain de raisin qu'on comme vualles -. autres à vne verrue, nommée aussi pour ceste cause verrucalles -. ainsy selon la diuersité de forme les antiens leur ont imposé le nom : Aucunes sont fort grosses et apparentes, les autres sont petites et occultes, cachées au profond du col de la matrice. Semblablement il se faict des verrues quelquefois aux bords du col de la matrice. Aucunes sont larges et esleuees en
ÔO
rameaux des veines qui viennent de la veine caue, descendantes à l'entour du propre oriOce de Ja matrice et du
petites tumeurs, et sonlnommçcs hum orales, non seulement parccqu'clles sont csicuces en tumeurs comme une meure, mais aussy qu'elles sont composées de plusieurs petites emiaenees, comme vne meure de ses graines. Acroehordon est vue autre espèce de verrue auec eminence calleuse, qui a sa racine gresle, et la teste grosselte, de façon qu'on diroit estre vn neud de corde pendante à vn fillet. Monsieur d'Alechamps en sa Chirurgie Françoise escript estre appellees des Arabes verrues boioralles .- il y en a >ne autre espèce nommée ihymus, parcequ'elle ressemble à fleur dethim, aiant eminences tuberculeuses, auec aspérités, creuassees par dessus : aucunes sont grandes , autres petites, et par interualle ieltent beaucoup de sang , principalement après la corapagnee d'homme, ou que la femme chemine, ou faict autre grand exercice. Il y en a de toutes ces espèces qui sont malignes, ausquelles ne faut que palier de peur qu'elles ne tournent en chancre, et telles sont douloureuses au, toucher, parcequ'elles sont procrées d'humeur maling, aucuns les appellent ficus, et la populace le mal S. Fiacre, auquel ne faut attenter Bulle cure fors la paliatiue. »
L'édition de 1579 ajoutait là : comme nous auons dit jjarlani des hemorrhoïdes du siège. Le début du chapitre suivant était le même dans les troîs éditions de 1573, 1575 etlS79^.
LE DIX'HVITIEME LIVRE
col d'icelle , par lesquelles les vierges et femmes grosses se purgent de leurs mois : d'autant qu'en elles l'orifice ou boucbc de la matrice est fermée aux femmes grosses, h raison de l'enfant conceu auquel les cotylédons reseruent le sang pour sa nourriture :
et aux vierges, parce qu'elles n'ont point encor esté ouuertes. Ces extrémités des veines quelquesfois se grossissent et ferment sansietter sang, et quelquefois aussi sont ouuertes et iettent vn gros sang noirastre, comme font les hemorrhoïdes du siège, sans ordre ny période, auec douleur. Partant tel flux est appellé hemorrhoïdal et non menstrual, encor que tel flux sorte par mesmes veines. Elles viennent après les inflammations , rhagadies de la matrice. Elles sont connues par l'effusion du sang qui coule, non par temps certain, comme fait le flux menstrual, mais par interualle et sans ordre.
La cure est semblable que celle du siège, qui est d'appaiser la douleur par fomentations faites de semence de lin, de guimauues, fueilles de boiiillon blanc : par linimens faits d'huile depauot, de nénuphar, d'amandes douces, battue long-temps en vn mortier et pilon de plomb, adioustant iaune d'œuf auec vn peu d'opium.
« Curalîons des verrues fatctes au col de la matrice.
» Celles qui seront trouuees au col de la matrice , et ne sei-ont malignes , il les conuient lier et coupper, et celles qui seront pTofundément-, on mettra le spéculum matricis duns le col de la matrice, à fin qu'on les puisse voir et loucher. »
Puis venaient les figures des spéculums , et le reste du texte retombait d'accord avec le texte- actuel. Je répète que la rédaction actuelle est de 1585.