BES VERRVES QVI VIENNENT AV COL DE LA MATBICE
Au col de la matrice se font des verrues de plusieurs sortes : aucunes sont eminentes contre la peau, ou léuresjde la partie honteuse, fort peu
DE LA GENEAaTIÔN.
relouées, calleuses, tuberculeuses et noiraslres, ayans la base large. Les Grecs les ont appellées Nyrmecia, c'est-à-dire fourmillieres : par-ce qu'au froid elles font douleur, comme si vn fremy les mordoif . Les Arabes les nomment v&rrues morales, par-ce qu'elles sont grosses comme vne meure, et qu'elles sont composées- de plusieurs eminences petites, comme vne meure de ses grains. Il y en a d'autres nommées acrochordon, qïii sont eminences calleuses, et qui ont la racine gresle et la teste grossette, de sorte qu'on diroit estre vn nœud de corde pendu à vn filet : les Latins les appellent verrues pensîVes. Antres som à^te^léë&porales, par-ce qu'elles oiit' la teste dîùise'b eh plusieurs parties, comme la teste d'vn porreau :
ellessont longuettes et creuassées par dessus, desquelles soft du sang en grande quantité après la compagnie' dfe l*homme, ou sî la femme chemine on- fait grand exercice.
Pour le prognostic, toutes ces vei»rues sont engendrées d'vn humeur pitulteux et melancholique, enuoyé' de toutes les pal'tïtes dû corps : ï>arce que ceste partie e^t conimfe' vn éloaque où sont enuoyés lôùs Tés excremeii's du corps.
I^ôta, qn'éh toufefe ces veirue^ , s'il y;a douleur, n'y faut tôulcher de medîcamehs- acres , par-ce qu'elles sont faites d'humeur malin, et qu'elles se pourroient tourner en chancre:
parquôy lés faut pallier. Si elles ne sont douloureuses, on les pourra lier ou couper, ou appliquer caustiques, à fin d'ostcr leur racine , et qu'elles ne repullulent : ce qui se fera- au€c huile de vitriol, ou eau forte, ou eau de sublimé, ou par telle eatt :
"if. Aquœ planfagînis g.vj.
Virid. œris 5. îj.
Altfm l'oéhœ 5. ij'.
Salis comm. 5 . j.
Vitrioli Romani et sublimati ana 3 .C Terantur omnîa simal- , et reseruetur aqua ad' vsum' dictum' '.
CHAPITRË LXXXVÏ.
DÉ' THYM, ESPÉCÉ DE VÉBrVé QVI VIÈ' AV CÔX de a MATÉICÈ.
Thym-naist àul ai'sley du" Cot d'e la rti'atricé, ou d'edans le cOi mesmé, quf j est vne espèce de verrue auec a^sperii- ! tés creuassées, semblable à la teste du thym. Les Arabes les nomment verrues porales, paï-ce que sa teste est diuisée en plusieurs parties , comme la teste d'vn porreau en ses filets: Il y en a de deux espèces, vn petit et l'autre fort grand, qui s'appelle Ficus ou -Fic, et du populace, le mal sainct Fiacre^. L'vn est malin, et l'autre bénin et gracieux. Le bénin est vne petite chair estroite par en bas, et large par en haut, auec deux eminences peu apparentes, biauchastres ou rougeastres, sans douleur. Le malin est plus grand, plus dur, plus aspre ou rabo-
1 II y a ici une note marginale qui renvoie folio sequenii pour cet vsum diclum.
2 Paré a essayé ici de donner une histoire cbmpléte sînbri'dë toutéslés tuhieut^s du vagin (qui est pour lui le col dé la niatrice), au moins de toutes' célles' qtii arvaitint reçu ilii nom particulier. On peut voir, par la domposilion du texte primitif, combien cette lacbc l'avait cnlbarrassé ; et après sa deuxième édition , on peut encoi-e se hasarder à dire que toute cette synonymie est un vrai galimatias. Il y a da reste tenté Utle autre histoire de ces tumeurs considérées en général au ch. 21 du S» IHvre. Voyez tome I", page 357.
LE DIX-HVITIEME LIVRR
teux, de couleur liuide, fongueux, auec vne douleur poig-nante , comme pointes d'aiguilles. Tous deux s'indignent au loucher, et ieltent grande quantité de sang estans coupés ou irrités, principalement après la compagnie de l'homme, ou que la femme aye cheminé ou fait quelque grand exercice.
Ils doiuent estre desseichés par remèdes secs et astringens : aussi les lier et couper. Ceux qui sont malins et douloureux , les faut pallier et n'y toucher, de peur qu'il n'y suruienne vn chancre : on pourra mettre le spéculum matricis, à fin de voir plus aisément.
Diiiers portraits de Spéculum matricis ouuert et fermé '.
* Ces figures avaient paru déjà en 1564 dans les Dix Hures de chirurgie à la fin du livre des Pzej'^'ei.' Voyez ci-devant, la nolev. de la page 496. Franco a figuré, dans son édition de Ji)61 , page 399, un spéculum analogue à celui qui csl ici représenté en dernier; mais il ne se l'aUribuc point , et semble au contraire indiquer qu'il y en avait dès lors de plusieurs sortes en usage général.
J'ajouterai du reste que Franco voulait qu'on se servit de ce spéculum pour aller chercher l'arrière-faix dans la matrice ; et
A Demonstre la viz qui le clost et ouure. BB Les branches qui doiuent estre de longueur de huit à neuf doigts.
Ils doiuent estre de grandeur et longueur selon l'aage de la femme :
et lors que tu voudras appliquer l'vn d'iceux, feras situer la femme en telle façon comme nous auons dit cy dessus à Textraction de l'enfant mort, duquel ie t'ay baillé le portrait i.
Or celles qui se pourront lier se feront par vn instrument propre, descrit au chapitre De la relaxation de l'vuule^ et seront serrés de iour en autre, tant que la verrue sera tombée : dont pour les cures seront liées, coupées et cautérisées, à fin de leur
tel était le sujet de son 86' chapitre , intitulé : D'un autre façon et plus légère auec le spéculum matricis.
1 11 est à remarquer que cette phrase a été conservée dans toutes les éditions, bien que leporiraii de la. situation de la femme aitct^ enlevé (k-s 1675. Voyez ci-dessus la dernière note de la page 701.
* Tel est le texte à partir de l'édition de 1675. Mais en 1673 on lisait :
DE LA G
oster leur racine et qu'elles ne repullulent : ce qui se fera auec huile de
« Or celles qui se pourront lier, se feront par ccst instrument.
Figure d'vn instrument propre à lier les verrues au col de la malvice.
A Monstre un anneau dont sa partie supérieure est un peu caue.
B Un iillet double, lequel s'insère dedans la cauilé supérieure dudict anneau , et se serre par le moien d'vn neud coullant.
C Vn fil de fer d.ins lequel ledicl fiilet passe pour eslre serré lorsqu'on aura pris les ciioses supercroissanies , et demeurera ledict fillet dans le col de la mairice : et sera reserré de iour à autre, etc. »
Cet instrument a élé dés 1675 reporté au chapitre? du Livret/es Tumeurs eu particulier (voyez t. 1"% p. 385) ; mais il m'a paru essenliel de le reproduire ici pour compléter la docirine de Paré louchant les polypes de la matriccv
ERATION. '78g
vitriol ou eau forte ' , ou de capitel, dont nous faisons nos cautères potentiels.
Aussi ceste eau a grande puissance de les consumer et desselcher iusques à leur racine.
:2f Aquar, plantag. 5. vj.
Yirid. aer. 3. ij.
Alum. roc.hœ 3. iij.
Salis communis § . 6 .
Vilriol. Roman, et sublimât, ana 3. C.
Omnia simul terentur et buUiant.
Et se gardera-on que telle chose caustique et bruslante ne touche qu'au lieu qu'on veut oster : s'il y auoit quelque vicere, on y remédiera comme a esté dit.
Quelque personnage m'a affirmé que la bouse de bœuf chaudement appliquée, y adioustant des fueilles ou poudres de sauioier, fait mourir les verrues qui sont au col de la matrice : à l'espreuuc ^.
Quelquesfois aussi ces verrues se font à la verge, et s'il y en a audehors et au dedans du prépuce, il ne les faudra osier toutes ensemble, à fin de ne perluiser le prépuce, qui est mince et délié : mais premièrement nous curerons celles du dedans :
après auoir cicatrisé l' vicere, nous mettrons la main à celles du dehors.
Aussi les cantharides incorporées aux onguens font tomber les verrues et cors qui naissent entre les orteils.
le sçay d'asseurance que les ver-
1 Édition de 1573 : Jiau forte des Alchemisles.
a Ici finissait le chapitre en 1573. Le paragraphe qui suit se lisait dans l'édition de 1675 , et avait ensuite été omis dans toutes les autres , sans raison que je sache ; je n'ai pas hésilé à le rétablir, sauf à en prévenir le lecteur. Les deux suivans oui CtC ajoutés eu
rije§ gui yiennent aux iji^ins soi) t gliarie§y gppliqu^pt f^jj ppurpie^ pj|[,é auec son jus : autant en font IjSs fueUles et fleurs du soj^cy.