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CHAPITRE VIII

DES COMBVSTIONS , BRVSLEVRES , ET DIFFERENCES D'ICELLES

Le feu est plus chaud selon les matières où il est imprimé : comme celuy qui est au bois de chesne, est plus

' Cette dernière phrase a été ajoutée en 1579.

^ Je reproduis ici le chapitre primitif comme on le lit dans les éditions de 15(j4 et 1675. Dans celle de 1579 il est à peine modifié ; mais auparavant, et comme suite du chapitre précédent, l'auteur avaitajouté une digression sur la Mumie qui occupait prés d'une page et demie in-folio. Comme celte digression a ensuite été fondue dans le discours spécial de la Mumie, il était tout naturel de la supprimer. Voyez d'ailleurs la note 1 delà page 194, et le Discours de la Mumie à la suite du livre des Disiillaiions. Les trois chapitres qui suivent forment

E LIVRE

chaud que celuy qui est au saule, ou en la paille : celuy qui est au fer , est plus chaud que celuy qui est en l'or : celuy qui est en l'huile, plus que celuy qui gisl en l'eau, et ainsi des autres matières. Mais le plus chaud et plus subtil et mortel , est celuy du ciel , qui vient par les foudres et tonnerres, et est le feu des feux K

Les brusleures faites par poudre à canon, ou métaux, huile, eau, et généralement toutes autres matières qui bruslent , ne différent qu'en la seule quantité de la combustion.

Lesquelles tout subit impriment à la partie vne douleur et chaleur estrange , qui retient la qualité du feu (que les Grecs appellent Empyreuma) plus ou moins selon la nature et qualité de la chose qui brusle, et le temps qu'elle aura demeuré sur la partie. Si la brusleure est superficielle , il s'esleue des pustules ou vessies , si on n'y preuoit : et si la brusleure est profonde, il s'y fait escarre ou crouste, qui est la chair bruslée. L'action du feu faisant combustion , laisse à la partie intemperature chaude , qui condense , rétrécit, et espaissit le cuir, le rendant dur et resserré, causant grande douleur, comme auons dit : qui est cause d'attirer les humeurs des parties prochaines et lointaines, qui se conuertissent ep aquosités séreuses, qui cherchans issue qui leur est déniée à raison du cuir espaissipar le feu,esleuent ainsi que nous voyons la peau, excilans vessies.

Et de ces différences sont prises in-

le sujet du livre 5 de l'édition de 1564, et se retrouvent déjà en partie dans celles de 1645 et 1552.

1 Ce premier paragraphe ne date que do l'édition de 1585.

DES CONTVSIONS,

(lications, dont on tire les remèdes, entre lesquels les vns ostent l'cmpyreuuie , qui t-st la chaleur estrange imprimée en la parliebruslée,ol appaisent la douleur qu'elle exciloit. Les au 1res empeschent qu'il ne s'csleue vessies. Autres preuoient à la cure des vlceres , en taisant premièrement tomber l'escarre, mondifient, incarnent , et cicatrisent. Les remèdes qui ostent l'ardeur, douleur, et inflammation, sont de deux sortes. Les vns le font par leur vertu réfrigérante, par laquelle ils esteignent et amortissent la chaleur estrange, et repoussent le sang et les autres humeurs qui aflleuroient à la partie, à cause de la douleur et inflammation. Les autres sont de nature du tout contraires, à sçauoir , chauds et attractifs, qui relaschent le cuir et ouurent les pores, resoluent et consomment l'humidité séreuse qui cause les vessies : et par ce moyen appaisent la douleur et inflammation.

Exemple des refrigeralifs.

L'oau froide, eau de plantain, de morelle, (le iusquiame, de ciguë , et ius d'herbes réfrigérantes, comme de pourpier, laitues, plantain, ioubarbe, pauot, mandragore, et autres semblables.

On en pourra semblableineql; |a.|re de composés. , , .

Exemple.

Blancs d'œufs battus, aussi eaux ou sucs, la fange de chemin délayée en fort vinaigre, l'alun de roche fondu en eau, en laquelle seront battus blancs d'œufs: l'encre qu'on escrit, meslée en oxycrat auec vn peu de camphre, vnguenlum nutritum, populeum recentement faits , ou autres semblables.

Lesquels seront renouuellés sou^ uent au commencement , tant que l'Empyreurae et la douleur soient appaisées.

COMBVSTJONS ET GANGRENES.

D'auantage ne faut oublier d'appliquer lesdits remèdes vn peu chauds, parce que s'ils estoient froids actuellement , iucitcroient douleur, et plar conséquent fluxion : ioint aussi que leur vertu ne pourroit pénétrer si facilement, et estre réduits de puissance en effet : et estans ainsi appliqués sedent la douleur, prohibent l'inflammation et les vessies ».

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