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CHAPITRE XII

DES GRANDES CONTVSIONS ET DILACE- RATIONS FAIT'ES PAR LES BOA^ETS d'artilleries, et AVTRES gros CA- NONS.

I Outre-plus si une grosse pièce d'Artillerie frappe contre quelque membre, souuent l'emporte, ou du tout le brise etescache, de telle façon que le boulet par sa grande véhémence casse et rompt les os , non seulement qu'il touche , mais aussi ceux qui en sont loin! : pource que l'os, qui est dur, fait résistance, et par ce moyen la balle le force d'auantage. Qu'il soit vray, nous voyons ordinairement ladite artillerie auoir bien plus d'action et effectuer d'auantage contre vne muraille, qu'elle ne fait contre vn gabion rempli de terre, ou vne balle de laine et autres choses molles , comme nous auons dit cy deuant.

Pourtant pe se faut esbahir, si esdites playes faites par harquebuses, suruiennent douleur, inflammation, fiéure, spasme, aposteme, gangrené, mortiticalion , et le plus spuuent la mort. Car les grandes contusions des parties nerueuses , fractures ou concussions véhémentes des os , faites par les boulets , causent griefs accidens , non la combustion ou venenosité de la poudre, ainsi qu'estiment plusieurs, ne considérant la matière de ladite poudre, laquelle (comme

1 Les éditions de 1545 et 1552 portent: JYon seulement où il touche , mais beaucoup plm loin , ce qui est plus d'accord avec l'expérience.

rn: livre,

i'ay dit) n'est vénéneuse. Car si la playe est faite en vne partie charneuse sans tourher les parties nerueuses , elle requiert seulement pour sa curation remèdes semblables à ceux que font les autres playes confuses ' : horsmis (comme i'ay dit ci-dessus) la pourriture causée de l'air enuironnant, laquelle nous a rendu ces années passées les playes altérées , et grande putréfaction tant à la chair qu'aux os , de laquelle sont [(comme i'ay dit) esleuées plusieurs vapeurs au cerueau , au cœur et au foye , dont s'en sont ensuiuis de très mauuais accidens, etsuiuamment la mort.

CHAPITHE XIIL

des moyens qv'il favt tenir povr rectifier l'air, et povr roborer les parties nobles, et fortifier

TOVT le CORPS 2.

Partant faut que le Chirurgien ait esgard à adniinistrertoutes les choses

' Tout ce paragraphe manque dans l'édition de 1545 ; dans celle de 1552, il s'arrête à ces mots: les autres plaies contuses comme i'ay déclaré cy-dcssus;\e reste date de 1564.

Les derniers mots neselisentpasdemême dans toutes les éditions. De 1564 à 157!) , on trouve, El suiuamment la mort. L'édition de 1598 porte, Et souuent la worZ/et celles qui viennent ensuite ajoutent, souneni la mort à la plus part. J'ai dû préférer le texte primitif, reproduit dans trois éditions consécutives du vivant de l'auteur, aux corrections des éditions posthumes.

Du reste, le Traité des playes d'Iiacqiiebules tel qu'il est dans les éditions de 1545etl552, ne va pas plus loin que ce chapitre.

2 Ce chapitre a été ajouté au Traité des playes des hacqnebutes en 1564 ; et il n'y a rien été changé depuis , à part une phrase retranchée à la fin.

DES PLATES M

qui ont puissance do rectifier l'air ambiens, et de roborer les parties nobles, aussi de forlifier tout le corps : qui se fera par les choses qui s'ensuiuent, administrées tant par dedans que par dehors. Le patient prendra par dedans au matin, trois heures deuant le past, des tablettes de diarrhodon abbatis , ou de aroma. ros. de iriasant. , de diamoschi, de Lœtificans Galeni , et autres semblables. Par dehors seront faits Epithemes sur le cœur et foye , vn peu tiedes, appliqués auec vnepiece d'escarlate ou esponge, feutre ou linge bien déliés. Cestuy-cy pourra seruir de formulaire à tout Chirurgien.

^. Aquae rosse 5 • ii'j-

Aquae buglo. acetiboni ana §. ij.

Coriand. prœpar. 3. iiij.

Garyophyll. corticum citri ana 3. j.

Santali rub. S. fi .

Coral. vtriusque 3. j.

Camph.

Croc. 3 . fi .

Pul. diarrho. abbatis 3. ij.

Theria. et mithrida. ana g . fi .

Pulu. florum camomil., melil. ana g . j.

Misce, et fiât epithema.

D'auantage on doit donner souuent à sentir au patient choses odoriférantes et réfrigérantes , pour roborer la faculté animale , comme celle qui s'ensuit.

Oif. Aquferosaceae, acetiboni ana §. iij, Garyophyl. nucis mosca. cinamomi conquassatorum, Iheriac. Galeni ana 3. j.

Soit en icelle liqueur trempé vn mouschoir ou esponge , et que le patient le mette souuent au nez. Il vsera aussi de quelque pomme aromatique pour mesme intention , comme est ceste-cy.

'HAnQVEJiVSE.S. 1 G7

:2f. Rosar. rubr. violar. ana 3. iij.

Baccarum myrtbi, cl iuniperi, santali rubr. ana 3. ij. fi .

Benioin. 5. j.

Camph. 3: ij.

Fiat puluis, — Postea.

:f . Olei ros. et nenuph. ana § . fi i Styracis calaniitiB 3. ij.

Aquui rosarum quantum satis est,

Liquéfiant simul cum cera alba quantum suffic. Fiat ceratum ad comprebendendos supra dictos pulueres cum pistillo calido , et fiât pomum.

Autrit.

^. Radie, ireos Florent, maioranœ , calami aromatici , ladani , benioin , rad. cyp. garyoph. ana § . ij.

Mosch.. g . iiij.

Fiat pulu. et cum gummi tragachan, quantum sufficit, fiât pomum.

Autre.

"îf, Labdani puri 5 . ij.

Benioin § . fi .

Stirac. calam. 5. vj.

Ireos Florentiae g . fi • Garyophyl. 3. iij.

Maiora. rosarum rubrarum , calami aro-

mat. ana 3. fi .

Puluerisentur omnia, et bulliant cum aqua

rosarum quantum sufficit, et colentur,

et colata liquéfiant cum.

Cer. alb. quantum sufficit.

Styracis liquidœ § . j.

Fiat ad modumCerati, coraprehendantqr

per pistillum , addendo raoschi 3-]. fiât

pomum,

Pareillement on peut appliquer des Frontaux, pour roborer la faculté animale, et prouoquer le dormir, et mitiger la douleur de la teste , comme cestuy.

"îf.. Aquœ rosaca; 5 . ij.

Olei ros. et papauer. ana § . J. fi . Aceli boni § . j.

Trochiscorum de camphora 3. fi .

Fiat frontale.

'OO X.E NEVFIIÎJ

Ondoitplicr vn linge en cinq ou six doubles , et le tremper en eeste mixtion vn peu tiède , et le renouueller quand il sera sec. Etnefaut pas beaucoup serrer la teste , de peur de garder que la pulsation des artères des tempes ne soit libre : autrement on augmenteroit la douleur de la toiste ».

Il y a plusieurs autres remèdes extérieurs, par lesquels on peut corriger l'air ambiens, comme faire bou feu en la chambre du malade auec du bois de genéure, de laurier, de sarment de vigne, de rosmarin, de racine d'ireos. Aussi les choses espandues parla chambre, comme l'eau et le vinaigre, et si le patient est riche, l'eau de damas y est bien propre, ou celle qui s'ensuit.

i:. Maiorante , menthœ, radicis cypcri,calami aromatici , saluiine , laiiandulai , fœniculi, Ihymi, stœchados, llorum camo.

melil. satuieicB, baccarum lauri et iuniperi ana m. iij.

Pul. garyoph. et nucis moscataî ana g . j.

Aquae ros. et vilœ 11>. ij.

Vini albl boni et odoriferi ffi. x.

Bulliant omnia in balneo Mariœ ad vsum dictum.

D'auantage on peut faire perfums pour perfumerïaditechambre, comme ces oiselets de Cypre.

^. Carbonis salicis § . viij.

Labdani puri § . ij.

Thuris masculi, Uni et baccarum iuniperi ana

Xylaloës , benioin , styracis calamitœ ana § . IS .

Nucis moscat», santali lutei ana 3. j.

Garyop. styracis liquidai ana 3. ij. Zedoariœ, calami aromatici ana 5. j.

Gumrai tragach.aquarosac.soluti, quod sit satis.

Fiant auicula; Cyprinœ, seu suffitus , qu\ forma libebit.

' Ilip. liu. Dev. ln.cap. — X.'P.

ME LIVRF,

Quant aux caries et corruption des os , nous en parlerons cy après amplement

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