CHAPITRE XX
DE l'extraction DES FLECHES.
Touchant l'extraction des Flèches, il faut euiter d'inciser , dilacerer et rompre les veines , artères , nerfs, et tendons , s'il est possible : car ce seroit chose ignominieuse, et contre l'art, si on oCfensoit la Nature plus que la flèche.
La manière de les tirer est double.
L'vne se fait par extraction, et l'autre par pousser outre K
Pourtant dés le commencement et premier appareil, il conuient oster les choses estranges ( si aucunes y en a) comme les fers desdites flèches, leur fust ou bois , ou autres choses semblables, ainsi qu'il a esté dit des Playes faites par harquebuses,etpar les mesmes moyens. Et pour mietix les extraire , conuiendra situer le patient en la figure qu'il estoit lors qu'il fut blessé , pour les raisons susdites , s'il est possible : et user d'instrumens propres à cest effet, principalement comme est cestuy , qui a vne cannule fendue et dentelée par dehors, en
il ne veut pas qu'on y touche ; mais quand l'issue est incertaine , il veut qu'on tente l'extraction ; et, entre autres motifs, il allègue celui qui est contenu dans ce passage. Cela a donc un rapport direct avec la différence des parties blessées qui fait le sujet de ce chapitre ; seulement Parc a oublié la meilleure partie de l'idée qu'il empruntait à Paul d'Egine.
i Ces deux premiers paragraphes manquent encore dans l'édition de 1545; ainsi, immédiatement après le chapitre 17, on lisait: Pourtant dés le coinmencemeul, etc. L-'S dates diverses des intercalations expliquent le défaut d'ordre et de suite qui se remarque dans la rédaction.
'harqvebvses. i85
laquelle s'insère vne verge semblable à celle du tire-fond de l'harquebuse , qui a esté figuré cy deuant , horsmis qu'elle n'est faite à viz en son extrémité. Aussi est-elle plus grosse, à fin de dilater la cannule pour remplir la cauité du fer, et l'extraire hors , tant des parties cliarneuses qu'osseuses, pourueu qu'il ne soit demeuré du bois de la flèche en la cauité du fer.
Instrument propre à tirer les fers des Flèches dont le fust est dehors.
Cestuy s'ouure par vne viz qui s'insère dans sa cannule.
Cest instrument aussi y est propre, qui se dilate en comprimant les deux extrémités de derrière , dentelé aussi par le dehors , ainsi que tu peux voir en ceste figure.
Cestuy se dilate en comprimant la poignée.
Instrument fermant et ouurant à viz, commode à iirer\les fers de flèches.
l86 NEVFIÉME LIVRE ,
Les signes pour connoislre où est le lier, sont, que si l'on louche la partie où il est , l'on sentira aspérité etinegalité : aussi la chair apparoistra conluse , liuide et noire , et le patient sentira pesanteur et douleur continuelle en la partie vulnerée
JJec de tjrue corbin propre à tirer mailles et autres petits corps estranges.
Autre petit crochet pour tirer les inailles et autres choses estranges, qui se pourront accrocher : duquel aussi tu te pourras sentir à ce mesme effet aux blessures des harquebuses 2,
Que si par cas fortuit le fer barbelé , soit de flèche , picque, dard ou lance, demeure en quelque partie du
' Ce dernier paragraphe manque dans l'édition de 1545 ; il existe déjà dans celle (le 1552.
2 Le premier de ces cinq instruments est déjà figuré dans quelques éditions de Guy de Chauliac ; mais tous les autres me paraissent appartenir à Paré.
corps : comme (pour exemple) en la cuisse ou iambe, encores auec portion de bois qui fust rompu par esclats , alors faudra que le chirurgien coupe le bois au-dessus des esclats auec tenailles iucisiues : puis qu'il tire ledit fer avec tenailles dentelées, comme lu peux connoislre par ceste figure
* J'ai eu à vaincre quelques difiQcultés pour rétablir le texte de ce chapitre , et le disposer dans un ordre convenable; et il est nécessaire d'entrer à cet égard dans quelques détails.
Dans toutes les éditions, à partir de celle de 1552, le texte se suit couramment jusqu'au premier paragraphe de la colonne précédente inclusivement; après quoi venaient les figures. J'ai commencé par replacer les figures à la suite des portions du texte qui se rapportent à chacune d'elles. De ces figures, la première, ou cannule à viz, existe dans toutes les éditions ; la deuxième, espèce de dilatatoire, et la troisième représentant des tenailles à viz, ne datent que
DES PLAYES Jj'ilARQVEBVSRS.
Hippocrates au cinquiémo desJEpidemies, dit auoir ostu le 1er d'vne sagette , six ans après , estant près l'aine'.