ORAISON T>U SOIR
JE vis assis, tel qu'un Ange aux mains d'un barbier, Empoignant une chope à fortes cannelures, L'hypogastre et le col cambrés, une Gambier Aux dents, sous les cieux gros d'impalpables voilures.
Tels que les excréments chauds d'un vieux colombier, Mille Rêves en moi font de douces brûlures ; Puis par instants mon cœur tendre est comme un aubier Qu'ensanglante l'or jeune et sombre des coulures.
Et, quand j'ai ravalé mes Rêves avec soin,
Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes.
Et me recueille pour lâcher l'acre besoin :
Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes. Je pisse vers les cieux bruns très haut et très loin, — Avec l'assentiment des grands héliotropes.
MES TETUES AMOUREUSES
UN hydrolat lacrimal lave Les cieux vert-choux :
Sous l'arbre tendronnier qui bave Vos caoutchoucs.
Blancs de lunes particulières
Aux pialats ronds, Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons !
Nous nous aimions à cette époque,
Bleu laideron :
On mangeait des œufs à la coque
Et du mouron !
Un soir, tu me sacras poète.
Blond laideron :
Descends ici que je te fouette
En mon giron !
J'ai dégueulé ta bandoline.
Noir laideron ; Tu couperais ma mandoline
Au fil du front.
Pouah ! nos salives desséchées,
Roux laideron.
Infectent encor les tranchées
De ton sein rond !
O mes petites amoureuses,
Queje vous hais !
Plaquez de fouffes douloureuses
Vos tétons laids !
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Piétinez mes vieilles terrines
De sentiment ; Hop donc, — soyez-moi ballerines
Pour un moment!...
Vos omoplates se déboîtent,
O mes amours !
Une étoile à vos reins qui boitent,
Tournez vos tours !
Est-ce pourtant pour ces éclanches
Que j'ai rimé?
Je voudrais vous casser les hanches,
D'avoir aimé !
Fade amas d'étoiles ratées,
Comblez les coins !
— Vous crèverez en Dieu, bâtées
D'ignobles soins !
Sous les lunes particulières
Aux pialats ronds Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons !